R’chid Ben Jemiâa, l’assureur de la passion et de la culture !





Mécène, chef d’entreprise, passionné, croyant profondément au travail d’équipe, le président du groupe COMAR et HAYETT est une personnalité de laculture, de l’assurance comme du sport, de la littérature ou du cinéma… Il semble ainsi gérer l’entreprise comme une maison de la culture où la rigueur se fusionne à la passion et au plaisir.
C’est dans la nouvelle aile du siège de la COMAR qu’il nous reçoit. Nous sommes continuellement interrompus par des appels qu’on lui passe… et pour cause ! Car la règle pour M. Ben Jemiâa est d’être invariablement disponible pour ses collaborateurs et autres vis-à-vis. Chacun peut pousser sa porte à n’importe quel moment, chacun peut l’appeler… ‘’C’est de la sorte que nous fonctionnons ; une famille dont les membres sont toujours disponibles les uns pour les autres’’, insiste-t-il. Plus qu’un style de management, c’est une inclinaison personnelle à la communication.
‘’Les agents peuvent pousser ma porte à tout moment et nous résolvons tout ensemble. C’est cet esprit de famille qui nous amenés à développer ensemble des hobbies : le Marathon de la COMAR qui dure depuis 24 ans et les COMAR d’Or que nous organisons depuis 15 ans… Nous avons une fierté en cet esprit d’appartenance à l’entreprise. Tout n’est pas mécaniquement économique. J’aime communiquer, transmettre mes passions’’, souligne M. Ben Jemiâa.


‘’Je suis tombé amoureux des assurances !’’
Né en 1943 à Djerba, il est venu à 3 ans à la Marsa où il reçoit son enseignement primaire puis c’est le secondaire à la Alaouia et au Lycée Carnot (il passe 2 Bacs) pour enfin entamer une maîtrise de Français en Fac de Lettres. Mais, passionné de cinéma, il voulait aller à Paris à l’IDEC pour de hautes études cinéma. Pourtant, les destinées lui réservaient autre chose…
La STAR, la plus grande compagnie d’assurances d’alors, recrutait en 1965. Il s’est tout de suite engagé mais seulement pour travailler quelques années et aller à Paris par ses propres moyens car il ne lui avait pas été possible de décrocher une bourse. Mais les destinées tenaient bon et c’est la STAR elle-même qui l’envoya à Paris pour l’Ecole nationale d’assurance.
Coup de théâtre ! ‘’Dès les premiers cours, je suis tombé amoureux de l’assurance. J’y ai vu une autre dimension sous la houlette de prestigieux professeurs comme Jean Fourastier (auteur d’une ‘’Histoire 20ème siècle’’). Je me suis ainsi approprié l’assurance à partir de ses fondamentaux, une richesse de plusieurs métiers…’’, se rappelle-t-il.
Plus tard, responsable département risque entreprise, il a essayé de développer cette nouvelle vision de l’assurance, ne pas se limiter à la garantie de base mais aussi ouvrir des perspectives aux risques annexes, transfert des risques, management du risque, audit du risque… Mais développer tout cela, en plus d’une certaine éthique et du devoir d’aider l’assuré à agir sur le risque, n’était pas du tout évident. Tout était à faire !


Partager le travail… !
Sa carrière prend un autre tournant : ‘’Après 10 ans, j’ai été appelé en qualité de directeur technique pour aider à faire de la COMAR une compagnie qui ferait la différence. Je suis allé encore plus loin que mes attributions de base en essayent de briser les frontières de cette responsabilité pour lui donner une dimension technico-commerciale.’’
Les idées se bousculent dans sa tête : ‘’Il faut aimer ce que l’on fait. Tout est possible à partir de là. Ne pas se limiter à ce qui se faisait, s’adapter à la richesse de l’environnement. On ne peut être gestionnaire et développeur. Il faut constituer une équipe de développeurs. J’ai formé, transmis ce que je connais. Cela à beaucoup aidé.’’
Partager le travail, telle est la recette magique de M. Ben Jemiâa. Il impose le concept que l’agent général doit être fondamentalement en contact direct ave le client. C’est donc aussi de réseau dont il est question avec l’impératif de s’entourer de gens qui vont sur le terrain. ‘’Je ne me suis pas suffi à les recruter sur la seule base de leur entregent. Nous ne voulions pas des ‘’opportunistes’’ mais des professionnels car la Tunisie évoluait et le Tunisien (le client) allait être cultivé, aurait voyagé à l’étranger… C’est un niveau auquel on ne pouvait monter qu’en recrutant des jeunes auxquels on apprenait la richesse du métier et sa complexité. C’est l’une de nos réussites : bâtir un réseau avec des agents dont le niveau d’éducation se plaçait à un minimum de maîtrise (avec quelques bac + 2) mais qui devaient aussi avoir la passion du métier’’, retrace-t-il.
Prudent, il ne s’engagea pas aussitôt dans l’ouverture d’agences mais développa un statut intermédiaire ; celui d’agent stagiaire qu’on accompagne, auquel on fait profiter de la logistique… A partir de là, après le temps qu’il fallait, ils ouvraient agences. Maintenant ils sont une certaine à faire la fierté de M. Ben Jemiâa…
Selon M. Ben Jemiâa, il faudrait retenir quelques points pour faire évoluer l’assurance en Tunisie.


L’avenir des assurances et des conseils pour les jeunes !
D’abord développer assurance-vie. Cette branche compte pour la moitié du chiffre d’affaires des compagnies en Europe alors qu’elle ne fait que 10% en Tunisie. Comment ? Il faut comprendre que nous allons être confrontés à la même situation que les Européens : le trou de la sécurité sociale causé par l’évolution de . leur solution a été d’encourager l’assurance-vie et l’assurance-retraite. Fondées sur le principe de la capitalisation, elles permettent également d’équilibres les branches déficitaires.
Pour le reste, il faut impérativement encourager le professionnalisme au sein des compagnies et entamer la mise à niveau des agents généraux. Ceci en plus de développer tout ce qui n’est pas connu : savons-nous, par exemple, que moins de 5% de nos maisons sont assurées multirisque ? Il faut également faire face au problème qu’une grande majorité du réseau vend l’assurance obligatoire et ne s’investit pas assez dans la règle de parler au client.
Nous demandons également à notre interlocuteur quelques conseils pour les jeunes. C’est simple à son avis :
--Aimer manager des hommes, motiver, créer un esprit, une culture
--Aimer le contact, convaincre
--Avoir la passion de son métier.


* Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn


** Bio express
■ 1943 : Naissance à Djerba
■ 1965 : Entrée à la STAR
■ 1967 : Dirige le département Risque entreprise
■ 1968 : Vit Mai ’68 à Paris
■ 1977 : Directeur technique COMAR
■ 1980 : Naissance de son fils
■ 1986 : Création du Marathon international COMAR
■ 1997 : Création des COMAR @ d’Or




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com