Production record des dattes : Le réveil des palmeraies se confirme





Grâce à une production record estimée à 162000 tonnes au cours de la campagne 2009-2010, la Tunisie doit pouvoire préserver son rang de premier exportateur mondial de dattes en termes de valeur.
Le plan de relance de la filière des dattes adopté par le Ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques et le Groupement Interprofessionnel des Fruits (GIF) commence à porter ses fruits. Les palmeraies du pays ont été particulièrement généreuses durant la saison agricole 2009-2010, avec une production record estimée à 162000 tonnes, en augmentation de 11% par rapport à la saison précédente. Mieux encore: la récolte se répartit entre 110000 tonnes de la célèbre variété «Deglet Ennour» contre 52000 tonnes pour les autres variétés.
Près de 70% des quantités produites devraient être exportées pour des recettes en devises estimées à plus de 250 millions de dinars, ce qui doit permettre à la Tunisie de préserver son rang de premier exportateur de dattes en termes de valeur, et à la quatrième position sur le plan quantitatif derrière l’Egypte, l’Iran et l’Irak.
Avec 16% de la valeur globale des exportations agricoles, le fruit béni est en passe de devenir la nouvelle mamelle nourricière du pays. Au cours de la saison 2008-2009, les exportations tunisiennes de dattes ont généré des recettes de 202 millions de dinars contre des revenus estimés à 63 millions de dinars durant la campagne 1997-1998.
Après une longue période marquée par une régression des exportations, en raison de la détérioration de la qualité de la production, les exportations enregistrent une croissance annuelle moyenne de 20%, depuis le début des années 2000. Cette belle performance découle essentiellement de la mise en place d’un système de traçabilité qui concerne toute la filière, et d’un plan destiné à améliorer la qualité de la variété «Deglet Enour» (doigts de lumière), qui représente 65% de la production et se caractérise par sa haute valeur marchande.
Le plan de relance de la filière, qui s’est notamment matérialisé par des subventions accordées aux producteurs pour l’achat d’insecticides et de films polyéthylène destinés à protéger les régimes contre les pluies d’automne, a permis aux dattes tunisiennes de conquérir de nouveaux marchés en Europe (Allemagne, Turquie, Russie...) et en Asie (Malaisie, Indonésie, Inde, Chine...). La Tunisie exporte désormais ses dattes à longueur d’année vers 56 pays.


Faible capacité de stockage
L’embellie des exportations ne doit pas, cependant, occulter certains problèmes structurels persistants. Le principal talon d’Achille du secteur demeure sa dépendance aux aléas climatiques face à l’insuffisance des eaux d’irrigation. Selon les responsables du Commissariat régional au développement agricole de Tozeur, région qui abrite près de 40% de la surface totale des palmeraies, dans le Sud-Ouest du pays, la faible capacité de stockage (15000 tonnes) menace également la durabilité du réveil des palmeraies.
Une étude sur le positionnement stratégique des dattes tunisiennes financée par la Banque mondiale recommande, d’ailleurs, aux autorités d’investir davantage dans la production biologique et dans l’augmentation des capacités de stockage, dans l’objectif de doubler les recettes des exportations.


* W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com