France: L’argent des sondages embarrasse l’Elysée





Le Quotidien-Agences
Les députés PS demandent une commission d’enquête sur une pratique sensible et coûteuse, celle des sondages.
L’affaire a éclaté le 16 juillet lorsque la Cour des comptes, dans un rapport, s’étonne du contenu très succinct du contrat entre l’Élysée et des cabinets de communication.
Selon ce rapport, des études, parfois reprises par LCI ou Le Figaro, sont commandées sans mise en concurrence. Les socialistes demandent, aussitôt, une commission d’enquête.
Enfonçant le clou, Christian Frémont, directeur de cabinet du président de la République, révèle que les sondages (Publifact, OpinionWay, Giacometti, Ipsos) ont coûté 3,28 millions d’euros en 2008 et 1,98 million en 2009.
C’était la révélation du trop, président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, vient de donner, avant hier, son feu vert à la commission d’enquête. La commission des Lois va pouvoir examiner «l’opportunité» ou non de cette commission d’enquête.


Les reproches du PS
La commission d’enquête qui fait suite à la roquette des Socialistes devra statuer sur le  montant des sommes et  la volonté «de manipuler l’opinion».
Selon Jean-Marc Ayrault, député socialiste le gouvernement et travers lui l’UPM teste avec l’argent du contribuable, les thèmes qui auraient le meilleur impact politique. Il appelle, par ailleurs la commission à enquêter sur le «non-respect des règles des marchés publics» ainsi que sur les rapports de l’Élysée «avec certains médias».
Des accusations que l’Élysée réfute. Selon son porte-parole tous les présidents l’ont fait. «c’est un comble de nous le reprocher, alors que nous faisons oeuvre de transparence», a-t-il indiqué hier
Cela étant le débat est lancé. Jean-François Copé (UMP) a indiqué hier être «profondément opposé». François Sauvadet (Nouveau Centre) parle «d’inquisition de la part de la gauche». La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, et l’Élysée font état de «problèmes institutionnels». Pour eux, le pouvoir de contrôle du Parlement s’exerce sur l’action du gouvernement, pas sur celle de la présidence.


Sarkozy victime de ses propres volontés
Rappelant que la présidence fait bien partie de l’exécutif, des députés de l’UPM ironisent : «Alors, il faudrait arrêter tout rapport sur les comptes de l’Élysée !» François Goulard (UMP, villepiniste) plaide le bon sens : «Refuser une commission d’enquête, ce serait une sorte d’aveu qu’il y a quelque chose à cacher. Puisqu’on prône la transparence, allons jusqu’au bout».
Boomerang constitutionnel. La réforme constitutionnelle a donné des droits nouveaux à l’opposition. Dont un «droit de tirage» qui lui permet de déclencher une commission d’enquête, une fois par session, sauf opposition des 3/5 des députés.
Nicolas Sarkozy est donc victime, sur un sujet sensible, du renforcement du Parlement qu’il a lui-même voulu.
Interdire cette commission d’enquête remettrait en cause l’esprit même de la Constitution réformée. Pour Bernard Accoyer, dont la rigueur est saluée par les Socialistes, ce serait «priver l’initiative parlementaire de tout sens».




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com