M. Jean-Noel Guerini , Président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône et sénateur PS: «La Tunisie, bel exemple d’un système





En marge du 21e Symposium du RCD, Le «Quotidien» a rencontré monsieur Jean-Noel Guerini, Président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône et sénateur PS. Interview.
Le Quotidien : Dans quel cadre placez-vous cette visite en Tunisie?
M. Jean-Noel Guerini : D’une part, je suis ici dans un pays ami qu’il m’est agréable de revisiter. D’autre part, il est toujours utile d’évoquer avec nos partenaires le système économique global qui garantirait la stabilité et le développement souhaité. Donc, c’est une opportunité pour échanger, dialoguer et apprendre. Loin de nous est l’idée de donner des leçons qui seraient encore plus rapidement oubliées qu’elles ne sont prononcées.
Quelle est votre lecture de la situation actuelle dans le monde?
Le monde actuel vit la crise alors qu’il est caractérisé par des inégalités se creusant entre les pays, surtout entre le Nord et le Sud, tout comme à l’intérieur de chaque pays. Le système qui est aujourd’hui en crise est celui-là même qui a mené à ces inégalités, qui nous inflige la pénurie, la pauvreté et les déséquilibres qui favorisent l’immigration de populations cherchant ailleurs le minimum vital que leur terre ne leur apporte pas ou ne leur apporte plus.
Mais on parle déjà de la fin de la crise!
Ceux qui n’avaient pas vu venir la crise il y a un an, semblent désormais persuadés que le pire est derrière nous. Je crains qu’ils ne se trompent une fois de plus. Je remarque, très simplement, que le chômage reste inflexiblement orienté à la hausse, et je note que les dégâts de cette première crise de la mondialisation se répercutent sur l’ensemble des économies nationales à la manière d’un jeu de domino qui se fragmente. La crise a été traitée dans l’urgence. Elle ne connait pas encore de réponses satisfaisantes dans ses dimensions environnementales, démographiques et sociétales. Moi, je suis de l’avis de nombreux experts qui croient utopique de penser que le système économique mondial pourra continuer sur les mêmes bases. Il faudrait imaginer un monde nouveau basé sur d’autres principes.
Par où commence la solution selon vous?
L’état doit occuper une place de choix non seulement pour assurer une continuité du système productif, mais surtout parce qu’il doit apporter des outils à chacun pour repenser nos modèles économiques. Il est évident que les vertus de l’Etat apparaissent au grand jour. Et, si l’on envisage le développement économique dans une perspective durable, il faut veiller également à ce que la nouvelle orientation se conjugue avec la justice sociale. Le bien-être de toute la population et sa qualité de vie devraient être une préoccupation constante des gouvernements.
Et en termes plus pratiques?
Des réformes économiques et structurelles induites par l’internationalisation des échanges doivent êtres réalisées dans de nombreux pays. Cela vaut pour l’ensemble des pays du bassin méditerranéen. Les flux migratoires doivent être gérés, tout comme doivent être minorés les risques d’incompréhension culturelle. La perspective que nous devons dessiner ensemble s’inscrit dans une vision dynamique d’échange et de partage. C’est ce que l’on appelle la solidarité. Elle est la seule réponse intellectuellement lucide, moralement acceptable et politiquement efficace face aux dangers économiques ou écologiques.
Et pour la Tunisie?
Les politiques engagées sous l’égide de votre gouvernement, visant à offrir des infrastructures et des services publics, des logements pour tous, une scolarisation de qualité, un système de santé et un statut de la femme à l’égal de l’homme, sont un bel exemple des efforts qu’un Etat peut entreprendre pour favoriser la mise en place d’un système économique plus humain, solidaire et durable.


* Entretien conduit par
Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com