Les pérégrinations de Daly: Le temps des interrogations
A près celle du Mozambique, c’est autour de la CAN 2010 de nous valoir une nouvelle déception. C’est que notre football, est en train de perdre du terrain et surtout de sa crédibilité.
Toutefois, et pour relativiser, on dira qu’à quelque chose malheur est bon. Peut-être que cette double élimination va nous servir de plate-forme pour revoir nos choix et notre manière de gérer le quotidien du football à partir des clubs car c’est là où réside le mal chronique du sport roi, en Tunisie.
D’un autre côté, on reviendra sur l’attitude étrange du sélectionneur national Faouzi Benzarti, dimanche dernier. Une attitude nerveuse même si l’intéressé s’est rétacté par la suite pour se montrer plus coopératif.
Enfin, on reviendra sur les plateaux d’analyse technique et là on évoquera la manière sobre adoptée par la chaîne Nessma TV. Une manière qui nous procure une bouffée d’oxygène grâce aux connaissances approfondies du duo Zouaoui et Samir Sellimi.
Relever la tête
On dit souvent qu’à quelque chose malheur est bon et peut-être que cette élimination, certes peu glorieuse de la CAN, va nous servir de tremplin pour rebondir et retrouver nos vertus.
Cruel sort donc pour l’équipe de Tunisie mais un sort quelque peu attendu, eu égard à plusieurs facteurs qui se sont réunis pour aboutir à cet échec cuisant. En premier lieu on évoquera la préparation hâtive et menée à l’emporte pièce, mais ce n’est pas là où réside le mal chronique du football tunisien. En effet, notre football se trouve depuis un certain temps au creux de la vague comme en témoigne l’incapacité de nos clubs à s’imposer dans les compétitions continentales. C’est là un signe qui ne trompe pas, au contraire, c’est un signe révélateur car c’est à partir des clubs qu’on commence à bâtir l’édifice d’une équipe nationale. Au niveau des clubs, on a souvent tendance à gérer le quotidien à la légère d’où ce manque manifeste de la formation de base. A ce propos, on va se référer au premier but encaissé en amical face à la Gambie et au second but encaissé jeudi face au Cameroun.
Face aux Gambiens, nous avons encaissé le premier but suite à un mauvais contrôle de balle au milieu de terrain, alors qu’on était en train de construire une attaque. Résultats: un contre rapide, un centrage ponctué par un but après que l’arrière opposé n’ait pas effectué la couverture en diagonale pour couper la trajectoire.
Face au Cameroun, c’est encore un défenseur qui n’a pas effectué la couverture en diagonale pour faire au moins un écran. Et le résultat? On a encaissé un second but synonyme d’élimination.
Pourtant, ce sont là les ABC du football et il n’appartient pas à l’entraîneur national de corriger ces erreurs à répétition.
C’est au niveau des clubs qu’il faut revoir les méthodes de travail et formation pour pouvoir relever la tête au plus vite.
Excès de nervosité
Même s’il s’est rétracté par la suite, l’entraîneur national Faouzi Benzarti n’est pas exempt de reproche après son attitude bizarre, dimanche devant les caméras de télévision.
On connaît certes le tempérament de Benzarti qui était très tendu après le nul face à la Zambie, mais son devoir de sélectionneur lui interdit un tel comportement. Certes aussi, certains commentateurs font preuve d’un excès de zèle mais le rang de sélectionneur oblige Benzarti à apporter les explications nécessaires quant aux choix des joueurs, des remplacements et des options stratégiques. En bref, c’est un comportement à bannir et Benzarti doit impérativement se montrer plus cordial et plus coopératif même à contre cur.
Nessma, le bouffée d’oxygène
Il y a une semaine, j’évoquais sur ces mêmes colonnes, les analyses fallacieuses proposées par les plateaux de télévision. Des analyses loin d’être objectives et constructives, mais force est de reconnaître qu’il y a des analyses objectives dont celles proposées par Ness El CAN sur la chaîne Nessma TV. En effet, grâce au métier et aux connaissances des consultants Zouaoui, Samir Sellimi, Aliou et Riadh Bouaziz. L’approche des rencontres de la CAN et leurs commentaires constituent une véritable bouffée d’oxygène pour les puristes. Ceci est d’autant plus vrai que les consultants de Ness El CAN ont eu la sagesse d’éviter de mettre en doute les valeurs et vertus de l’équipe nationale avant son dernier match, même s’ils n’ont pas manqué et avec beaucoup de courtoisie d’émettre des doutes quant à certains choix. Un choix donc judicieux, pourvu qu’on persévère et consolide cette option à saluer.
* Par Mohamed Ali Ferchichi

