La Rachidia, ce soir, au TVT: Un petit tour…et puis s’en va





Pour son concert mensuel, la troupe de l’institut la Rachidia montera, ce soir, à 19h30, sur la scène du Théâtre de la Ville de Tunis (TVT) avec un nouveau menu… mais c’est presque du réchauffé !
Pour sortir de son isolement et briser le carcan, la Rachidia a opté, depuis quelques années, pour la programmation des concerts mensuels. Des rendez-vous pour perpétuer la mémoire d’une prestigieuse institution de musique qui a rayonné des décennies durant, donnant naissance à des générations de musiciens. Plus de 75 ans d’existence, la Rachidia a vu défiler des artistes de renom qui ont marqué de leur empreinte la scène musicale tunisienne. Artistes comme Mohamed Triki, Chafia Rochdi, Saliha, Fathia Khaïri, Khemaïs Tarnane, Kaddour Srarfi, Taher Gharsa, Choubeila Rached et la liste est encore longue de ces voix, paroliers et compositeurs qui ont acquis leur notoriété à la Rachidia (voir l’encadré).
Aujourd’hui, au cœur des débats sur l’identité, la diversité culturelle et la mondialisation, la Rachidia a choisi de reprendre sa place, tentant de jouer les premiers rôles de protecteur et préservateur du patrimoine musical national. Des concerts mensuels où les musiciens de la troupe, sous la direction de Zied Gharsa, présentent un bouquet de chansons et des compositions, mettant en lumière la richesse du patrimoine musical national et de la dextérité de ces musiciens. Et c’est grâce à ces rendez-vous que le public a découvert des talents comme Mehrezia Touil, Sara Nouioui, Sofiène Ziadi et a su apprécier des morceaux qui sont tombés dans l’oubli. Des chefs-d’œuvre que l’artiste Zied Gharsa a pu mettre au goût du jour, au grand bonheur des passionnés de musique, spécialement du Malouf.


Quoi de neuf ?
Pour ce soir, toujours sous la direction artistique de Zied Gharsa, la Rachidia sera de nouveau sur la scène du Théâtre de la Ville de Tunis, à partir de 19h30. C’est le premier rendez-vous de l’année 2010.
Alors que nous offrent les artistes de cette grande école de musique tunisienne ? Presque rien de spécial. Pas d’hommage comme le public a vu, lors des précédents concerts.
Ils présenteront tout juste une pièce instrumentale composée par feu Mohamed Saâda, chef d’orchestre, musicologue et compositeur qui a intégré la Rachidia en 1953, jouant aux côtés des figures de proue de la musique tunisienne comme Khemaïs Tarnane et Ali Seriti.
Outre ce clin d’œil à Mohamed Saâda, le programme de la soirée comporte l’interprétation du malouf. La jeune chanteuse Sara Nouioui, dont les mélomanes ont découvert les potentialités lors de plusieurs concerts, spécialement celui d’hommage à la chanteuse Oulaya, sera à l’affiche de cette soirée.
Elle offrira à l’assistance un cocktail de chansons tunisiennes (un mini-cocktail précise l’un des choristes de la troupe, chargé du secrétariat).
Pour un début d’année, ce n’est que du réchauffé ? N’est-ce pas M. le directeur artistique ?


* Imen ABDERRAHMANI


Bio Express


La Rachidia est un institut de musique tunisienne crée en 1934, grâce à une élite de mélomanes dirigés par Mustapha Sfar (Cheikh El Médina de Tunis), portant le nom officiel d’Association de l’Institut Al-Rachidi de musique. Elle est la première du genre en Tunisie et l’une des plus vieilles institutions de musique arabe. Le nom de La Rachidia est choisi en référence à Rachid Bey, troisième souverain husseinite. Ce dernier s’est intéressé alors particulièrement aux musiques et chansons venues d’Andalousie et a œuvré à enrichir la musique tunisienne par celle venant de Turquie. Plusieurs artistes ont contribué au rayonnement de l’institut Rachidia dont on cite :
Mohamed Triki, Chafia Rochdi, Saliha, Fathia Khaïri, Khemaïs Tarnane, Kaddour Srarfi, Mahmoud Bourguiba, Khemaïs Hanafi, Tahar Gharsa, Hassen Gharbi, Ali Sriti, Mohamed Saâda, Abdelhamid Ben Aljia, Ridha Kalaï, Naâma, Oulaya, Salah El Mehdi, Chedly Anouar, Youssef Temimi, Taher Gharsa, Choubeila Rached etc.
Tombant dans l’oubli et la marginalisation durant des années, la Rachidia a été sauvée par une décision présidentielle en 1991. Décision axée sur le renforcement du budget de l’institution, la relance de la troupe principale, l’actualisation du patrimoine musical national, la réintroduction de l’enseignement et l’encouragement des créateurs. Et c’est aux artistes Abdelhamid Ben Aljia et Tahar Gharsa que cette tâche a été confiée. Après le décès de son père Tahar Gharsa, c’est Zied Gharsa qui a pris la direction, depuis 2003, de la troupe, prenant en 2006, la tête de l’Orchestre, après le retrait de Ben Aljia puis son décès.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com