Gynécologie obstétrique:Jasmine ajuste-t-elle le poids ?





Tunis — Le Quotidien
Sur le marché : une panoplie de pilules de contraception. Il y a les bonnes et les moins bonnes. Jasmine vient de faire son entrée tunisienne. Eclairage .
Le dernier né en la matière des Laboratoires Bayer, c’est Jasmine, une petite gélule de contraception, distribuée depuis 2000 en Allemagne. Deux ans après, elle a commencé à circuler dans l’Hexagone et il lui a fallu 7 ans pour qu’elle atterrisse au pays de Didon. Autour de cette pilule, s’est tenu à l’hôtel Sheraton (du 12 au 14 novembre 2009) le XIXe Congrès national de gynécologie obstétrique. A part la promotion du produit allemand, les spécialistes ont profité de l’occasion pour parler d’un tas de pépins concernant la santé du couple, la vie des femmes et des hommes. Le grand hall de l’hôtel s’est transformé, le temps de cette rencontre de trois jours, en une sorte de foire. A chacun son stand et son produit à promouvoir. Si ce n’est pas une composition chimique, c’est une machine de chirurgie de technologie de pointe à proposer aux spécialistes. Les représentants de plusieurs laboratoires pharmaceutiques du monde n’ont pas raté le rendez-vous. On parle de pas moins de 400 personnes spécialistes présentes au congrès. Lors des conférences données, il a été relevé un tas d’éléments gynécologiques (sur le dépistage du cancer du sein, sur sa prise en charge, sur l’exploration de l’infertilité masculine, l’aide médicale à la procréation…), mais le problème de l’impuissance n’a pas été le thème de ces journées. «Pour nous, il est important de savoir si ces produits sont adaptables ou non à nos femmes qui vivent dans un climat différent de celui de l’Europe, s’il convient ou non à leur constitution physique ?», a dit au Quotidien un participant mauritanien au congrès de Tunis. Aux côtés de nos médecins et chercheurs, il y a eu des Algériens, Mauritaniens et Français. Au total, près de 400 spécialistes sensibles aux affaires de la contraception, de ses bienfaits et méfaits. A chacun son expérience, son diagnostic et son argumentation autour de toutes sortes de pilules et ils ont l’espoir de voir la pilule allemande qu’on a appelée la pilule de demain se distinguer. On parle de sa singularité dans la diminution du poids et c’est pour cette raison qu’elle est appréciée et en train de gagner du terrain. Marchera-t-elle ou non dans notre pays, c’est la question à poser, mais après l’avoir testée…


* Z.A



Béchir Zouaoui (gynécologue): «Peu importe, un suivi médical s’impose naturellement»


Au terme du congrès, le professeur a mis une petite lanterne sur la question de la contraception. Ecoutons-le.


Etes vous convaincu de Jasmine ?
Pour le moment, oui. On dit que cette pilule est la moins dosée et aucun effet indésirable n’a été enregistré. Quant à la prise de poids, si la femme n’est pas génétiquement disposée à l’obésité (notamment héréditaire), il n’y a aucun risque.
Pas la peine donc de se surveiller !
Non. Il est toujours bon de surveiller son poids. Les autres pilules, d’après nos tests, ont toujours donné du gonflement et une rétention d’eau dans les tissus. Mais l’effet de Jasmine est loin de donner une prise de poids considérable. Elle est dosée tellement faiblement en estrogène que le risque est réduit. Le progestatif empêche toute rétention d’eau.
Y a-t-il risque de cancer ? Surtout du sein !
Si la personne est thromboembolique, elle est sujette à controverse et il est obligatoire de la surveiller.
Quand peut-on se mettre à la pilule ?
Dès l’adolescence et jusqu’à même 45 ans.
Quels sont les effets indésirables de la pilule en général ?
Il existe des effets mineurs. Comme la céphalée, la prise de poids. Un suivi suffit. Je veux dire un suivi  clinique, médical, biologique et régulier. Il faut tenir compte des problèmes de diabète, de cholestérol… 
Et pour les effets bénéfiques ?
Il y a tout d’abord la régularisation du cycle. Puis la diminution du flux mensuel et, par conséquent, la réduction de la fréquence des anémies, de la dysménorrhée (douleur au moment des règles), de la fréquence des kystes de l’ovaire et bien sûr des grossesses non désirées avec leur lot de conséquences parfois dramatiques (surtout sociales).


* Propos recueillis par Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com