Iran: L’opposition de nouveau dans la rue





Le Quotidien-Agences
La police anti-émeute a dispersé hier des milliers de partisans de l’opposition qui manifestaient à Téhéran contre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Après plusieurs heures de heurts avec la police, les manifestants ont quitté les rues en milieu de journée, hormis quelques petits groupes restés dans les contre-allées du centre de la capitale, ont indiqué les témoins.


Le rassemblement, à l’appel du pouvoir, devant l’ancienne ambassade des Etats-Unis à Téhéran s’est également achevé.


Mais les forces de sécurité, incluant la police anti-émeute et la milice islamique des Bassidj, quadrillaient toujours le centre-ville, ont précisé les témoins.


Malgré l’interdiction des autorités, les partisans de l’opposition qui conteste la réélection le 12 juin de l’ultraconservateur Ahmadinejad en parlant de fraude massive, sont descendus dans la rue, profitant de l’organisation du rassemblement anti-américain.


Aux cris d’«Allah Akbar (Dieu est grand)» et «Mort au dictateur», des milliers d’entre eux ont manifesté sur la place centrale Haft-e Tir, selon les témoins.


Les policiers, des membres des forces de sécurité en civil et les Bassidji, mobilisés pour l’occasion, sont intervenus à coups de bâtons et de gaz lacrymogène, ont-ils ajouté. Un nombre indéterminé de manifestants ont été blessés ou arrêtés.


Selon le site de l’opposition mowjcamp.com, l’un des chefs de l’opposition Mehdi Karoubi a été frappé par des partisans du pouvoir et a dû quitter les lieux d’une manifestation sous la protection de ses gardes du corps.


Ailleurs à Téhéran, deux groupes de manifestants se sont fait face. Les partisans du pouvoir criaient «Mort à l’Amérique» et ceux de l’opposition répliquaient «Mort à la Russie», selon les témoins.


Mort au dictateur


Narguant la police, d’autres opposants, la plupart des jeunes, se sont rassemblés par petits groupes dans des contre-allées en criant «Mort au dictateur». A chaque intervention des policiers, ils se déplaçaient vers d’autres secteurs, soit leur lançaient des pierres.


Selon l’agence officielle Irna, les opposants ont mis le feu à des bennes à ordures, cassé les vitres de bus et attaqué des policiers.


A quelques centaines de mètres de la place Haft-e Tir, des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’ancienne ambassade américaine.


Arborant des drapeaux iraniens et portant des pancartes sur lesquelles on peut voir «l’oncle Sam» recevoir des coups sur la tête, ils ont crié les slogans habituels de «Mort à Israël» et «Mort à l’Amérique».


La dernière manifestation de l’opposition remonte au 18 septembre. Elle avait alors profité d’un rassemblement officiel propalestinien pour apporter son soutien à son chef et ancien candidat, Mir Hossein Moussavi, battu par M. Ahmadinejad.


Après l’élection controversée, des dizaines de personnes avaient été tuées et quelque 4.000 arrêtées lors de troubles qui ont plongé l’Iran dans sa plus grave crise politique depuis le révolution islamique de 1979.


Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes ont pris d’assaut l’ambassade américaine avant de prendre en otage ses diplomates pendant 444 jours. Les relations diplomatiques entre Téhéran et Washington ont été rompues en avril 1980.


Depuis, une manifestation est organisée annuellement devant l’ex-ambassade américaine.


A l’occasion de cet anniversaire, le président américain Barack Obama a affirmé que l’Iran devait «choisir» entre rester fixé sur le passé ou ouvrir la voie à «plus d’opportunités, de prospérité et de justice» pour son peuple.


La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a également accentué la pression sur l’Iran, lui demandant de répondre rapidement au projet d’accord de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur son programme nucléaire controversé.


 


* La prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979


Lors d’une conférence de presse le 19 novembre 1979 à l’ambassade américaine de Téhéran, les étudiants iraniens présentent une partie des otages américains détenus.


