Etablissements scolaires français en Tunisie: Toujours cotés, encore coûteux…





Les établissements scolaires français communément appelés «La Mission française» n’ont pas perdu de leur aura. Ils deviennent, toutefois, plus «sélectifs» à l’égard des Tunisiens en raison des frais de scolarité élevés.
Philippe Séguin, ancien président de la Cour des comptes française décédé récemment, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, Férid Boughedir, cinéaste tunisien de renom, Michel Boujenah, humoriste français… Toutes ces personnalités publiques sont passées par les bancs d’établissements scolaires français en Tunisie. Mis en place progressivement dès 1882, ces établissements étaient à l’origine destinés à favoriser l’accès à la scolarité des enfants des Français expatriés.
Dépendants de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) et intégrés au réseau scolaire français ils ont, néanmoins, contribué au fil des années à former une élite francophone dans les pays sous protectorat. Un choix qui n’était pas fortuit puisque la «Mission française» était en quelque sorte un vecteur important de la promotion de la francophonie et de la culture de l’Hexagone dans les pays colonisés. «Les établissements français à l’étranger constituent un atout majeur pour la francophonie et pour l’influence de nos idées et de nos valeurs dans le monde», relève-t-on sur le site du ministère français des Affaires étrangères. Tous les établissements français à l’étranger ont, en effet, en commun des programmes similaires, élaborés par le ministère de l’Éducation nationale français.


Engouement grandissant
Les établissements français en Tunisie restent aujourd’hui très cotés. Avec un total de 5653 élèves à la rentrée 2009, les établissements scolarisent toujours plus d’enfants, selon les données de l’ambassade de France en Tunisie.
L’augmentation enregistrée cette année résulte notamment de l’ouverture de deux classes supplémentaires à Sousse.
L’extension du réseau des établissements scolaires d’enseignement français s’explique par l’augmentation sensible du nombre de familles françaises établies en Tunisie à la faveur des activités de leur entreprise, ou encore de familles franco-tunisiennes effectuant un retour au pays, mais aussi par l’engouement grandissant des nationaux.
La proportion des nationaux est aujourd’hui de près de 60 % des effectifs.
Par obligation liée à la vocation de l’Agence de l’enseignement du français à l’étranger, la priorité est donnée aux enfants français ainsi qu’aux enfants étrangers issus du réseau d’éducation français. L’admission des enfants tunisiens se fait ensuite sur concours, en fonction des places disponibles. À la rentrée 2009, 61% seulement des enfants inscrits au concours d’entrée au cycle primaire ont été admis.


Frais de scolarité élevés
Le succès des établissements d’enseignement français tient essentiellement à  la fiabilité de diplômes reconnus sur le plan international, qui permettent d’accéder à l’enseignement supérieur aussi bien en Tunisie qu’en France ou au Canada. «Avec le durcissement des conditions d’obtention d’un visa d’études pour l’Hexagone, un élève formé dans un lycée français a plus de chances d’intégrer une faculté française qu’un élève du système éducatif tunisien», confie Mme Raoudha Tekaya, qui a choisi d’inscrire ses deux enfants au Lycée Pierre Mendès France. Plus de 60 % des élèves ayant obtenu leur baccalauréat dans des lycées français sont autorisés bon an, mal an à poursuivre leurs études universitaires dans des universités françaises.
Jusqu’en 2007, tous les élèves admis payaient les mêmes montants à titre de frais de scolarité. Depuis 2008, la gratuité a été offerte aux Français expatriés alors que les tunisiens continuent à payer le prix fort (voir encadré combien ça coûte ?) Conséquence : les Tunisiens n’ont pas facilement accès aux établissements français. Seule une petite élite fortunée peut offrir ce type de cursus à ses enfants.


* Walid KHEFIFI


Combien ça coûte ?


Inscriptions
Pour l’admission dans le primaire, les inscriptions se font auprès de l’Inspection du premier degré, et, pour le secondaire, auprès des chefs d’établissements.


Droit de première inscription
- 850 dinars, pour les Français et les Tunisiens
- 1 375 dinars, pour les étrangers tiers


Droits de scolarité par an
Payables d’avance et fractionnés en trois termes durant l’année scolaire.


Elèves français
- Maternelle : 3 720 dinars
- Primaire : 2 265 dinars
- Premier cycle secondaire : 2 625 dinars
- Second cycle secondaire : 3 090 dinars
Elèves tunisiens inscrits avant le 31 décembre 1994
- Premier cycle secondaire : 2 625 dinars
- Second cycle secondaire : 3 090 dinars


Elèves tunisiens inscrits depuis le 1er janvier 1995
- Maternelle : 4 530 dinars
- Primaire : 3 135 dinars
- Premier cycle secondaire : 3 720 dinars
- Second cycle secondaire : 4 335 dinars
Tarifs pour les élèves étrangers tiers
- Maternelle : 5 820 dinars
- Primaire : 6 180 dinars
- Premier cycle secondaire : 6 855 dinars
- Second cycle secondaire : 7 695 dinars


Remise de principe sur les droits de scolarité
Une remise de principe de 25% sur les droits de scolarité est accordée à partir du 3e enfant scolarisé dans un établissement d’enseignement français en Tunisie sous réserve que les frères ou sœurs soient également scolarisés dans l’un de ces établissements.


Où se trouvent-ils ?


Lycées et collèges
-Lycée Gustave-Flaubert (La Marsa)
-Collège Charles-Nicolle (Sousse)
-Lycée Pierre-Mendès-France (Mutuelleville)


Ecoles primaires
-École Paul-Verlaine ( La Marsa)
-École George-Sand (Nabeul)
-École Guy-de-Maupassant (Sousse)
-École Robert-Desnos El Omrane
-École Robert-Desnos à La Soukra
-École Georges-Brassens (Megrine)
L’École Marie-Curie, qui jouxtait le lycée Pierre-Mendès-France, a fermé définitivement ses portes en juin 2008. En septembre 2008, ses élèves ont rejoint les bancs de l’école Robert-Desnos qui les attendait, à l’issue d’importants travaux de rénovation et d’extension.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com