Afghanistan:L’ambassadeur U.S opposé à une augmentation des troupes





Le Quotidien Agences
L’ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul  est vivement opposé à l’envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires dans le pays.
Karl Eikenberry a démissionné de l’armée pour devenir ambassadeur, et il est une voix importante parmi ceux qui conseillent le président Barack Obama sur l’Afghanistan. Il avait commandé les forces américaines en Afghanistan pendant deux ans, avant de partir pour Bruxelles et un poste de numéro deux du comité militaire de l’OTAN en 2007.
Selon un haut responsable du gouvernement américain s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, Eikenberry a envoyé plusieurs télégrammes diplomatiques la semaine dernière, s’interrogeant sur l’opportunité de renforcer la présence militaire américaine sur le terrain alors que la situation politique afghane est si instable et que tant d’incertitudes entourent le président Hamid Karzaï et sa bonne volonté à procéder aux réformes qu’on attend de lui.
Une inquiétude à nouveau exprimée hier par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Rodham Clinton, qui a évoqué «la corruption, l’absence de transparence, la mauvaise gouvernance et l’absence d’Etat de droit» en Afghanistan. «Nous attendons du président Karzaï qu’il agisse pour démontrer (...) que son second mandat répondra à des besoins si manifestes».


En attendant  la décision d’Obama
Ces objections d’Eikenberry interviennent alors que l’annonce de la décision d’Obama sur la révision stratégique américaine en Afghanistan semble se rapprocher.
Un nouveau conseil de guerre sur le sujet entre le président et ses conseillers à la sécurité s’est tenu mercredi, qui aurait du être le dernier. Selon un des participants, Barack Obama a rejeté les quatre options qui lui ont été présentées par les planificateurs militaires et a réclamé des révision et modifications.
Alors que la guerre d’Afghanistan est entrée dans sa neuvième année, le général Stanley McChrystal, commandant sur le terrain, a pour sa part exprimé le souhait d’obtenir des renforts de 40.000 hommes.
Barack Obama pourrait annoncer sa nouvelle stratégie pour l’Afghanistan d’ici peu, après son retour à Washington à l’issue de sa première tournée en Asie qui s’achève le 19 novembre.
Si la Maison Blanche évoque encore officiellement des semaines avant cette annonce, le général David Petraeus, chef de l’U.S. Central Command a en revanche affirmé mercredi, avant d’entrer en réunion pour ce conseil de guerre, que l’heure de la décision approchait.



** Corruption: Kaboul renvoie la balle



L’Afghanistan a réitéré hier sa volonté de lutter contre la corruption, comme l’y incite fortement la communauté internationale, tout en appelant cette dernière à mieux contrôler la manière dont l’aide internationale est dépensée dans le pays.
Ces derniers jours, des capitales occidentales, Washington en tête, ont multiplié les appels au président Hamid Karzaï, réélu à l’issu d’un scrutin marqué par des fraudes massives, pour que le prochain gouvernement s’attaque à la corruption endémique dans le pays, à tous les niveaux.
«Nous nous sommes engagés à lutter contre la corruption alors même que nous préparons la composition du nouveau gouvernement.
Nous sommes sérieux dans cet engagement vis à vis de la communauté internationale», a déclaré jeudi un porte-parole de la présidence, Siamak Herawi.
«Mais en même temps, nous voulons que la communauté internationale fasse davantage pour éliminer la corruption qu’elle génère à travers l’aide qu’elle verse. Elle doit éliminer la corruption qui existe dans les systèmes actuels de contrats», a-t-il ajouté.
«La corruption entraînée par l’aide internationale affecte l’Afghanistan, le peuple afghan et l’administration afghane», a-t-il souligné.
Le porte-parole a aussi appelé à l’accélération de la formation des forces de sécurité afghanes, alors que le président américain Barack Obama examine différentes options pour l’envoi de renforts en Afghanistan.«Nous soutiendrons la décision qui sera prise par le président Barack Obama, quelle qu’elle soit».
«Au-delà des renforts américains, nous souhaitons une attention accrue sur l’entraînement et l’équipement des forces afghanes sur le long terme afin qu’elles soient capables d’être autonomes», a expliqué Siamak Herawi.
Le porte-parole a également réagi aux informations parues dans le Washington Post et le New York Times selon lesquelles l’ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenberry, avait fait part à Obama de sa réticence au déploiement de renforts sans la preuve que le gouvernement afghan était capable de juguler la corruption, qualifiant le comportement du président Karzaï d’«erratique».



** L’OTAN favroable à un transfert de la sécurité aux troupes afghanes


Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a plaidé hier pour que l’Alliance commence à transférer l’année prochaine la responsabilité de la sécurité aux troupes afghanes dans les zones où les conditions le permettent.
Il s’exprimait dans un communiqué diffusé à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Les deux hommes se sont mis d’accord sur la nécessité d’avancer vers un transfert de la sécurité. Pour le locataire du 10 Downing Street, il pourrait avoir lieu dès juin prochain dans la province instable de Helmand.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com