Nanta-Cookin à Carthage : Un “Cordon bleu” à la Coréenne





Chanceux ceux qui ont été, dimanche dernier, à Carthage. Ils ont savouré les bons mets proposés par Nanta-Cookin. Tous épatés par la cuisine du jour.     


Le public de Carthage est venu, ce soir-là, en très grand nombre. Il ne l’a certainement pas regretté. Car, il y a eu à voir, à écouter et à savourer. Un pareil spectacle, on n’en voit pas tous les jours. Ce banquet offert à Carthage par Nanta-Cookin (traduire : couper, hacher) avec le soutien de Korea Foundation à été, sans aucun doute, à la hauteur des quarante ans d’amitié entre la Tunisie et la Corée du Sud. Sur scène, une fille et quatre garçons. Tous ont magnifiquement joué leur rôle au bonheur de leur public tunisien, rencontré pour la première fois. Près de deux heures d’éclats et pas une seconde  de relâche où la petite tribu de Nanta-Cookin a démontré l’art de la table. Celui de la consommation et de la créativité. Nanta-Cookin (ou le festin royal) est un patchwork artistique bien assemblé, bien coloré, bien rythmé et bien garni. On trouve peu de paroles, peu de chants, mais l’expression était dans les gestes, les trouvailles. D’ailleurs, à force de rire, le public a quitté l’amphithéâtre romain plié en deux. De rire et d’apprécier le "génie" de cette jeune compagnie qui, au bout d’une dizaine d’années a donné 250 spectacles à travers le monde. Sa première a été à Londres en 1999, deux années après sa création. Plus tard aux USA, elle a tourné ses plats, à la fois piquants et frais, le long d’une année, qui plus est, à guichets fermés. La recette de Nanta-Cookin n’est plus un secret et la question est dans le doigté. Mais qui peut le faire de cette manière là ? C’est là où on se lève tous pour dire chapeau bas à ces magiciens de l’expression scénique et un bravo spécial à M. Lee Kwang Ho, leur directeur artistique. 
Des sauces pour tous les goûts
Tout tourne autour d’un resto qui vient d’ouvrir et de ses plats succulents à offrir aux premiers clients. Nous sommes dans un cadre immense de l’arrière-fond de ce restaurant qui vient de mettre son enseigne. Plein de tables de travail et d’ustensiles, accrochés, décrochés, tournant dans tout l’espace. Et à chaque acteur son savoir-faire pour monter la  meilleure "bouffe".  Un  plateau d’idées denses, profondes, clairvoyantes, mais dites avec simplicité. On n’avait nullement besoin d’utiliser une quiconque langue. Tout est dans le geste, dans le son, dans la magie de l’expression commune. Celle des arts. Comme l’aime le grand public, de 7 à 77 ans. Assiettes, cuillères, poubelles, hachoirs, couteaux, balais, et autres étaient la base des ingrédients. La base d’une musique, plusieurs musiques, d’un bal, de danses, d’une batterie d’acrobaties, d’un tour de magie, d’un disque dur qui tourne, qui vole sur les ailes de la créativité… sans hésiter de faire participer le public et de l’inviter sur scène pour faire le pitre, pour mijoter, pour remuer dans toutes les marmites et goûter un peu de ces plats du jour. Du salé et du sucré… Un cocktail de légumes, de fruits coupés, hachés, mixés et cuisinés dans toutes les sauces. Ici, tout est frais, énergétique et calorique et dans une ambiance époustouflante…. Et comme par simple coïncidence, parmi les invités sur scène, notre Raouf Ben Amor national est monté comme premier dégustateur. Impossible de se retenir, lui-même a été pris par la contagion du fou rire venant de la scène et des gradins. Et qui n’a pas ri ce soir-là ? Qui n’a pas aimé cette cuisine ? Cette leçon d’art post contemporain montée et démontée sur une idée toute simple. Mais oh! combien délicieuse ! Merci à tous. Pour ceux qui ont raté le spectacle, ils n’ont qu’à suivre son parfum. Demain au Complexe Culturel Assad Ibn Fourat à Kairouan. A consommer sans modération aucune !


Z.A.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com