Crise: Qu’avons-nous hérité de 2009





L’Observatoire de la conjoncture économique vient de tirer ses conclusions définitives sur ce que nous a coûté la terrible année 2009. Et il y a une surprise !
Qui croire ? Les grandes institutions internationales qui disent que 2010 marque une reprise sans ambiguïté ? Ou les analystes, comme le Prix Nobel Joseph Stiglitz, qui affirment sue nous devons attendre 2011, voire 2012, pour constater quelque brio dans l’économie internationale ?
Selon la veille stratégique de l’Observatoire de la conjoncture économique, l’économie mondiale a récemment montré des signes de stabilisation et la contraction significative de l’activité économique semble arriver à son terme, laissant place à une période de reprise progressive, notamment dans les principaux pays émergents (dont la Tunisie).


Chassez l’exogène,il revient au galop
Economie ouverte, la Tunisie est naturellement influencée par les sacro-saints facteurs exogènes. Quel soupir de soulagement, donc, quand on apprend que la croissance est redevenue positive à partir du deuxième trimestre 2009 et que le commerce international des biens s’est beaucoup moins contracté, tiré principalement par les importations des pays émergents.
Un autre point particulièrement significatif : Les taux d’inflation demeurent faibles à l’échelle mondiale ! Et ce ci pour de nombreuses raisons :
--effets de base liés aux prix élevés des matières premières en 2008
--importantes marges de capacités de production inutilisées
--incidence croissante des mesures de politiques monétaire et budgétaire
--atténuation du déstockage
--amélioration de la confiance des consommateurs et des entreprises.
Tout ceci a tiré la croissance vers le haut. Le PIB des Etats-Unis et celui de la zone euro, par exemple, ont augmenté respectivement de 0,9% et de 0,4% en variations trimestrielles. Toutefois, le niveau élevé du chômage, la poursuite de la détérioration de l’investissement et l’endettement encore important des entreprises et des ménages laissent présager que la cadence de la reprise devrait rester modeste encore quelques temps.


Surprise : brio de l’industrie et ‘’pause’’ de l’inflation
Premier point à retenir : Contrairement de ce que certains pourraient penser, l’économie nationale semble retrouver des taux de croissance relativement soutenus à partir du deuxième trimestre 2009, profitant de cette conjoncture mondiale moins défavorable que nous venons de décrire. La valeur ajoutée non-agricole aurait augmenté, au troisième trimestre 2009, de 2,8% en glissement annuel, contre 1,2% au début de l’année. Ainsi, et compte tenu des effets favorables de la campagne agricole, le PIB aurait progressé de 3,1% au cours du troisième trimestre, après 2,5% et 1,6% réalisés respectivement au premier et deuxième trimestre.
Second point : Après quatre trimestres consécutifs de contraction, l’indice de confiance des chefs d’entreprise s’est redressé au cours du deuxième et du troisième trimestre. Cette reprise de l’indice résulte d’une meilleure perception des industriels nationaux par rapport à l’évolution de leur environnement extérieur direct et la demande étrangère. Toutefois, ce rebond de l’indicateur ne traduit pas forcément un franc rétablissement de l’activité puisque le niveau de l’indice atteint au troisième trimestre (94,5 points) reste encore au dessous de sa moyenne de long terme (100 points).
Troisième point : La poussée inflationniste qui a porté le glissement annuel des prix à la consommation de 3% au début de l’année à plus de 4% à la fin de l’été s’est depuis stabilisée. Ces pressions étaient essentiellement dues aux composantes alimentaires et à certains tarifs administrés. L’indice des prix expurgé de ces éléments a connu un repli de son rythme de croissance annuel dénotant une modération des pressions sous-jacentes qui devraient se matérialiser par une pause dans le processus inflationniste à venir.
Le scénario de modération est d’autre part soutenu par la déflation en cours, depuis cet été, au niveau des prix manufacturiers à la production. Ce mouvement serait largement dû à la baisse des prix à l’importation, conjugué à un comportement de marge des producteurs soucieux de préserver leur compétitivité – prix.
Sur l’ensemble de l’exercice en cours, l’inflation annuelle devrait s’afficher à 3,7% en 2009. L’inflation héritée en 2010 serait alors de 2,5%.


* Manoubi AKROUT


A quoi sert l’Observatoire de la conjoncture économique ?


Avec l’ouverture progressive et accrue de l’économie tunisienne dans un contexte de mondialisation marqué par des fluctuations conjoncturelles importantes, les études et analyses de la conjoncture économique constituent un support indiscutable pour la conduite des politiques économiques. L’intérêt d’appréhender les évolutions récentes d’établir les estimations pour une période courante et d’élaborer les prévisions pour le futur proche ont conduit à la création de l’Observatoire de la conjoncture économique qui a les prérogatives suivantes:
-- Rassembler les statistiques relatives à la situation de l’économie nationale dans le court terme et en assurer le suivi permanent,
-- Analyser les informations et les indicateurs conjoncturels sur l’évolution de l’économie à partir des données émanant aussi bien de l’Institut National de la Statistique que des structures statistiques des différents ministères et entreprises publiques,
-- Améliorer les indicateurs de conjoncture disponibles et veiller à en développer de nouveaux tels que les indicateurs synthétiques et les indicateurs avancés (en particulier l’indicateur de retournement de conjoncture),
-- Elaborer des prévisions de court terme sur l’évolution conjoncturelle de l’économie et mettre en place les approches et l’instrumentation technique appropriées aux travaux de prévision de court terme et, également, d’évaluation de l’impact des changements de la conjoncture internationale et ses répercussions sur l’économie,
-- Constituer une banque de données conjoncturelles alimentée et actualisée périodiquement et utiliser les techniques les plus récentes d’exploitation des informations recueillies,
-- Diffuser les données et indicateurs de conjoncture ainsi que les analyses, notamment, à travers des publications périodiques et sur un site internet.


Prudence, prudence…!


L’Observatoire de la conjoncture économique reste malgré tout prudent. Selon lui, nous n’avons pas encore écarté toutes les incertitudes qui pourraient encore peser sur les perspectives de croissance durant les trimestres à venir. La reprise de la demande extérieure, en particulier celle adressée aux secteurs industriel et touristique nationaux, reste liée à l’ampleur et à la vitesse du redémarrage plus ou moins important de l’activité chez nos principaux partenaires commerciaux. La fin de l’effet des différentes mesures de ‘’prime à la casse’’ qui avaient dopé le secteur automobile devrait, à cet égard, avoir des répercussions sur les exportations des industries mécanique et électrique.
Un dernier point singulièrement important : c’est la dynamique de la demande intérieure qui sera décisive pour les secteurs locaux, notamment la construction et le commerce.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com