Tourisme: Les dossiers «chauds» sur le bureau du ministre





La nomination d’un vétéran de la mise à niveau à la tête du ministère du Tourisme est porteuse de plus d’un sens, mais ce ne sera certainement pas le seul dossier dont il hérite !
Près de six millions et demi de touristes sont venus en Tunisie en 2009; et si ce chiffre est en deçà de celui de 2008 (plus de 6,66 millions), il reste que les recettes ont augmenté !! Et s’il ne s’agit que de +1,6%, cela signifie quand même que l’approche qualitative de la Tunisie fait son effet. Une orientation qui fait son chemin depuis quelques années alors que le XIè Plan fait du tourisme l’un de ses principaux chevaux de bataille et que l’étude stratégique pour la promotion du tourisme tunisien à l’horizon 2016 ordonnée par le Chef de l’Etat en 2008 prévoit une évolution de l’activité touristique de 17,5% entre 2007 et 2011. Ceci coté jardin ! Coté cour, c’est une autre paire de manches !


Hôtels fermés, contrôleurs en sous-nombre…!
En 2009, le couperet est tombé sur 11 hôtels qui ont été fermés et sur 82 autres qui ont été déclassés. Le but de ces actions radicales est d’améliorer la visibilité du secteur et de le soumettre aux standards internationaux.
Certes, tout cela est véhiculé de manière provisoire et aussitôt que les unités intéressées traitent leurs problèmes, elles peuvent revenir à leur statut premier. Mais il n’empêche que voir ainsi plus du dixième de nos hôtels basculer hors des normes doit nous inciter à voir les choses en profondeur.
Le plus étonnant, c’est qu’aujourd’hui, pas plus de 90 contrôleurs opèrent dans le secteur du tourisme et si une trentaine d’autres sont dans le ‘’pipe’’ (à raison de 20 nouveaux contrôleurs par an), on se demande ce qui pourrait se passer si ces contrôleurs n’étaient pas aussi débordés.
Ne soyons pas pessimistes pour autant, car il existe bien une dernière ligne de défense : La Mise à niveau hôtelière qui s’adresse à 840 hôtels pour un total de 234 mille lits ! Seulement, là aussi, il y a un problème : Certes 226 demandes d’adhésion ont été adressées au Programme de mise à niveau hôtelier (PMNH) mais seuls 79 projets ont été approuvés par le comité de pilotage !


«Isolationnisme», tout petit budget de promotion…!
Pour la promotion de la totalité du produit touristique à l’étranger, la Tunisie mobilise une enveloppe de 37 millions de dinars !! Certes il y a de quoi travailler mais, pour donner une comparaison un peu caricaturale, sachez que le budget de promotion de Coca Cola dépasse les trois milliards de dollars. Ceci pour dire que la promotion est un domaine capital, vital et qu’elle mérite un effort de la part des pouvoirs publics comme des opérateurs privés.
Il y a une autre dimension de la communication que l’on peut estimer plus grave.
Il s’agit des leçons tirées d’une affaire survenue il y a quelques années : des musées ont été fermés pour travaux mais le ministère du Tourisme n’a pas été averti, comme s’il s’agissait uniquement d’une affaire de Culture !
Il faut imaginer les touristes qui font leur circuit et qui se trouvent devant une porte fermée parce que personne ne les a informés. La coordination du Tourisme avec la culture, l’artisanat ou tout autre département devrait couler de source.


Chinois, Sahara, Salons…!
Une Arlésienne, voilà ce que sont les Chinois dans le tourisme tunisien. Voici des années que l’on nous dit que notre pays peut en attirer au moins 100 mille par an ! Mais où sont-ils alors ? Aux dernières nouvelles, nous n’avons pu attirer que près de 3300 âmes de ce vivier extraordinaire de touristes alors que nous savons que tous nos concurrents directs (Turquie, Egypte, Maroc…) aussi bien que tous les pays attentifs à leur secteur touristique déploient des trésors de créativité pour les amener chez eux : des guides spécialisés au fait des coutumes et de l’histoire de cette grande contrée, des classes de langue chinoise, des promotions très ciblées…
Les dossiers «chauds» sur le bureau de M. Tlatli se bousculent et si on nous dit que les dossiers stratégiques sont la formation, la qualité et la promotion à l’étranger, nous voulons bien le croire; mais nous savons que la pile de dossiers s’accumule, alors que nous sommes manifestement à une croisée de chemins qui place beaucoup d’entre-eux en tête des priorités.
La liste est longue, comme on vient de le voir… mais elle s’allonge encore et encore : Nous savons tous, par exemple, que beaucoup de «Seniors» viennent passer leurs vacances d’hiver en Tunisie. Ils y restent ainsi plusieurs mois à se faire dorloter (et se faire soigner) et ils aiment cela puisqu’ils reviennent.
C’est ce que l’on appelle le tourisme de santé mais il y a aussi le tourisme de croisière, le golf, la thalassothérapie, les représentations tunisiennes à l’étranger (et aussi la participation aux Salons internationaux), le tourisme saharien… !


* Manoubi AKROUT


Ecotourisme, l’avenir


Les résultats d’une étude stratégique sur le développement de l’écotourisme en Tunisie font état de trois difficultés qui en entravent le développement :
- le statut foncier des sites naturels qui peuvent abriter des installations éco-touristiques
- l’absence d’un cadre réglementaire régissant l’écotourisme
- l’inexistence de normes, de textes permettant à l’office national du tourisme Tunisien (ONTT) d’agréer des projets éco-touristiques.
L’étude met en exergue les caractéristiques du tourisme écologique en Tunisie et le potentiel naturel et humain dont dispose le pays pour développer ce créneau porteur. Elle évoque aussi la qualité des services et des produits du tourisme écologique, la formation, les difficultés liées au financement des projets de tourisme écologique et l’absence d’une politique nationale de commercialisation et de promotion de ce produit.
Il faut dire que la promotion du tourisme écologique et culturel s’inscrit dans le cadre d’une stratégie cohérente ordonnée par le chef de l’Etat, l’objectif étant de promouvoir et diversifier le produit touristique tunisien.
Les efforts seront concentrés, dans une première étape, sur le recensement des sites, des potentialités et des ressources qui peuvent être exploitées pour développer l’écotourisme.


Qui est le nouveau ministre du Tourisme ?


Des études de mathématiques et d’administration des affaires et un premier job d’assistant en méthodes quantitatives à l’Institut Supérieur de Gestion de Tunis. Puis l'ONUDI, USAID… et sa nomination, en 1995, en tant que DG du Bureau de mise à niveau au ministère de l’Industrie à un moment où ce thème est devenu le plus grand dossier de l’économie tunisienne. Et c’est dans ce même domaine de compétence qu’il est choisi, en 2002, pour diriger le Programme européen pour la modernisation industrielle en Egypte.
Son entrée au Gouvernement se fait en août 2005 quand il est nommé secrétaire d’Etat auprès du ministre du Tourisme, chargé de la mise à niveau touristique. Déjà !
Sa carrière prend encore un tournant en novembre 2005, quand il est honoré par le choix du Chef de l’Etat qui le nomme Conseiller principal, avec la charge de président de la Commission supérieure des grands projets. En août 2008, il est nommé ministre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle des jeunes, poste qui est l’une des expressions de la première priorité du Chef de l’Etat : l’Emploi !




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com