Ben Ali trace les contours de la nouvelle étape: La feuille de route pour le gouvernement





Carthage - TAP
* Le Premier ministre est chargé, de faciliter le travail aux membres du gouvernement.
* La tâche du ministre va au-delà de la supervision du fonctionnement des rouages de son département.
* Il est, désormais, impératif de rompre définitivement avec l’hésitation dans la prise
des décisions concernant une question donnée,
sous prétexte d’attendre des consignes ou des ordres venant d’en haut.
Le Président Zine El Abidine Ben Ali a défini, dans l’allocution qu’il a prononcée, hier matin, à l’ouverture des travaux du Conseil des ministres, les contours du plan d’action gouvernemental pour la prochaine étape, précisant les missions du Premier ministre et des membres du gouvernement dans la mise en œuvre de la politique de l’Etat, conformément aux choix initiés par le Président de la République, à l’importance qu’il accorde aux préoccupations et aspirations des citoyens et aux objectifs et orientations qu’il a tracés pour le prochain quinquennat dans son Programme «Ensemble, relevons les défis».
Voici le texte intégral de l’allocution du Chef de l’Etat:
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,
Nous ouvrons, aujourd’hui, avec la bénédiction de Dieu, les travaux du premier Conseil des ministres à se tenir à la suite du récent remaniement ministériel.
Il nous plaît, en cette circonstance, de vous exprimer, à tous, nos vives félicitations pour les responsabilités gouvernementales qui vous ont été confiées, et de vous souhaiter la pleine réussite dans votre mission.
Nous saisissons, en outre, cette occasion pour exprimer à vos prédécesseurs, les ministres et secrétaires d’Etat qui ne font plus partie du gouvernement, nos remerciements et notre considération pour les efforts qu’ils ont déployés et les services qu’ils ont rendus, tout en les assurant de notre souci de les entourer de la sollicitude qu’ils méritent, et de mettre à profit leur expérience, dans de nouvelles fonctions.
Dans ce contexte, nous tenons à souligner que le récent remaniement ministériel s’inscrit dans le cadre de notre volonté de développer l’action du gouvernement, en fonction de chaque étape, de ses spécificités et de l’impératif d’adaptation permanente aux nouvelles données nationales et internationales.
Votre prestation de serment devant le Président de la République est une consécration aussi majeure que cruciale de l’engagement que vous avez pris de respecter le texte de votre serment, dans l’accomplissement de votre tâche, afin d’être dignes de la confiance et de la responsabilité dont vous avez été investis, et de démontrer, avec compétence et aptitude, que vous êtes du meilleur exemple.
Il est sans doute utile de réaffirmer, à cet égard, que la formation gouvernementale œuvre à mettre en exécution la politique générale que le Président de la République trace dans tous les secteurs et domaines spécialisés, et cela en coordination avec Monsieur le Premier ministre et sous son suivi.
Monsieur le Premier ministre est aussi chargé, dans le cadre des choix que définit le Président de la République, de faciliter le travail aux membres du gouvernement, dans l’accomplissement des tâches qui leur sont confiées, et de les orienter vers les solutions à prendre en cas de problème ou de difficulté.
Il est en outre chargé, d’assurer la liaison et la complémentarité entre plusieurs ministères, lorsqu’il s’agit d’une question donnée requérant la conjonction des efforts et des moyens dans l’action du gouvernement.
Quant au ministre, il est le premier responsable en charge de toutes les questions qui intéressent son département et le personnel y travaillant, aux plans de l’administration, de la gestion, de l’approche et de l’exécution. De son côté, le secrétaire d’Etat n’est ni le rival du ministre, ni l’objet de méfiance et de prudence, mais plutôt l’assistant du ministre, étant appelé, lui aussi, à assumer sa part de responsabilité dans la gestion du ministère, dans son domaine de compétence, sous la tutelle du ministre concerné, car le ministre et le secrétaire d’Etat travaillent, l’un comme l’autre, dans un cadre collectif, fait de coopération, de complémentarité et d’harmonie.
La tâche du ministre va au-delà de la supervision du fonctionnement des rouages de son département, pour s’étendre à la coordination entre les diverses directions, les différents services et organismes qui en dépendent, à la stimulation de leurs activités, à l’amélioration de leur rendement, à la promotion de leurs prestations et au perfectionnement de la gestion des ressources humaines et des moyens matériels dont ils disposent.
Le ministre est tenu de coopérer avec toutes les compétences et toutes les parties qui peuvent lui apporter le «plus» requis, dans les actions qu’il entreprend et les initiatives qu’il prend.
