USA: L’avenir d’Obama suspendu à un vote





Le Quotidien-Agences
Le Massachusetts élit un nouveau sénateur au siège du défunt Ted Kennedy,un scrutin décisif pour le sort des réformes du président américain Barack Obama.
L’élection du Massachusetts pourrait, d’après les derniers sondages, voir le républicain Scott Brown battre sa rivale démocrate Martha Coakley, encore assurée il y a peu de l’emporter dans cet Etat du Nord-Est traditionnellement démocrate.
Un sondage mené par l’institut Public Policy Polling durant le week-end attribue même 51% des intentions de vote à M. Brown contre 46% à Mme Coakley.
D’autres sondages les montrent au coude à coude, mais la candidate démocrate est en baisse depuis une semaine, alors qu’elle menait de plus de huit points.
L’enjeu est de taille, parce qu’une victoire de Brown démolirait la majorité qualifiée des démocrates au Sénat, indispensable à Barack Obama pour faire passer sa réforme du système de couverture médicale et ses autres réformes programmées.
Avec 60 sièges sur 100 au Sénat, les démocrates peuvent faire adopter leurs projets sans risquer une obstruction de la minorité républicaine. Or, la réforme de la santé a été adoptée le 24 décembre par 60 voix tout juste au Sénat en première lecture. Si les démocrates perdent un siège, la réforme risque fort de capoter en deuxième lecture.
Le président est descendu dans l’arène dimanche en effectuant un voyage éclair à Boston pour apporter son soutien à Martha Coakley. Il a rappelé à la foule des partisans démocrates que les grandes initiatives de sa présidence --la couverture médicale, la lutte contre les gaz à effet de serre et la réforme financière-- étaient en jeu.
Un an tout juste après son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a vu sa popularité bien entamée ces derniers mois, les Américains étant partagés sur sa prestation de président. Sa réforme de la santé est majoritairement rejetée par les sondés.
Un stratège républicain, Bradley Blakeman, a estimé sur le site Politico.com qu’une victoire des républicains serait interprétée «comme un baromètre de la tempête que vont vivre les démocrates à l’automne dans tout le pays», lors des élections législatives de mi-mandat.
Par ailleurs, Barack Obama prononcera le 27 janvier son premier discours annuel sur l’état de l’Union depuis son arrivée à la Maison Blanche, devant les deux chambres réunies du Congrès, a annoncé lundi la présidence. Selon un communiqué de la Maison Blanche, Obama s’adressera à partir de 21H00 aux parlementaires lors de cet exercice traditionnel des présidents américains qui en profitent pour préciser leur programme en début d’année. Obama, entré à la Maison Blanche le 20 janvier 2009, n’avait pas alors prononcé de discours sur l’état de l’Union à proprement parler, mais s’était néanmoins adressé aux deux chambres du Congrès un mois plus tard pour annoncer le lancement de sa réforme de la couverture maladie, qui n’a toujours pas abouti. Le président s’est à nouveau adressé au sénateurs et représentants début septembre pour tenter de les convaincre d’adopter cette réforme qui a été votée en première lecture mais doit encore repasser devant les deux Chambres.


Panique au Massachusetts


Près de 10 millions de dollars claqués en quelques jours, rien qu’en publicités à la télévision locale, a calculé le Washington Post… La petite élection partielle du mardi au Massachusetts, pour remplacer le Sénateur Ted Kennedy, est une belle illustration de la démocratie américaine, dans toute sa grandeur et sa perversion. Les 2,1 millions d’électeurs du Massachusetts ont entre leurs mains rien moins que la réforme de l’assurance santé, que Barack Obama tente de faire adopter ces jours-ci au Congrès. S’il emporte ce siège, a promis le candidat républicain Scott Brown, il sera la 41ème voix au Sénat qui permettra de bloquer la réforme clé de la présidence Obama. Et les derniers sondages le donnent maintenant favori: 51% des électeurs du Massachusetts seraient prêts à voter pour lui, contre 46% pour la démocrate Martha Coakley, selon l’institut Public Policy Polling. A en juger par les sondages nationaux, une victoire républicaine au Massachusetts serait d’ailleurs plutôt en phase avec l’opinion majoritaire des Américains au sujet de la réforme de la santé. 44% seulement approuvent maintenant la réforme telle qu’elle est actuellement discutée au Congrès, et 51% s’y opposent, indique un tout récent sondage ABC-Washington Post.
Dans les toutes dernières semaines de campagne, alors que l’écart se réduisait entre les deux candidats (la démocrate était partie grande favorite, pour ce siège détenu depuis 1962 par Ted Kennedy), républicains et démocrates ont déversé un déluge de fonds, de militants et de publicités sur le Massachusetts. A la télévision locale, il n’y a même pratiquement plus de pubs pour McDonald’s, les publicités politiques des deux candidats occupant tout le temps commercial, rapporte le New York Times. «J’ai reçu un appel téléphonique d’Obama. Un appel de Bill Clinton. Un appel de Curt Schilling (une gloire locale du baseball, qui fait campagne pour le candidat républicain). De Martha Coakley. Et de la femme de Scott Brown» témoigne un électeur du Massachusetts cité par le Washington Post. Républicains et Démocrates harcèlent les électeurs avec ces appels automatiques, enregistrés par des personnalités, mais ils ont aussi mis en place des centres téléphoniques où des militants appellent un à un tous les électeurs indépendants, ou de leur bord, pour les rappeler à leurs responsabilités électorales. A Baltimore, où nous étions ce week-end en reportage, impossible de voir le chef local des démocrates. «Désolé, mais je n’ai vraiment pas le temps de vous parler, nous sommes tous sur la campagne au Massachusetts» s’excusait-il au téléphone, le ton pressé.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com