Il y a trente ans, le 4 novembre 1979, des étudiants islamiques retenaient en otages des diplomates américains à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Cette prise d’otages, qui a duré 444 jours, avait provoqué la rupture des relations entre les deux pays.


Ce dimanche 4 novembre, 300 à 400 étudiants, pour la plupart des militants islamiques radicaux, sautent par dessus le mur d’enceinte de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, après avoir vaincu la résistance de «marines» en faction.


Ils s’installent dans les lieux, ne laissant sortir personne. La bannière étoilée est abaissée, le drapeau de l’Islam hissé.


Une soixantaine d’otages, yeux bandés et poings liés, sont répartis dans plusieurs bâtiments. Une dizaine d’entre-eux sera libérée pour raisons humanitaires, 52 restent en captivité.


Les «étudiants islamiques» exigent l’extradition du Chah, Mohamed Reza Pahlavi, soigné aux Etats-Unis, ainsi que la remise de sa fortune à l’Iran. Leur position restera inchangée pendant les quatorze mois de la prise d’otages.


Apparemment improvisée, l’occupation de l’ambassade sera rapidement mise à profit par le régime islamique pour radicaliser la révolution et en finir avec le gouvernement de Mehdi Bazargan, jugé enclin à composer avec le «Grand Satan» américain.


La crise s’accélère après la démission de Bazargan le 6 novembre et la prise en charge du pays par le «conseil de la révolution».


L’Iran refuse toute livraison de pétrole aux Etats-Unis, qui décrètent un embargo sur les biens de consommation et gèlent les avoirs bancaires iraniens.


Ne parvenant pas à composer avec le régime islamique, Washington rompt les relations diplomatiques, le 7 avril 1980.


Le 25 avril, une opération héliportée des forces spéciales américaines envoyée pour tenter de libérer les otages, tourne au désastre. Les otages sont aussitôt dispersés dans plusieurs villes d’Iran.


Les otages sont libérés le 20 janvier 1981, au terme d’un accord conclu entre Washington et Téhéran, grâce à une médiation algérienne.


Cette libération intervient le jour même de l’investiture du président Ronald Reagan, successeur de Jimmy Carter, à qui les autorités iraniennes n’auront rien cédé.


 


* Ali Khamenei refuse tout «diktat» américain


Alors que les Occidentaux attendent avec une impatience de moins en moins contenue une réponse de Téhéran sur le projet d’accord pour un transfert d’uranium à l’étranger, le guide suprême iranien a adopté un ton très critiqueà l’égard des Etats-Unis. Ali Khamenei a exclu tout «diktat» américain sur les négociations concernant le dossier nucléaire.


L’intervention de l’ayatollah Khamenei semble fermer la porte aux négociations nucléaires. Nous ne voulons pas d’une quelconque négociation dont le résultat serait dicté à l’avance par les Etats-Unis, a déclaré le numéro Un iranien.


La nation iranienne ne sera pas dupée par le ton conciliant des Américains. A chaque fois que les responsables de Washington sourient en apparence, ils cachent dans leur dos un poignard, a-t-il affirmé. Il a ajouté que l’Iran ne pouvait pas faire confiance au président américain Barack Obama qui, selon lui, n’a pas changé de politique à l’égard de l’Iran.


Cette déclaration intervient alors que les puissances du groupe des Six demandent à l’Iran d’accepter un accord préparé par l’AIEA qui prévoit le transfert à l’étranger de la majeure partie de l’uranium enrichi iranien. En contrepartie, il propose à l’Iran de lui fournir du combustible pour son réacteur de recherche de Téhéran.


Le guide suprême iranien, qui a le dernier mot dans les affaires du pays, semble avoir fixé la ligne désormais. Ces derniers jours, plusieurs responsables iraniens ont d’ailleurs déclaré que l’Iran refusait l’envoi à l’étranger de son uranium.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com