Retour en force du couffin : Une alternative écologique sur fond de retour aux sources





Le couffin fait depuis quelques années un retour en force, nourri non seulement par une prise de conscience, mais aussi par une volonté de renouer avec un patrimoine longtemps délaissé.
Décidément, le fait de vivre à cent à l’heure n’empêche pas les Tunisiens de se soucier du respect de l’environnement. En témoigne le retour en force du couffin traditionnel dans les supermarchés ou les souks hebdomadaires. Ces paniers en osier, alpha, feuilles de palmier ou jonc sont de nouveau à la mode. Ils constituent désormais une alternative sérieuse aux sacs en plastique, dont le temps de gloire semble révolu. Le triomphe du couffin semble être motivé, en premier lieu, par le souci de préserver sa propre santé et l’environnement. D’autant plus qu’il est aujourd’hui un fait établi qu'un sac en plastique peut mettre jusqu'à 400 ans pour se biodégrader. Même les sacs sans colorants mis sur le marché par certains fabricants qui se présentent comme écologistes ne constituent pas une solution, car on ne retire pas la pollution due à la matière principale présente dans les sacs transparents, en l’occurrence le polyéthylène. «Qu’ils soient colorés ou transparents, les sachets en plastique sont un fléau qui se perpétue par l’action de chacun d’entre nous. Chacun de nous y contribue en disant ce n’est pas mon petit sachet plastique jeté qui va polluer la terre. Malheureusement, c’est cette insouciance qui est à l’origine du réchauffement climatique», estime Mohamed Chakroun, un retraité rencontré au marché central de Tunis. Et de renchérir: «Le couffin tunisien est sans doute l’un des moyens les plus écologiques pour faire ses courses. Non seulement, il est à base principalement à partir de matières végétales, mais aussi il est réutilisable et biodégradable en l’espace de quelques mois uniquement».


Beau et pratique
Au-delà de son caractère écologique, le couffin est beau à exhiber et surtout pratique du fait de son prix modeste et de son poids négligeable. Il reflète également un savoir-faire tunisien. Fabriqué notamment à Gabès, Djerba, Nabeul et Kasserine, le couffin remonte, selon les historiens, au IX siècle avec l’avènement de l’époque aghlabide. Des preuves d’utilisation de cet objet ont été aussi retrouvées à Mahdia. Tout porte à croire que les Fatimides qui avaient pris cette ville pour capitale de leur émirat offraient le couffin, qui symbolisaient pour eux la générosité et l’hospitalité à leurs hôtes, notamment les grandes personnalités étrangères en visite à Kairouan à Mahdia.
Le retour en force du couffin constitue, de ce fait, un retour aux sources de notre civilisation et permet de perpétuer un savoir-faire essentiel. D’autant plus que le nombre d’artisans qui se donnent à cette activité continue à rétrécir comme une peau de chagrin. La couffin doit, en effet, sa survie à «l’invasion du plastique» qui a marqué les vingt dernières années à l’orientation de certains artisans vers une production courante destinée à la clientèle touristique.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com