Conférence des ministres africains des Finances et de l’Education : Les spécialistes de trente pays pour repenser le modèle d’enseignement





A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 17 juillet, Tunis abrite la Conférence des ministres des Finances et de l’Education et dont l’objectif avoué est de soutenir la dynamique éducative dans les pays africains.


Tunis – Le Quotidien
Organisée par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, cette manifestation réunira dans un hôtel huppé de la capitale une cinquantaine de ministres en provenance d’une trentaine de pays. Les moments forts, les objectifs et les attentes de cette manifestation ont été, hier, au centre d’une conférence de presse tenue au siège de l’ATCE.
Dans son intervention Mme Jee Peng Tan, conseillère en éducation auprès de la Banque Mondiale, a rappelé que ce séminaire aura pour thème : «Soutenir la dynamique éducative et économique en Afrique dans le contexte de la crise économique et financière mondiale». Parmi ses principaux objectifs, mettre les représentants de l’éducation et de la finance autour d’une même table pour discuter des effets et méfaits du contexte économique mondial et, surtout, faire en sorte de préserver les progrès réalisés dans le domaine de l’éducation et que les investissements futurs contribuent à accélérer la croissance. Des programmes à l’instar de l’Initiative de mise en œuvre Accélérée de l’Education pour Tous œuvrent aujourd’hui dans ce sens. Et cette conférence tentera de pérenniser voire doper de telles initiatives.
Ainsi, cinq thèmes seront au centre des débats. Ceux-ci sont relatifs au leadership politique des ministres des Finances, des stratégies à mettre en œuvre pour le financement à long terme des investissements de l’éducation et de la formation, le déploiement efficace des ressources publiques, la coopération entre les pays africains autour des priorités éducatives et le renforcement de l’aide extérieure. A travers ces thématiques, l’objectif sera donc de soutenir la dynamique en vue d’assurer une éducation pour tous, accroître le développement de l’Education post-primaire, et, surtout, faire croître, entre autres, les dépenses allouées à l’éducation de 3 à 6% des budgets des Etats.
Mme Jee Peng Tan a aussi rappelé au cours de cette rencontre de presse les progrès accomplis dans le domaine de l’Enseignement primaire dans les pays subsahariens. La croissance dans ce domaine est passée de 42% depuis 1990 à 56% en 2007. Le taux brut de scolarisation, quant à lui, est passé lui de 78 à 95% dans ces pays. Les représentants des différentes instances ont insisté sur l’adéquation de l’enseignement aux offres sur le marché, mais aussi la nécessité de trouver des enseignants qualifiés, des infrastructures afin d’aider les pays africains à relever le défi de l’Education. Et tous de reconnaître que les choses ne semblent pas si aisées d’autant que la croissance financière ne dépassera pas le 1%. Les représentants des 30 Etats subsahariens se pencheront ainsi sur les moyens et méthodes à mettre en œuvre et sur le diagnostic à mettre en place afin que le secteur de l’Education ne souffre pas de la conjoncture. Des critères ont été par ailleurs déterminés dans le cadre d’un programme spécifique pour inviter chacun des trente pays. Parmi les pays arabes qui prendront part à cette conférence, il y a lieu de citer le Soudan et l’Egypte dont le niveau d’Education semblent répondre aux critères précités. «La Tunisie en tant que pays hôte de cette manifestation sera aussi représentée par ses ministres de l’Education et de la Finance et surtout par son expérience en matière de l’Education qui pourrait inspirer les Etats subsahariens», a expliqué Etienne Progo, spécialiste en chef de l’Education auprès de la BAD.


Ousmane WAGUÉ




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com