Il est, désormais, impératif de rompre définitivement avec l’hésitation dans la prise des décisions concernant une question donnée, sous prétexte d’attendre des consignes ou des ordres venant d’en haut. Car le ministre jouit de toutes les prérogatives que nous lui avons attribuées pour qu’il puisse prendre la décision appropriée au moment approprié, concernant toute question dont il est saisi et relevant de sa compétence: sauf dans des cas exceptionnels revêtant un caractère délicat et une difficulté donnée.
D’un autre côté, la mission du ministre ne se limite pas au règlement des problèmes existants ni à l’accomplissement des tâches courantes, mais va bien au-delà pour s’étendre à l’impératif d’effort de réflexion, de conception et d’initiative dans le contexte d’une stratégie pratique exhaustive dans le traitement des problèmes posés, l’élimination des obstacles et difficultés, la définition des perspectives, l’élaboration des approches, la présentation de suggestions et l’introduction du dynamisme et de l’esprit d’effort collectif dans les activités de son ministère.
Notre pays ayant à entamer, durant l’année en cours, l’exécution de notre Programme pour le prochain quinquennat, sous le slogan «Ensemble, relevons les défis», le devoir vous impose, à tous, d’assurer la mobilisation requise pour le suivi de la mise en œuvre de ce Programme et de veiller à la concrétisation de ses objectifs, chaque ministère dans le domaine qui lui revient et en coopération avec toutes les parties concernées, en vue de doter la Tunisie d’un surcroît de progrès et d’invulnérabilité et de la hisser au rang des pays développés.
Dans ce contexte, je tiens à rappeler à MM. les ministres, la nécessité d’accorder l’attention qui s’impose aux «Bureaux des relations avec le citoyen». Car nous voulons que ces bureaux aient pour vocation d’être ouverts aux citoyens pour les accueillir, les orienter et leur permettre d’avoir accès aux prestations administratives dont ils ont besoin, et cela avec la diligence et l’efficience requises, loin de tout aspect de routine et de nonchalance, et dans le cadre de la loi et des réglementations en vigueur.
Eu égard à l’importance particulière que nous attachons aux préoccupations des citoyens et à notre souci de satisfaire leurs demandes et de répondre à leurs besoins, nous avons assigné au ministre lui-même la supervision directe des «Bureaux des relations avec les citoyens», afin qu’il en confie la gestion, sous son contrôle, à un haut cadre nanti d’une connaissance approfondie et précise de tous les rouages du ministère et des filières à suivre pour accéder aux prestations requises.
C’est pourquoi nous appelons MM. les ministres à assurer le suivi et le contrôle des activités des «Bureaux des relations avec le citoyen», à leur fournir tout ce dont ils ont besoin pour accomplir au mieux leur tâche et à intervenir énergiquement, au besoin, en cas de manquement, d’incapacité ou de négligence.
Nous vous appelons, en outre, à accorder la plus grande attention et le suivi voulu aux observations, rapports et requêtes émanant du Médiateur administratif, de la Cour des Comptes, du Tribunal administratif et du Citoyen superviseur, en vue de les étudier et de trancher à leur sujet, tout en veillant à intervenir auprès des administrations sous votre tutelle, pour qu’elles répondent sans retard et dans les délais légaux et réglementaires en vigueur, à toute plainte, motion, demande ou requête de manière à préserver les intérêts du citoyen, à sauvegarder ses droits et à faire en sorte que l’Administration soit au service du citoyen et non pas à sa charge.
Nous tenons à rappeler, d’un autre côté, que le ministre est tenu de suivre le fonctionnement des divers rouages de son ministère et d’être au fait des lacunes, besoins et griefs éventuels, signalés par la presse ou par les citoyens. Nous réaffirmons, une fois de plus, l’importance que nous attachons aux «Bureaux d’information» des ministères et à leur rôle d’orientation, d’information et de réponse aux questions, observations et critiques portant sur les activités du ministère concerné, sans que cela puisse donner lieu à une quelconque gêne ou embarras. C’est que nous sommes dans un pays démocratique pluraliste où l’information est libre et le citoyen responsable.
Nous devons, dès lors, respecter l’opinion contraire, accepter la critique constructive, tirer profit de toute suggestion judicieuse et de toute évaluation utile, et fournir, aux journalistes et aux citoyens, l’information exacte et le renseignement voulu, avec franchise et réalisme.
En conclusion, nous vous réitérons nos félicitations les plus chaleureuses, en priant Dieu de nous accorder, à tous, la réussite en tout ce qui profite à notre pays et à notre peuple.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com