Retour à la case départ…
Le conflit du Proche-Orient est en passe de battre Barack Obama par ippon. Malgré toute sa bonne volonté, le Président américain accuse, en effet, le coup et semble même gagné par le blues et la sinistrose. Dépité de n’avoir pas réussi à faire mieux là où ses nombreux prédécesseurs ont lamentablement échoué, il découvre subitement la candeur toute vulnérable d’un président désarmé face à un dossier extrêmement compliqué voire impossible. Le propos du chef de l’exécutif U.S. qui avait promis mont et merveilles et suscité un énorme espoir parmi les pays de la région en dit long à ce sujet : «C’est vraiment très dur (…) Et si nous avions anticipé plus tôt certains de ces problèmes politiques de la part des deux camps, nous n’aurions pas suscité des attentes si fortes», a confié le président américain dans une interview au magazine Time parue jeudi.
La nature proche-orientale ayant, elle aussi, horreur du vide, reprend ainsi ses droits de manière brutale. Elle nargue un autre président qu’elle a fini par écurer sans trop forcer la dose. Elle semble même avoir battu un record, car Barack Obama est en passe apparemment de jeter l’éponge, moins d’une année après avoir relevé le challenge.
Même s’il s’est dit «résolu à continuer d’uvrer avec les deux parties pour tenter de faire des pas vers une solution à deux Etats», le Président américain n’y a plus le cur. C’est une évidence. Et s’il persiste encore à croire au miracle, c’est simplement par obligation morale. Sans plus. Auréolé d’un prix Nobel de la paix, tout pimpant, il est comme qui dirait, pris au piège d’une sordide et vicieuse affaire avec obligation de résultats.
Le mea culpa d’Obama remet, en tout cas, la nouvelle administration américaine à l’heure d’une dure réalité moyen-orientale qui interdit les rêves démesurés, comme celui de deux Etats vivant côte à côte.
Il faut dire que l’échec de la nouvelle équipe au pouvoir à Washington était prévisible.
En ce sens que celle-ci ne s’est pas donné réellement les moyens de concrétiser ses ambitions. Le changement de ton dans le discours de la Maison-Blanche à l’égard d’Israël au début du mandat d’Obama, pour faire pression sur le gouvernement israélien et le contraindre à revenir à de meilleures intentions, n’aura été finalement qu’un simple feu de paille. Le puissant lobby juif qui veille toujours au grain du côté du Congrès a fini par calmer les ardeurs toutes «révolutionnaires» de l’administration Obama qui voulait - du moins en apparence - bousculer un ordre préétabli, hermétiquement cadenassé voire inamovible. Quelles qu’en soit les pressions et les conditions.
Finalement, on retourne à la case départ, c’est-à-dire la même galère, le même cercle vicieux. On tourne tous littéralement en rond sans connaître le bout du tunnel, tout comme ce pauvre George Mitchell qui a entamé jeudi une nouvelle et difficile navette entre Israéliens et Palestiniens en plein échange acrimonieux.
Il a une patience trempée dans l’acier, Monsieur Mitchell, lui qui tente crânement de concilier des positions aux antipodes. Il a beau se cogner contre un mur hermétiquement fermé, il revient malgré tout à la charge en ravalant, à chaque fois sa déception voire sa dignité froissée.
Mine de rien, en se démenant comme un beau diable malgré les déceptions , Il comble quelque peu le vide macabre et apathique laissé par les pays arabes.
Et c’est là tout le mérite, et non des moindres, de M. George Mitchell…
* Chokri BACCOUCHE

