Tunisie-Cameroun vu par Rejeb Essayeh: «Un manque de rigueur lourdement pénalisant»

Mauvaise gestion des deux avances au score, naïveté, défaut de marquage, relance clopinante, changements toujours aussi tardifs, tels sont les facteurs qui ont précipité l’élimination des Tunisiens.
«S’il est vrai que les joueurs, une fois le coup d’envoi du match donné, doivent s’attendre à tout scénario imaginable, ils furent visiblement les premiers surpris par le but précocement marqué. Ma lecture personnelle me dit qu’ils étaient tellement conditionnés par la consigne initiale, à savoir gérer avant tout le temps et ne pas encaisser de but, que l’ouverture du score aussi prématurément, les a déstabilisés. A vrai dire, les Camerounais, aussi, ont pâti de cette tournure inattendue des événements, mettant beaucoup de temps pour retrouver leurs repères et leur meilleure articulation. Ce dont nos joueurs ont profité pour exercer leur pressing. Mais force est de constater que ce dernier a été matérialisé grâce au moral et au physique encore pimpant plutôt que consécutivement à un quelconque schéma tactique. Et encore grisés par leur avance au score, ils n’ont pas osé s’aventurer devant, en dehors du KO raté par Mikari, sur une opportunité avec Chermiti, mal négociée. A l’entame de la seconde mi-temps, les nôtres auraient dû se comporter en avertis bien avisés, pour éviter de prendre un but d’entrée de jeu. Et d’être à notre tour victimes du même scénario vécu par notre adversaire. Naïveté répréhensible et absence de marquage tout aussi condamnable donc. C’est qu’il y a en football une règle de base à observer scrupuleusement, à savoir gérer sciemment les entames de chaque période. Ces mêmes lacunes se sont vérifiées après le second but, somme toute heureux. Gagnés par l’euphorie, nos joueurs, notamment les défenseurs, ont encaissé un but pratiquement similaire au premier, suite à une absence de marquage individuel, qui aurait dû être systématique, s’agissant de la zone de réparation. A (2-2) le mental et le physique des joueurs en ont pris un sacré coup, si bien que le pressing en question ne pouvait plus être de mise.
Par ailleurs, les changements effectués furent, à mon sens, tout aussi tardifs que lors des deux premiers matches. Ben Sâada, le seul à même d’assurer une bonne relance a longtemps fait défaut à l’équipe, alors que les deux autres changements, poste par poste, l’ont été pour le simple changement.
Je voudrais remarquer, sur un autre plan, que le foot n’est pas l’athlétisme. A quoi cela servirait-il de parcourir une dizaine ou une quinzaine de kilomètres, si, une fois le ballon récupéré, on le remet à l’adversaire. Il n’y a qu’à voir le nombre incalculable de balles perdues par Ragued et surtout Korbi, pour s’en rendre compte. Et même la récupération, elle se fait la plupart du temps, suite à des fautes criantes commises. Et à ce propos, Korbi a échappé à plusieurs cartons, dont un ou deux rouges indiscutables. Ce défaut de relance propre a donc lourdement pénalisé le jeu des nôtres.
Et maintenant ? Le temps est, je présume, à la réflexion. Si l’on juge à titre indicatif, que le «banc» est d’une telle indigence, c’est que les choix faits sont erronés ou que la qualité fait cruellement défaut. Il y a certes, des circonstances atténuantes, au vu de la période de préparation assez courte, mais le goût d’inachevé et le sentiment de frustration, par rapport à ce qui pouvait potentiellement se faire, demeurent très perceptibles».

* Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com