Profession: dénigreurs





Chasser le naturel, il revient au galop. Cette sagesse de Destouches s’applique parfaitement bien au cas de Khémaïs Chammari, figure emblématique de la «bande des quatre» agissant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Tunisie.
Après avoir appelé, vainement, sur les colonnes du journal Le Monde au boycott des élections présidentielle et législatives d’octobre dernier, il récidive pour oser, sans aucun scrupule moral ou politique, mettre en doute l’opération électorale et le processus démocratique et multipartiste initié par le pays.
Cet ancien de l’«opposition de décor» signe et persiste pour ne regarder ce qui se fait et se construit en Tunisie que sous le prisme franchement déformateur et dangereux du nihilisme et du négationnisme. C’est son unique manière de se donner une visibilité.
Après sa tentative infructueuse qui ne lui a pas permis de tirer le moindre avantage politique, Khemaïs Chammari se lance, en toute cohérence avec sa logique d’homme politiquement fini, depuis son mariage illégitime avec les Islamistes, dans un réquisitoire de la vie politique dans le pays. Cette attitude qui est d’ailleurs celle de tous ceux qui appartiennent à la même mouvance d’extrémisme gauchiste, s’explique aussi par leur origine intellectuelle marginale. Dès qu’ils commencent à sortir de leur marginalité, ils sont pris par la tentation populiste. La volonté de devenir populaire engendre souvent une régression intellectuelle amenant parfois à des attitudes ridicules et surprenantes - y compris et surtout pour les gens du peuple avec qui on veut faire la « jonction ».
Rappelons aussi que, Khemaïs Chammari et Cie se trouvent rongés par le phénomène des rentiers. Le propre des rentiers, c’est qu’ils se complaisent dans le statu quo, ils résistent au changement tout en affirmant le contraire. Leur attitude négative par rapport aux élections présidentielle et législatives donne la mesure objective de ce comportement pathologique. S’opposer au pouvoir, n’a jamais été une situation de confort. Les voyages, les réceptions dans les chancelleries, les séjours dans les hôtels luxueux, le vedettariat, l’accès aux médias, les prises en charge constituent la nouvelle version du militantisme «made in extrême gauche».
En effet, Khemaïs Chammari continue de briller dans l’art d’esquiver la question des conditions fondamentales d’une impulsion salvatrice de l’opposition démocratique que les démocrates réellement engagés dans le combat démocratique connaissent assez bien, à savoir la nécessité de conjuguer une problématique des objectifs et des programmes avec une problématique des moyens et des initiatives pour contribuer au renforcement du processus démocratique. La lutte pour la démocratie est étroitement liée à un réel effort de rénovation du discours politique de l’opposition qui coupe avec la sempiternelle répétition des positions dominées soit par une surenchère étrangère aux préoccupations des citoyens soit par un radicalisme verbal.
Le sentiment qui règne aujourd’hui chez l’opinion publique et l’intelligentsia est que le pire des maux auxquels l’opposition made in Khemaïs Chammari et Cie ait été confrontée est de n’avoir pas compris que la vocation profonde de l’opposition, dû-t-elle s’inscrire dans la durée, n’est pas de confondre radicalité et opposition. C’est la seule manière de s’inscrire dans le sens des aspirations des citoyens, qui ont misé sur Ben Ali et qui refusent de céder aux sirènes du nihilisme. N’en déplaise à Khemaïs Chammari et Cie, le consensus autour de la personne du Président Ben Ali, se consolide d’autant plus que le processus démocratique qu’il a engagé a été de tous les combats contre le fanatisme, la régression et le terrorisme. Le bilan des acquis à ce niveau parle de lui-même et aucun mensonge, aucune imposture ne sauraient faire taire l’objectivité des faits.
Le nouveau départ pour le processus de réformes que le Président Ben Ali a déjà engagé depuis le 7 Novembre 1987 et auquel le Programme électoral «Ensemble, relevons les défis» donnera certainement un nouvel élan, n’est évidemment pas l’objectif ni de Khemaïs Chammari ni de ses amis extrémistes et gauchistes qui font l’impasse sur cette donné incontournable et qui, au lieu de promouvoir la démocratie comme le leur demandent les forces vives du pays, cherchent, à la torpiller par tous les moyens. Font chorus autour d’eux tous les partisans du statu quo et de la régression, pêcheurs en eau trouble d’une immobilité qui les arrange. Y prêtent, également, main forte les islamistes qui, tout en s’opposant au processus démocratique auquel ils rêvent de substituer une théocratie.
Malgré le discours monocorde et monotone de Khemaïs Chammari, les Tunisiens sont déterminés à garder le regard tourné vers l’avenir, pétris des idées les plus créatrices de la modernité, fiers des acquis et des réalisations, riches de leur potentiel d’imagination, forts de leurs aspirations à l’affirmation de soi, à la participation, à l’égalité, à la solidarité et à la démocratie sociale et politique.


* T.M.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com