Ordre National des Avocats: Luttes fratricides sur fond d’enjeux électoraux





Les dissensions reprennent de plus belle au sein du Conseil de l’Ordre des Avocats à l’approche des élections des instances dirigeantes de cette structure professionnelle. 
La réunion du Conseil de l’Ordre National  des Avocats tenue vendredi dernier n’a pas été de tout repos pour le bâtonnier, Me Béchir Essid. Et pour cause : des accusations de mauvaises gestion des finances du Conseil de l’Ordre ont de nouveau pesé sur Me Essid. De nombreux membres du conseil ont ouvertement accusé le bâtonnier d’avoir «dilapidé les ressources du Conseil de l’Ordre dans des dépenses faramineuses comme des dizaines de voyages à l’étranger ou encore l’achat d’une voiture dont le prix avoisine les 50 mille dinars». Ces accusations sont   alimentées par le report de la présentation du rapport financier de la Caisse de retraite des avocats à la dernière Assemblée annuelle.


Mesures
Autre accusation adressée par la majorité des membres du  Conseil de l’Ordre au Bâtonnier : l’attachement de Me Essid à imposer la candidature de l’un de ses proches pour représenter  la profession au sein du Conseil économique et social (CES), en l’occurrence Me Samir Ebdelli. Les adversaires du bâtonnier ont tenu  à présenter la candidature de Me Imed Cheïkh El Arbi, membre du conseil de l’Ordre,  à ce poste. Et ce fut la goutte qui a fait déborder le vase et contraint le bâtonnier à boycotter la réunion.
Suite au retrait du bâtonnier  la réunion s’est poursuivie sous la présidence de Me Hédi Triki, secrétaire général du Conseil de l’Ordre. Il a été décidé par la suite la vente aux enchères de la voiture mise à la disposition du bâtonnier et de limiter le champ d’action du bâtonnier en ce qui concerne la gestion financière et administrative. Me Essid pourrait être, de ce fait, interdit de procéder à tout retrait de somme d’argent des comptes du Conseil de l’Ordre et de recevoir directement le courrier adressé au Conseil de l’Ordre.


Auto-disculpation
Dans un communiqué publié lundi, Me Essid a tenu à préciser que son retrait est motivé par la violence verbale dont il a fait l’objet et estimé que toutes les décisions prises en son absence sont caduques. «Ce qui s’est passé vendredi dernier  est un fait sans précédent dans l’histoire du Conseil de  l’Ordre des Avocats. Un fait d’autant plus grave que les accusations qui m’ont été adressées  sont fallacieuses», a-t-il notamment indiqué. Et de renchérir : «Les agissements de  mes  détracteurs  visent à mettre les bâtons dans les roues des réformes de la profession et à ternir l’image du bâtonnier pour des raisons électoralistes». Le bâtonnier, dont le mandat expire en juillet 2010, a également mentionné que le règlement interne du Conseil de l’Ordre stipule que seul le bâtonnier peut présider une réunion et dénoncé «une nouvelle tentative de porter atteinte à l’unité de la profession».


* W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com