Elimination de l’E.N.: Benzarti y est-il pour quelque chose ?
Ce fut un échec dur à digérer après trois nuls successifs, mais on ne méritait peut-être pas mieux. La CAN a-t-elle révélé les limites de cette équipe ou celles de… Benzarti ?
Il n’y a pas eu un seul match parfait pour les Aigles de Carthage. A chaque fois qu’ils ont fait match nul, ils auraient pu perdre. Ils n’arrivaient pas à convaincre et à imposer, ni même à se faire admirer alors que d’autres équipes, aussi jeunes, telle cette Zambie, composée de l’effectif le plus jeune du tournoi, ont arraché l’admiration des observateurs et du public…
Pouvoir et… déboires !
On s’attendait à beaucoup mieux de la part du sélectionneur. Il connaît, normalement tous les joueurs et à l’issue de deux stages de préparation, il ne peut dire qu’il n’a pas bénéficié des meilleures conditions exigées. Bien au contraire, il a en tout ce qu’il voulait, y compris l’annulation du stage prévu au Portugal pour pouvoir se rendre à Abou Dhabi, là où l’équipe n’a pu dénicher aucun adversaire pour bien se préparer. Et comme il était le nouvel homme fort de la sélection, ayant été imposé à la FTF, il n’y a eu que des «oui» à ses idées et ses… ordres. Pour revenir au tournoi, disons que Benzarti a pleinement profité du statut de nouvel entraîneur, courageux mais nullement magicien pour faire des miracles ! Il a fait des choix, qu’il juge les meilleurs et il en endosse aujourd’hui la responsabilité.
Inutile de revenir sur les noms car il y a toujours à dire et redire sur n’importe quelle liste. Ce sont, plutôt, les options tactiques qui nous intéressent, et là, les erreurs du coach ont été plus que nombreuses. Tout a commencé aux stages effectués à Sousse et puis à Abou Dhabi avec une préparation physique poussée que les joueurs ont acceptée sans grande conviction. Ce fut ensuite l’annulation d’un stage au Portugal avec trois matches amicaux contre des équipes africaines (Angola, Burkina Faso,…) et la décision d’aller à Abou Dhabi. Il y a eu la liste des vingt trois et là, le sélectionneur a essayé de satisfaire tout le monde en convoquant des joueurs qui ne vont être là que pour faire de la figuration (El Ifa, Chammam, Hammami…) alors que d’autres, plus performants, ont été ignorés. Au cours des trois matches disputés, on a constaté à chaque fois, une mauvaise gestion de l’effectif. Darragi, blessé, a juste trouvé le temps de… se faire mal et quitter le tournoi. Souissi a été reconduit sur le côté droit, Dhaouadi a souvent évolué en ailier… droit alors que la bonne formule en attaque n’a pas été trouvée. Les résultats réalisés ont finalement récompensé les efforts de l’équipe qui, à chaque fois, ne méritait ni de gagner, ni de… perdre ! On s’attendait à voir l’équipe user de moyens tactiques et techniques plus lourds avec le pressing et le jeu en mouvement, mais la déception était au rendez-vous avec un rendement en dents de scie et très peu de satisfactions individuelles. Les joueurs ont montré leurs limites, mais ce fut le cas, malheureusement, pour leur coach, aussi…
* Kamel ZAÏEM

