Un an depuis l’arrivée d’Obama: Un anniversaire terni par des défaites électorales





Le Quotidien-Agences
Barack Obama fêtait hier le premier anniversaire de sa victoire électorale historique à la présidentielle, une célébration ternie au lendemain d’une série de victoires du camp républicain.


Les candidats soutenus par le Président ont perdu leur bataille pour conquérir les postes de gouverneurs de Virginie (est) et du New Jersey (Nord-est), mais ont tout de même empoché un lot de consolation en raflant un siège au Congrès dans un bastion républicain du nord de l’Etat de New York.
Ces résultats ne changent pas l’équilibre du pouvoir à Washington mais peuvent être interprétés comme un changement de cap de l’électorat, à l’heure où près des deux tiers des Américains estiment que leur pays va mal ou très mal, selon un sondage publié par CNN.
L’an prochain, en 2010, un tiers du Sénat, toute la Chambre des représentants et plus des deux-tiers des gouverneurs vont être élus dans le cadre des élections de mi-mandat, cruciales pour le président américain. Les républicains comptent sur la crise économique, le chômage et la guerre qui s’enlise en Afghanistan pour améliorer leurs positions.
Mardi, dans le New Jersey, bastion démocrate où le président s’était rendu dimanche pour la deuxième fois en quelques semaines pour soutenir le gouverneur sortant Jon Corzine, le républicain Chris Christie, ancien procureur, a remporté la bataille avec 49% des voix contre 45% à Corzine.
Barack Obama avait également fait campagne en Virginie, un fief conservateur qu’il avait réussi à conquérir l’an dernier. Mais le républicain Bob McDonnell y a battu Creigh Deeds avec 59% des voix contre 41%, selon des résultats préliminaires.


«Une claque»
«La victoire écrasante du parti républicain en Virginie est une claque pour le président Obama et le parti démocrate», a réagi le président du parti républicain Michael Steele. «Cela envoie un signal clair que les électeurs en ont assez de sa politique».
Le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs avait voulu mardi réduire l’impact de ces élections: «je ne pense pas que le président croie que ces consultations soient vraiment significatives pour l’avenir», avait-il déclaré.
Les sondages de sortie des urnes ont eu tendance à lui donner raison, une grande majorité d’électeurs de Virginie comme du New Jersey affirmant que la politique de Obama n’avait joué aucun rôle dans leur décision.
Les démocrates ne sont pas repartis totalement bredouilles, grâce à leur victoire surprise dans une petite circonscription du nord de l’Etat de New York où un siège vacant à la Chambre des représentants était en jeu.
Le démocrate Bill Owens y a vaincu son adversaire conservateur Doug Hoffman avec 49% contre 46%, alors que Hoffman avait reçu le soutien de figures du parti républicain comme l’ex-candidate à la vice-présidence Sarah Palin.
Mardi, les électeurs américains étaient aussi appelés à choisir les maires de plusieurs grandes villes dont New York, où Michael Bloomberg a été réélu pour un troisième mandat, Atlanta, Pittsburgh, Detroit, Houston ou encore Seattle.
Ils étaient aussi appelés à se prononcer sur la légalité du mariage homosexuel ou des unions entre personnes du même sexe dans le Maine (nord-est) et dans l’Etat de Washington (nord-ouest). La proposition a été rejetée dans le premier Etat (53% contre 47% selon des résultats préliminaires) mais semblait en passe d’être approuvée dans l’Etat de Washington (51% contre 49%, selon des résultats là encore préliminaires).


* Obama lance sa révolution verte
Avant hier soir, le Sénat américain a débuté l’examen d’un texte relatif aux gaz à effet de serre. Un projet de loi de 800 pages, qualifié déjà d’historique.
L’arrivée d’un tel document devant le Congrès peut s’apparenter à une victoire pour Barack Obama. Alors que l’administration Bush n’a eu de cesse d’exclure toute loi sur le réchauffement climatique, la nouvelle équipe gouvernementale a pris à bras le corps ce sujet sensible dans un des pays les plus pollueurs au monde. L’objectif de Barack Obama est ambitieux : la réduction de 20 % des gaz à effet de serre d’ici à 2020. Une première étape puisque son programme électoral préconise une réduction de 80% d’ici 2050.
La mise au vert des États-Unis passe aussi par la modernisation du réseau électrique national - avec un investissement de 3,4 milliards de dollars visant à faire entrer les États-Unis de plain-pied dans les énergies renouvelables. Le sauvetage de l’industrie automobile américaine, dévastée par la crise, est l’occasion d’inciter les grands constructeurs à produire de plus petites voitures, moins gourmandes en carburant. Barack Obama entend faire économiser 1,8 milliard de barils de pétrole aux États-Unis - l’équivalent de 194 centrales au charbon - réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre de 900 millions de tonnes.
L’essentiel des mesures environnementales a été dévoilé fin mai. «Pour la première fois de l’histoire, nous avons mis en branle une politique visant à la fois à améliorer la consommation au litre et à réduire la pollution par les gaz à effet de serre» des voitures vendues aux États-Unis, s’enorgueillissait alors le chef d’État américain. De belles intentions qui risquent toutefois de se heurter à la réalité politique des États-Unis. Les débats promettent d’être longs, et le vote final n’est pas attendu avant les premiers mois de 2010. Et l’adoption du texte au Sénat n’est absolument pas garantie. Les républicains s’y opposent farouchement, et certains démocrates modérés se montrent plutôt réticents.
Ces réticences ne vont pas faciliter la tâche de Barack Obama au Sommet mondial sur le climat, qui doit se tenir en décembre prochain à Copenhague. La communauté internationale a d’ailleurs bien compris la fébrilité américaine à l’approche de cette réunion décisive. Sans accuser directement les États-Unis, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s’est dit «inquiet» mardi du rythme des négociations internationales sur le climat, depuis Washington. Même son de cloche du côté d’Angela Merkel. «Il faut que tous les pays soient prêts à accepter des obligations internationales», a prévenu la chancelière allemande devant les deux chambres du Congrès américain réunies en séance commune. «Il n’y a pas de temps à perdre», a martelé Angela Merkel. «Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est impératif que nous redoublions d’efforts dans les semaines qui nous séparent de la réunion de Copenhague pour créer un cadre nécessaire au progrès dans notre combat contre une catastrophe écologique potentielle», leur a répondu Barack Obama mardi soir. Verdict le 7 décembre, à Copenhague.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com