Riadh Fehri à Hammamet : Hymnes aux couleurs du monde





C’est avec bonheur que le luthiste Riadh Fehri a ouvert vendredi dernier le bal musical du 45e Festival de Hammamet. Un mois avant qu’il ne clôture celui de Carthage.
Au commencement, le maître du oud, tout de blanc vêtu, était seul sur scène. Son morceau inaugural a été dédié à «tous les êtres chers qui nous ont quittés», a-t-il lancé à son bon public. Un public qui affectionne la musique savante. Puis, les artistes, un à un, sont montés sur scène. A chacun son expression. A chacun son instrument et à chacun sa musique, sa sensibilité à fleur de peau. Personne n’a ressemblé à personne. Mais tous, dans leur voyage artistique, étaient sur la même longueur d’onde, dans un dialogue aimant, attachant... à donner parfois aux spectateurs la chair de poule. Le concert a réuni avec jubilation toutes ces différences. C’est d’ailleurs le label du luthiste tunisien qui a trouvé le bon filon pour réussir son art autrement. Il y a une dizaine d’année, c’était un pari à relever. Et même un défi! Au final, ça a bien pris. De mémoire de journaliste, on se souvient de ses succès dans Le Minaret et la Tour, Kantara, Vents 440 et autres qui mêlent «les rythmes effervescents, les thèmes acoustiques et la virtuosité instrumentale». On retient aussi son passage à Carthage, il y a tout juste une année. Avec une armée d’artistes venus des quatre coins de la planète, Fehri a fait un tabac.  Pour l’orchestre d’avant-hier, il était très réduit par rapport à ceux d’avant. Mais les musiciens sont tous de grande réputation et la soirée était à la fois élégante et sympa. Nous pensons ici aux Tunisiens, Lassâad Hosni (percussions), Slim Jaziri (Qanoun) et Meriem Saâd (luthiste et seule femme du soir), à Pedro Eustache, à Breennan,…


«Allez chanter…  Chantez la paix, chantez le monde!»
 
Ils étaient huit au Théâtre de poche de Hammamet. Ils se sont rencontrés dans leur Orient/  Occident, estampillé d’harmonies. D’énergie. C’était émouvant à plaisir. Le fait de voir le country des Apaches, monté sur le Qanoun et le bendir. Le fait aussi d’écouter Sidi Mansour orchestré autrement, chanté et joué avec des instruments qui ne sont pas de chez nous. Emouvant aussi de se reposer sur un lit de notes traditionnelles arméniennes, offertes à Hammamet pour la première fois dans le monde par Eustache. Un brin par-ci, un brin par-là, et des extraits de Kantara vont et reviennent chaque fois que le public, comblé, en redemande. Et pour finir, Riadh Fehri qu’on a découvert ce soir-là sous la casquette d’un violoniste de grand talent, a proposé une autre musique. Une musique arrangée pour le film prochain de Moez Kamoun et Dhafer Laâbidi, déferlant sur toutes les plages, couchant sur tous les registres. Quant à l’autre pensée d’un beau soir d’été à Hammamet, elle a traversé La Lune argentée (autre morceau de ce cocktail). C’est le comédien et acteur Hichem Rostom. Lui aussi, était tout de blanc vêtu et bien de la partie. Pour la paix, il a déclamé des vers pour tous les hommes de la Terre. Il a hélé tout le monde pour chanter le monde, chanter la vie et  chanter les amours. Pour ne plus faire des guerres, ne plus se haïr… apprendre à s’aimer. Merci les artistes pour ce clin d’œil à l’humanité !


Zohra ABID  




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com