Yémen : Les forces saoudiennes lancent une attaque contre les rebelles





Le Quotidien-Agences
Les forces saoudiennes ont lancé une importante opération militaire contre les rebelles dans le nord du Yémen, destinée à mettre fin à la rébellion chiite qui y fait rage, ont annoncé des diplomates arabes ainsi que les rebelles yéménites eux-mêmes.
Selon deux diplomates, s’exprimant sous couvert d’anonymat, des Tornado et des F-15 bombardent des cibles sur le territoire du Yémen depuis avant hier après-midi, infligeant des pertes importantes aux rebelles yéménites.
D’après ces diplomates, des forces spéciales ont été envoyées dans le Nord du Yémen, et plusieurs villes saoudiennes situées à la frontière ont été évacuées.
Le conflit entre la rébellion des Hawthis, déclenchée il y a cinq ans, et les autorités de Sanâa fait rage ces derniers mois. Les rebelles sont implantés dans la province de Saâda, (Nord), région montagneuse et désertique frontalière avec l’Arabie Saoudite.
Le porte-parole rebelle Mohammed Abdel-Salam a fait état de bombardements dans des zones peuplées, dont un marché, affirmant que les Saoudiens «malheureusement tuaient des civils, comme le fait le gouvernement. Les bombes lâchées par la chasse saoudienne ont été suivies par des tirs d’obus».
Ni le gouvernement saoudien ni son allié yéménite n’ont confirmé l’offensive, qui serait la première incursion transfrontalière saoudienne depuis le début de ce conflit il y a cinq ans.
Le royaume wahhabite, principal exportateur de pétrole au monde, est de plus en plus inquiet de voir l’instabilité yéménite franchir la frontière. Sanâa combat actuellement sur plusieurs fronts, l’insurrection au Nord et un mouvement séparatiste au Sud.
Washington pour sa part craint que le Yémen ne devienne un refuge pour les militants d’Al-Qaïda.
Mercredi, l’agence de presse officielle saoudienne avait fait état d’une incursion des rebelles hawthis dans la région frontalière du Mont Dokhan, qui auraient tué un soldat saoudien et blessé onze autres.
Ces informations étaient impossibles à vérifier de sources indépendantes.
L’Arabie Saoudite dit soutenir politiquement et économiquement les autorités yéménites sans jamais évoquer de soutien militaire à l’armée du président Ali Abdallah Saleh.
Mais Ryad, qui s’inquiète de la poursuite de cette guerre, a renforcé les mesures de sécurité à sa frontière avec le Yémen, où les gardes-frontières sont déjà actifs redoutant l’infiltration d’activistes islamistes et le trafic d’armes et de drogue.
De son côté, Sanâa dit enquêter sur les liens entre les rebelles chiîtes et l’Iran. «Nous soupçonnons certains milieux et cercles religieux en Iran et ailleurs» de soutenir les rebelles, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Abou Bakr Abdallah Al-Kourbi.
Récemment, Saleh a affirmé que les rebelles recevaient des financements «de certains dignitaires en Iran», tout en soulignant qu’il n’accusait pas le pouvoir.
Les combats entre rebelles, qui disputent aux autorités de Sanâa le contrôle des provinces de Saâda et d’Omrane, et l’armée ont éclaté le 11 août dans le cadre d’un conflit récurrent depuis 2004, et ont fait jusqu’à présent des centaines de morts et de blessés et quelque 55.000 déplacés.
Le pouvoir accuse les rebelles de vouloir rétablir le règne de l’imamat zaïdite, renversé en 1962. Les rebelles s’en défendent en affirmant réclamer un développement «socio-économique de Saâda» et un «respect» de leur droit à exprimer leurs opinions en toute liberté.
Le zaïdisme est une branche du chiîsme, dont la plupart des adeptes résident au Yémen, où ils sont minoritaires dans un pays à majorité sunnite.


** L’ONU va évacuer plus de la moitié de ses expatriés d’Afghanistan
L’ONU a annoncé hier l’évacuation temporaire d’Afghanistan de plus de la moitié de ses expatriés après l’attaque sanglante des talibans la semaine dernière contre une de ses maisons d’hôtes, prévenant que les relations afghano-occidentales se trouvaient à un «point critique».
Pour des raisons de sécurité, «quelque 600 employés non afghans vont temporairement déménager», seul restant le «personnel essentiel», a déclaré Dan McNorton, porte-parole de l’ONU à Kaboul.
Un autre porte-parole, Aleem Siddique, a précisé que «l’ONU a environ 5.000 employés en Afghanistan, dont 1.100 étrangers».
Quasiment toutes les 600 personnes concernées quitteront le pays dans les prochains jours, même si une petite partie déménagera en Afghanistan même.
M. McNorton a indiqué que la décision, régulièrement réexaminée, était valable pour «un certain nombre de semaines, tandis que la sécurité sera renforcée» en Afghanistan même.
«Tous les efforts nécessaires seront faits pour perturber le moins possible nos activités», ont ajouté les Nations Unies dans un communiqué.
Le 28 octobre, trois kamikazes avaient attaqué la maison d’hôtes Bekhtar, au centre de Kaboul. Cinq expatriés de l’ONU avaient été tués, ainsi que deux policiers afghans. Les assaillants avaient tous péri.
Les talibans avaient revendiqué l’attaque, les autorités accusant également Al-Qaïda d’être impliqué.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait déclaré lundi à Kaboul que l’ONU ne se laisserait pas décourager par ces actes de violence, assurant que «le travail des Nations Unies se poursuivra».
Le diplomate norvégien Kai Eide, chef de l’ONU en Afghanistan, a néanmoins prévenu jeudi que les relations entre le gouvernement afghan et la communauté internationale se trouvaient à un «point critique».
«Il y a une croyance chez certains que l’engagement international en Afghanistan se poursuivra quoi qu’il arrive, à cause de l’importance stratégique de l’Afghanistan. Je voudrais souligner que ceci n’est pas vrai», a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
Il a estimé que ce seraient les opinions publiques des pays impliqués en Afghanistan - financièrement et/ou militairement - qui décideraient du maintien du niveau de l’engagement international.
Après huit années de conflit et une intensification de l’insurrection depuis trois ans, les opinions occidentales sont de plus en plus opposées à l’engagement afghan.
Eide a estimé que la réélection du président Hamid Karzaï, déclaré lundi vainqueur du scrutin présidentiel controversé, était l’occasion de s’attaquer à la plupart des problèmes qui ont érodé la confiance envers son gouvernement.
«L’élément important sera la formation du nouveau gouvernement afghan. Il devra être composé de personnalités compétentes pouvant mettre en oeuvre un programme de réformes», a-t-il dit, en référence à la corruption endémique de l’Etat afghan.
Ces réformes devront porter sur «un combat vigoureux contre la corruption et des efforts vigoureux pour améliorer le système judiciaire, faire cesser la culture d’impunité et améliorer la capacité du gouvernement afghan à fournir des services à la population», a ajouté M. Eide.
Si ces problèmes ne sont pas abordés, «les questions se multiplieront et le doute grandira», a-t-il souligné.
Dans sa première allocution publique après sa réélection, le président Karzaï, soumis à de fortes pressions internationales, a promis mardi de s’attaquer à la «flétrissure» de la corruption en Afghanistan.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com