Bollywood Show : Mi figue, mi raisin





Pour l’amour du chant, de la musique et du style romance du pays de Gandhi, le public de Carthage a répondu lundi dernier à l’invitation.
La première chose qui a retenu l’attention des festivaliers, c’est que l’amphithéâtre de la ville punique était avant-hier plein comme un œuf. Enfin… ! Bonne nouvelle pour les organisateurs qui ont commencé à s’inquiéter. Quand ils ont vu que les gradins avaient du mal à se remplir depuis le coup d’envoi du 45e festival de Carthage. Même l’ouverture, les invités l’ont grandement snobée et le théâtre punique n’était qu’à moitié plein. Carthage a donc repris ses couleurs, ce soir-là,  et retrouvé sa bonne mine de toujours. Mais, pourvu que ça dure ! Des familles entières étaient au rendez- vous. Dans leur tête, un album filmique avec sa bonne dose d’art et de grâce, bien à l’indienne. Des plateaux épicés qu’on aime, petits et grands, beaucoup, passionnément… Au fond, les Tunisiens restent égaux à eux-mêmes : des romantiques avertis et surtout des rêveurs à souhait. Ils ont donc sauté sur Bollywood Show (et à surtout ne pas confondre avec Hollywood). Et ce n’est pas tous les jours qu’on voit sur nos scènes des ballets pareils. C’est déjà un acquis pour les invités du festival venant de l’autre bout du monde. Mais leur ballet Bollywood a-t-il vraiment convaincu ? Tout est donc sur scène et il n’y a rien à cacher et cela se passe en direct. Seul le public présent peut juger cette pièce. Comme attendu, le ballet de l’Inde ressemble à tous les ballets de ce pays composé de toutes les ethnies, les couleurs, les cultes et les tendances. Oui, ça ressemble, mais pas tout à fait. Disons que c’est tout près et tout comme. Côté ressemblance : on a joué sur les couleurs intenses, les décors authentiques, les costumes, les chants, les musiques. Où tout est tiré de la civilisation. Des œuvres littéraires qui racontent les us et coutumes du pays. Des amours tendres qu’on raconte spontanément, délicieusement avec des corps. Les corps des belles (et des beaux), aux cheveux noirs magnifiques et aux drapés soyeux, aux couleurs arc-en-ciel et qui brillent au moindre souffle de vent. Tout est imprégné de poésie. Et on caresse du regard la fresque un peu singulière. Côté différence : au fil du spectacle, quelques "intrus" de modernité, danses et musiques du monde sont venus se greffer. La greffe a tantôt pris et tantôt pas. On s’accroche ou on décroche et chacun selon sa sensibilité. Le public qui s’est déplacé avec l’idée de voir un prestigieux ballet avec des tableaux et des merveilles, a changé d’opinion. Car ce n’est pas ça. Il y a eu beaucoup de vides dans le spectacle "mouvant". Les transitions entre les tableaux étaient "défectueuses". Au milieu du spectacle, les intermèdes de Remy- seul Européen avec la tribu de l’Inde- ont été ennuyeuses à… mourir et grandement sifflés par la foule. C’était du français dans le texte et du blablabla... Résultat : plusieurs ont quitté les gradins. Ceux qui ont résisté à ces interminables minutes creuses qui surfent sur la culture indienne, n’ont pas été au final très perdants. Car les artistes de cette petite et jeune troupe Bollywood se sont rattrapés. Au terme de la soirée, ils ont mis à l’ambiance du piquant. Dans l’ensemble, l’œuvre était mi figue, mi raisin et un brin digeste.


Z. ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com