Cuniculture: Pose-t-on un lapin aux éleveurs ?!





Toujours confrontée à l’indifférence des consommateurs, la viande de lapin peine à trouver sa place sur le marché malgré les efforts déployés .
Tunis-Le Quotidien
Ne dépassant pas 300 grammes par an et par individu, la consommation moyenne de viande de lapin en Tunisie est loin d’être un facteur de développement de la cuniculture à l’instar des autres filières de viande. Mais, mis à part les aspects organisationnels qui devraient être à l’origine de problèmes de la cuniculture, ce sont aussi les habitudes alimentaires très ancrées qui font, qu’aujourd’hui, les Tunisiens préfèrent les viandes ovines, bovines et avicole.
Cette nécessité d’introduire la viande de lapin dans les habitudes alimentaires des Tunisiens a été, en fait, l’un des principaux points évoqués lors d’une journée nationale d’information organisée, hier à Tunis, au siège de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP). La conférence était organisée par l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA). Consacrée à la cuniculture, elle a été une occasion pour les intervenants dans le secteur d’exposer les principaux facteurs qui empêchent son développement. M. Mohamed Chokri Ayachi, directeur général de l’APIA a noté à l’occasion, que malgré les encouragements engagés par l’Etat dans le but de développer les investissements privés, les projets réalisés entre 1983 et 2009 n’ont pas dépassés les 442 avec un montant d’investissement global de 34 millions de dinars. L’absence de grands investissements a fait que la production de viande cunicole reste toujours médiocre puisqu’elle ne dépasse pas 2600 tonnes par an. Il s’agit en fait de la production la plus faible dans toute la région du bassin Méditerranéen où la France produit annuellement environ 80 mille tonnes alors que l’Italie fait 220 mille tonnes. Même dans la zone d’Afrique du nord, notre production est incomparable avec l’Algérie et l’Egypte qui produisent, chacun, 15 mille tonnes par an.
Le développement de la cuniculture à l’échelle nationale implique selon la plupart des intervenants, d’agir sur le comportement des consommateurs à travers des actions de sensibilisation variées afin de l’emmener à intégrer cette viande dans ses menus alimentaires. Il est inévitable en fait de créer un besoin de consommation qui ne se manifeste, toujours, pas chez les Tunisiens.
Il faut dire qu’aujourd’hui, c’est essentiellement grâce à la convention signée par le Ministère de la défense nationale avec leur fédération professionnelle, que les cuniculteurs parviennent à écouler leur production en viande.
La convention qui est entrée en vigueur en 2001, est venue en fait donner corps à la décision présidentielle ordonnant l’approvisionnement des casernes en viande de lapins dans le but justement d’encourager les petits et les moyens éleveurs et à résoudre en partie les problèmes d’écoulement de leurs produits.
Mais, comme l’a signalé M. Abderrazak Daaloul, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture et des ressources hydrauliques, chargé de la Pêche dans son allocution à la même occasion, d’autres acteurs devraient prendre part aux efforts déployés par les pouvoirs publics pour faciliter l’écoulement des produits et le développement des investissements dans la filière. Au-delà de la contribution des casernes, il est désormais indispensable de faire connaître les vertus nutritionnelles de la viande de lapin auprès des consommateurs pour parvenir à réaliser une consommation moyenne annuelle équivalente à la moyenne européenne qui est de l’ordre de 1,7 kg de viande par personne.
Il est donc urgent d’identifier les principaux obstacles à éliminer. Du côté du Groupement Interprofessionnel des Produits Avicoles et Cunicoles (GIPAC), on estime que les freins à la consommation de lapin sont multiples. Mais il s’agit en particulier de deux facteurs. Le prix à l’achat qui demeure peu compétitif comparés aux prix de poulet. Ce prix dépend du coût de la production qui reste étroitement lié au prix de l’aliment. Et la mise en vente, car les clients jeunes n’ayant pas la consommation de la viande de lapin dans leurs habitudes culinaires, sont très sensibles à la façon d’exposition de la viande de lapin vendue, souvent, en carcasse entière. Ce qui n’est pas attractif.


* Hassen GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com