Mounir Gara (Nouvel entraîneur de la Saydia) : «Un challenge intéressant»





Après deux saisons à Al Ahly de Jeddah ponctuées par deux titres, l’ex-sélectionneur national rentre au pays pour prendre en main la Saydia.
Notre invité du jour est un passionné de volley-ball, un sport qui a fait de lui un homme heureux dans sa vie privée, mais également professionnelle, puisque après avoir mis fin à sa carrière de joueur, il a embrassé celle d’entraîneur. Et depuis plus de 30 ans, il a roulé sa bosse un peu partout collectionnant au passage titres et trophées.
Il s’agit de Mounir Gara, un homme merveilleux sur le terrain mais également dans sa vie de tous les jours, pour qui la réussite n’a qu’un seul et unique nom: la discipline.
Nous l’avons rencontré alors qu’il venait de débarquer d’Arabie Saoudite où il a exercé pendant les deux dernières saisons avec Ahly Jeddah, club réputé pour les bonnes relations qu’il entretient avec la sphère sportive tunisienne, d’où le passage de nombreux joueurs tunisiens aussi bien en football qu’en handball ou en volley-ball.
«En deux saisons j’ai réussi à décrocher deux titres avec Ahly, le premier était le championnat national au cours de la saison 2007-2008, et au terme de la saison qui vient de se terminer, le club a remporté le championnat des clubs champions du Golf».

* Et comment se porte le volley-ball dans ce pays ?
Je pense sincèrement que les Saoudiens ont nettement évolué dans ce sport, dépassant même le Qatar et le Bahreïn qui ont réussi à s’imposer sur le plan régional depuis quelques années. La réussite d’Al Ahly a jailli sur les autres clubs saoudiens qui se sont mis au travail. D’ailleurs, Al Hilal a réussi dernièrement à dominer l’un des géants arabes du volley-ball Ahly du Caire.

* Comment jugez-vous votre expérience en Arabie Saoudite ?
Les deux saisons que j’ai passées dans ce club m’ont fait découvrir une autre catégorie de joueurs. En effet, les joueurs saoudiens ont énormément progressé sur le plan tactico-technique, ils n’ont plus rien à envier aux joueurs tunisiens, égyptiens ou algériens. Ce qui leur manque encore est d’ordre mental, car le joueur saoudien manque encore de confiance en ses moyens, et une fois ce handicap dépassé il fera parler de lui dans les grandes manifestations internationales.
J’aurais aimé rester une saison supplémentaire à Jeddah où mon contrat court jusqu’à la fin de la saison prochaine, mais pour des raisons familiales j’ai dû y renoncer, et les dirigeants saoudiens ont été compréhensifs à ce sujet.

* Et à ton retour à Tunis, comment avez-vous trouvé le volley-ball tunisien ?
Le niveau du volley-ball national a régressé par rapport aux dernières années, et cela est dû, à mon avis, à la disparition de cette race de joueurs tels que Ghazi Guidara, Hichem Abbès, Marouan Fehri et autres qui ont dominé sur le plan national et continental pendant de longues années. Les jeunes joueurs qui sont entrés sur scène manquent assurément d’expérience.
Par ailleurs, je peux dire sans risque de me tromper que seul le C.S.Sfaxien a fait figure durant la dernière saison de géant, les autres clubs se sont trouvés loin derrière.

* Et quelles sont les raisons de cette régression ?
Beaucoup de facteurs ont contribué à cette régression. Il y a d’abord ce problème de génération dont je venais de parler, puis il y a cette obstination des dirigeants à obtenir des résultats à n’importe quel prix, ce qui a poussé les techniciens à «oublier» les jeunes joueurs et ne faire jouer que les joueurs expérimentés capables de réaliser des résultats à court terme.
Maintenant que les «grands» joueurs se font de plus en plus rares. Il y a lieu de faire confiance aux jeunes qui, avec un peu de travail, mais surtout avec beaucoup de discipline, sont capables de ramener le volley-ball national à son niveau.

* Et l’équipe nationale dans tout cela?
Ce que je venais de dire s’est répercuté sur l’équipe nationale qui, après le départ de l’entraîneur italien Giacobbe, s’est retrouvée avec des joueurs en manque de compétitions internationales, par conséquent d’expérience sur ce plan. ce qui explique ce vide qui sera difficile à combler, ou du moins qui demande du temps pour souder cette cassure et permettre à notre équipe nationale de retrouver son rayonnement sur le double front arabe et africain.

* Mais le championnat d’Afrique c’est dans deux mois ?
Les Jeux méditerranéens constituent une très bonne préparation pour l'équipe nationale qui aura à rencontrer de gros calibres comme le Monténégro ou l'Espagne.
Les joueurs internationaux actuels ne manquent ni d’ambition ni de moyens pour assurer la réussite de la sélection nationale. La seule chose qui manque à ce groupe c’est la discipline dans le jeu et dans le comportement, car pour moi la discipline est la clé de la réussite dans tous les domaines.

* Vous avez roulé votre bosse un peu partout comme on dit, quel est votre meilleur souvenir ?
Avec cette question vous me faites revenir 30 ans en arrière, lorsqu’en 1979 j’ai pris en main les cadets de l’AS Marsa. A cette époque, le Zephyr était encore le temple du volley-ball et par les temps de pluie les seniors boudaient les entraînements, alors que les cadets étaient toujours présents, et ils se faisaient un malin plaisir d’envahir le plateau réservé d’habitude à l’équipe senior.
Cette attitude et cette volonté de s’entraîner malgré la pluie et le vent me donnaient des ailes et la distance entre Ben Arous où je résidais à l’époque et La Marsa me semblait un tout petit tronçon même sans voiture. C’était l’amour du sport à l’état pur.

* Maintenant que vous êtes à Tunis, quels sont vos projets ?
Dès mon retour à Tunis, j’ai eu trois propositions dont l’une émanait de la Saydia et qui m’a semblée la plus sérieuse. Les entretiens que j’ai eus avec le premier responsable du club, M. Mourad Trabelsi ont été bénéfiques, car j’ai compris que le président de la Saydia a beaucoup investi en ramenant Ghazi Guidara, Zied Ben Ali et Marouène Fehri dont il attend des résultats ce qui est tout à fait légitime pour une équipe qui a soif de titres.
Je pense que le challenge est intéressant, dans la mesure où nous nous sommes entendus pour que chacun fasse son travail correctement sans pression aucune et dans une confiance mutuelle, ce qui représente un capital appréciable car les résultats ne se font pas par des paroles mais par le travail et la discipline que je considère l’élément le plus important pour la réussite.


Entretien conduit par M.H.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com