Russie: Medvedev prône une modernisation en profondeur





Le Quotidien-Agences
Le Président russe a prôné hier une «modernisation» en profondeur de la Russie, sur des bases démocratiques, tout en mettant en garde contre toute tentative de «déstabiliser» le pays.
«Au 21e siècle, notre pays a besoin d’une modernisation de fond en comble. Ce sera une première dans notre histoire, qui sera basée sur les valeurs et les institutions de la démocratie», a-t-il déclaré dans un discours à la Nation, le deuxième depuis son élection en mars 2008.
Mais «renforcer la démocratie ne signifie pas affaiblir l’ordre public», s’est-il empressé d’ajouter, en promettant de «couper court à toute tentative de déséquilibrer la situation, déstabliser l’Etat».
Ce message semble s’adresser aux mouvements d’opposition, dont les manifestations sont fréquemment interdites ou réprimées par les forces de l’ordre, alors que la Russie est régulièrement critiquée par les organisations de droits de l’Homme pour ses atteintes à la démocratie.
Le chef de l’Etat s’en est pris en particulier aux méga-entreprises publiques, apparues pour la plupart sous la présidence de Vladimir Poutine, exigeant à terme la liquidation ou la transformation en sociétés par actions de ces géants «sans avenir», dans des secteurs comme l’armement ou l’énergie atomique.
«A la place d’une économie reposant sur les matières premières, nous allons créer une économie qui produit de nouvelles technologies, utiles aux gens», a-t-il dit en suggérant la création d’une «Silicon Valley russe» pour les industries de pointe.
«Le prestige de la patrie et le bien-être national ne peuvent reposer indéfiniment sur les réalisations du passé», a-t-il déclaré en citant le complexe pétrolier et gazier et les infrastructures industrielles datant de la période soviétique.
La Russie a été empêchée de lutter efficacement contre la crise en raison de sa dépendance à l’exportation de matières premières, dont les cours se sont effondrés, a-t-il ajouté dans ce discours de 1h40.


Poursuivre le plan anticrise
Medvedev a toutefois adressé un satisfecit au gouvernement dans la gestion de la crise, l’encourageant à «poursuivre le plan anticrise et être prêt à prendre des mesures complémentaires».
Répétant inlassablement le mot «modernisation», il a développé des idées avancées dans un récent article dans lequel il s’était livré à une critique virulente de son pays et qui avait alors été perçu comme une critique voilée de Vladimir Poutine, son prédécesseur et puissant Premier ministre.
Plus mesuré cette fois dans le ton, il a appelé à «lutter tous azimut contre la corruption», notamment dans la police et la justice. Mais on ne peut pas régler le problème «uniquement par des arrestations», a-t-il dit, alors que Poutine prône des mesures répressives accrues en la matière.
En terme de popularité, le président est derrière le Premier ministre et semble beaucoup moins influent. Selon un récent sondage du magazine Forbes, M. Poutine figure à la troisième place des personnalités les plus puissantes du monde, derrière le président américain, Barack Obama, et son homologue chinois, Hu Jintao, tandis que Medvedev arrive au 43e rang.
Ces derniers temps, M. Medvedev «cherche à devenir un homme politique plus indépendant (...) et à sortir de l’ombre de son prédécesseur», a estimé le directeur de l’Institut d’évaluations stratégiques, Alexandre Konovalov.
Le président a aussi promis de «lutter sans merci contre le terrorisme international» et d’«exterminer les bandits», dans une allusion à la région très instable du Caucase russe, «le plus grand problème de politique intérieure».




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com