64e anniversaire de l’UGTT / Salem Abdelmagid : «Je regrette d’avoir accepté de diriger le département des finances»





En marge du 64e anniversaire de l’UGTT, Le Quotidien a rencontré Salem Abdelmagid, ancien membre du bureau exécutif et ex-député représentant la centrale syndicale.
Quel bilan faites-vous en ce moment ?
C’est essentiellement de la fierté d’appartenir à cette grande organisation qui tient le coup en dépit de tous les obstacles rencontrés au cours de son long parcours de 64 ans. L’UGTT n’a jamais perdu sa place d’acteur au devant de la scène sociopolitique de la Tunisie aussi bien pendant l’ère coloniale qu’après l’indépendance. Différends et scissions n’ont fait que la renforcer car l’essentiel, c’est de savoir tirer les leçons. La centrale syndicale milite aujourd’hui pour l’enracinement des normes de l’Etat de droit, de la liberté d’expression et du progrès social.
 Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant votre carrière syndicale ?
Je ne saurai oublier deux événements dans ma vie de syndicaliste. D’une part, les événements de 1977-1978 qui ont marqué un premier tournant vers l’indépendance de l’action syndicale. C’étaient des moments forts ayant influé sur toute la vie politique en Tunisie et permis de se soustraire à la mainmise du parti unique. Je tiens à rendre un grand hommage au dirigeant syndicaliste Habib Achour qui a été le leader de cette lutte pour l’indépendance de l’UGTT. Ce n’était pas facile d’être au bureau politique du parti au pouvoir et de s’opposer à la ligne de mainmise sur les organisations de masse, prônée par ce parti. D’autre part, le lancement du processus des négociations sociales triennales depuis 1990 a été également un acquis de taille de l’UGTT pour la défense des classes laborieuses. C’est un acquis que de réviser régulièrement la réglementation du travail et les salaires des employés. Ceci a renforcé l’organisation et l’a conduite vers plus d’indépendance.
Où réside, selon vous, la force de l’UGTT?
C’est, essentiellement, la synergie entre l’action de la direction et l’aspiration des adhérents. C’est l’attachement de ses centaines de milliers d’adhérents qui fait la force de l’UGTT. Mais ces derniers ne seraient plus aussi attachés si l’organisation déviait de ses principes de lutte pour le progrès social. C’est une harmonie entre une organisation bâtie sur des bases d’égalité et de recherche du progrès social et des masses assoiffées d’écoute de leurs aspirations. L’UGTT est parvenue à traduire l’espoir des masses laborieuses.
Vous étiez aussi député ?
Oui, j’étais le porte-parole des députés de l’UGTT entre 1981 et 1986. Cette période a coïncidé avec une tension entre la direction de l’UGTT et le gouvernement suite aux événements du 26 janvier, d’une part, et pendant la 2ème crise syndicale qui a débuté en 1985, d’autre part. J’ai défendu à la Chambre des députés les revendications des syndicalistes suite aux événements du 3 janvier 1984. Je me rappelle même avoir été le seul à voter contre le projet de loi de création du Conseil Economique et Social «CES». Laquelle loi dans sa forme initiale conditionnait l’appartenance au CES par le parrainage du parti au pouvoir.
Avez-vous des regrets ?
Bien-sûr ! Et qui n’en a pas ? Je regrette d’avoir accepté de diriger le département des affaires financières lors de mon dernier passage au bureau exécutif. J’étais pourtant bien parti pour faire carrière dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail et il y a beaucoup à faire au profit des salariés à ce niveau. C’est pourquoi je me plais maintenant à contribuer à l’action de ce département. Je regrette également d’avoir quitté l’Union Régionale de Tozeur pour passer au bureau exécutif avant de finaliser le dossier de la couverture sociale des «khammassas». Malheureusement, ce dossier n’a pas été finalisé après mon départ et le dossier des «khammassas» est resté au point mort.


* Interview réalisée par Mourad SELLAMI


Composition du 1er bureau exécutif


Président du congrès
Cheikh Fadhel Ben Achour
Secrétaire Général
Farhat Hached
S G Adjoint
Kilani Chérif
Trésorier
Béchir Bellagha
Archives
Abdelwahed Dkhil
Membres
Mahmoud Ben Tahar
Sadok Chaibi
Hachemi Belkadhi
Touhami Ben Amor
Abdelaziz Bouraoui
Habib Achour
Salem Cheffi
Nouri Boudali
Mohamed Halouani
Mohd Salah Ennaifar
Abdelmagid Ben Amor
Tahar Chaâbouni


Le nouveau bureau de l’Union Régionale du Travail de Bizerte



Le congrès de l’Union Régionale du Travail de Bizerte a été tenu lundi dernier et a abouti à l’élection de six membres de la liste du secrétaire général sortant, Lotfi Cheikh, et de trois membres de la liste concurrente. Les neufs élus sont : Béchir Sahbani : 69 voix, Lotfi Cheikh : 67 voix, Hassen Ben Chalbi : 63 voix, Abdelkrim Khalki :60 voix, Kamel Maalaoui : 54 voix, Mohamed Lamine Tounsi : 44 voix, Fathi Telili : 38 voix, Mohamed Sekma : 37 voix et Mohsen Mezzi : 37 voix.
La répartition des tâches n’a pas été encore réalisée entre les membres du nouveau bureau.


* M.S.


Secrétaires généraux


1946-1952 : Farhat Hached ; 1952-1952 : Nouri Boudali ; 1952-1954 : Mohamed Kraiem ; 1954-1956 : Ahmed Ben Salah ; 1956-1963 : Ahmed Tlili ; 1963-1965 : Habib Achour ; 1965-1970 : Béchir Bellagha ; 1970-1981 : Habib Achour ; 1981-1984 : Taieb Baccouche ; 1984-1989 : Habib Achour ; 1989-2000 : Ismaïl Sahbani ; 2000-20.. : Abdessalem Jerad


Quelques chiffres et dates


20 janvier 1946 : Date de fondation
Plus de 300.000 adhérents
24 Unions régionales
19 fédérations
21 syndicats généraux
L’UGTT est affiliée à la Confédération syndicale internationale




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com