E.S.S. : La rigueur et rien que la rigueur





Depuis l’arrivée de Hamed Kammoun et de Piet Hamberg à l’Etoile, l’heure n’est plus à la rigolade au Sahel.
Le champion d’Afrique 2007 espère prochainement se retrouver en tête d’affiche. Pour y arriver, le président et l’entraîneur de l’ESS ont choisi la rigueur, ce qui n’est pas du goût de tout le monde.
L’époque dorée de Moez Driss n’a duré qu’un temps. Finies les saisons fastueuses auréolées de titres divers et de trophées gratifiants, le retour à une réalité plus difficile force l’Etoile à l’introspection voire même à la remise en cause dans certains secteurs. Lors du dernier Mercato d’hiver qui s’est conclu il y a trois jours, l’Etoile fut l’un des principaux acteurs...mais pas à la case où l’on voudrait bien l’y voir figurer. Hamed Kammoun a décidé de dégraisser dans un effectif, certes de qualité, mais outrageusement pléthorique (43 joueurs). A l’occasion de la fin du marché, l’ancien médecin de l’EN en a profité pour faire le point puis commencer à couper les têtes qui dépassent.
«Presque le quart des joueurs sous contrat, dix au total, se partageait la part du lion, soit un million de nos dinars de salaires annuels. Opara à lui seul s’est fait payer la bagatelle de 600 000 dinars soit 50 000 dinars par match joué. Nous ne pouvons continuer dans cette voie et nous avons commencé à prendre les mesures qui s’imposent», a-t-il ainsi déclaré lors d’une conférence de presse de rentrée à Sousse. Kammoun a confirmé ainsi, contrairement à ce qu’avait laissé entendre Driss au moment de son départ, que la gestion financière de l’ESS partait à vau-l’eau. Selon certaines sources, on parlait même de dettes allant jusqu’à deux millions de dinars.
«Le Mercato est terminé, je vais pouvoir me consacrer à d’autres dossiers encore plus importants que le recrutement de joueurs telle la formation et le développement des ressources du club», a ajouté ensuite Kammoun. L’Etoile va désormais repartir sur de nouvelles bases un peu plus saines selon ce dernier. C’est ce qu’espère également le nouvel entraîneur Piet Hamberg. Le Néerlandais, jusque-là réputé pour ses talents d’éducateur et de formateur, a d’emblée annoncé la couleur pour une équipe qui semblait, selon lui, manquer de professionnalisme. Le talentueux Gilson Silva, prêté il y a peu encore chez les Français de Guingamp (Ligue 2), en a été pour ses frais puisque son contrat a été résilié.
«Si on ne veut pas travailler, on ne progresse jamais, on stagne et même pire on régresse. Un joueur qui ne veut pas travailler ne peut rien donner à l’équipe. Pour moi, l’équipe est importante. Si on veut travailler, on travaille ensemble et si on veut gagner, on gagne ensemble. S’il y a 2 ou 3 joueurs qui ne veulent pas travailler pour l’équipe, pour le club et pour les supporters nous ne gagnerons pas de matchs alors que nous sommes là pour cet objectif», a martelé Hamberg. L’autre objectif, qui parait de plus en plus clair dans le discours de Hamberg, est de revenir à une discipline très importante sur le plan défensif, quitte à ce que les joueurs de l’ESS ennuient parfois leurs supporters.
L’ancien directeur de l’Academy de Liverpool a souvent évoqué à ce propos la notion de bloc. «Vous savez je conçois le football comme un travail d’équipe qui doit évoluer en bloc aussi bien dans la phase offensive que défensive et pour y arriver il faut cravacher dur», a-t-il justifié. Tout un programme. Autant dire que les figures de proue de l’effectif que sont Ben Radhia, Jmal, Nafkha, Bukari et Akaïchi sauront à quoi s’attendre. L’heure de la rigolade semble donc bel et bien terminée et la grisaille au-dessus de Sousse encore d’actualité. On verra bien à la fin de la saison si Docteur Kamoun et Mister Hamberg auront tenu leur pari.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com