Irak : Les élections, indispensables à la «réconciliation nationale»





Le Quotidien-Agences
Les élections législatives en Irak, qui devraient se tenir le 18 janvier, sont indispensables à la «réconciliation nationale» mais leur organisation dans un temps si court représente une «tâche herculéenne», a affirmé hier le responsable de l’ONU Ad Melkert.
«Ces élections joueront un rôle majeur pour assurer que l’Irak progresse dans sa réconciliation nationale, le développement et la reconstruction, le développement politique et le retour d’une vie normale», a affirmé le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Irak lors d’une conférence de presse à Bagdad.
Le pays a sombré en 2006 et 2007 dans des massacres interconfessionnels entre chiîtes et sunnites qui ont fait des dizaines de milliers morts.
Melkert a félicité les députés irakiens pour leur adoption dimanche, après des semaines de tractations, d’une loi sur les règles des législatives, les deuxièmes depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.
Les négociations au Parlement furent «un long processus de discussion mais de grande valeur au terme duquel les membres du Parlement ont voté une loi avec une majorité claire», a expliqué Melkert, reconnaissant que l’ONU avait joué un «intense» rôle d’intermédiaire.
Il a estimé que la solution trouvée pour la ville de Kirkouk, principale pomme de discorde entre parlementaires kurdes, arabes et turcomans, est un «bon résultat compte tenu des discussion compliquées».
Arabes et Turcomans affirment que les Kurdes sont venus en masse depuis 2003 pour modifier le rapport démographique et, craignent-ils, changer ainsi le rapport de force lors des élections.
Les Kurdes assurent de leur côté qu’ils n’ont fait que revenir après en avoir été chassés par Saddam Hussein, et souhaitent que les listes électorales correspondent à la démographie actuelle.
Mais le chef de l’ONU, qui apportera un soutien technique à la commission électorale irakienne, a prévenu que l’organisation du vote serait difficile en raison du peu de temps restant.
«Maintenant, il reste moins de dix semaines pour organiser ces élections ce qui représente une tâche herculéenne», a-t-il prévenu.
«Je me dois d’insister sur le fait qu’il s’agit d’un délai très très court. Toutefois, si nous avions pensé qu’il était impossible d’organiser des élections, nous l’aurions fait savoir», a-t-il ajouté.


Confusion de dates
Les élections, annoncées dans un premier temps pour le 21 janvier, pourraient désormais se tenir le 18 janvier en raison d’une fête religieuse chiîte.
«Nous avions proposé la date du 21 (janvier) mais la décision appartient au Conseil présidentiel et nous avons appris d’eux oralement que ce sera le 18», a dit lors de la conférence de presse le chef de la commission Faraj Al-Haïdari.
Selon la Constitution, le Conseil présidentiel doit annoncer officiellement la date des élections au plus tard 60 jours avant la tenue du scrutin.
«La commission électorale encourage les observateurs internationaux, les organisations locales et les partis politiques à venir surveiller les élections afin que le scrutin soit libre et transparent», a insisté Haïdari.
Selon la commission, 25.000 bureaux de vote seront établis dans le pays et 296 entités politiques se sont pour l’heure enregistrées.
Elle a par ailleurs souligné qu’elle avait demandé au ministère des Finances une enveloppe de 170 millions de dollars pour organiser les élections.


** Un quotidien britannique condamné pour diffamation envers Al-Maliki


Le quotidien britannique The Guardian a annoncé hier avoir été condamné par un tribunal irakien à verser une indemnisation au Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, pour l’avoir «diffamé» en dénonçant son caractère autocratique.
Un tribunal irakien a statué sur une plainte en diffamation contre le Premier ministre déposée par ses services de renseignement et a ordonné au Guardian de lui verser 100 millions de dinars (58.000 euros) à la suite d’un article écrit par un journaliste irakien et publié en avril dernier, a indiqué le quotidien.
L’article citait des membres des services de renseignements irakiens non indentifiés qui affirmaient que le Premier ministre était en train de gouverner l’Irak de façon autoritaire.
«Je suis très préoccupé de ce que j’apprends sur la décision du tribunal aujourd’hui. La liberté d’expression est vitale dans toute démocratie», a indiqué au Guardian le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband.
Le quotidien a indiqué qu’il ferait appel de la décision qu’il a qualifié de nouveau coup porté contre la liberté de la presse en Irak.
«C’est consternant. Le Premier ministre Maliki est en train d’essayer de construire un Irak nouveau, libre. La liberté signifie bien peu sans la liberté d’expression, et signifie encore moins si le chef de l’Etat tente d’utiliser la loi sur la diffamation pour condamner toute critique ou opposition», a affirmé son rédacteur en chef, Alan Rusbridger.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com