Villages d’enfants SOS : «Parrainer un enfant pour un dinar seulement»





Il suffit de verser un dinar par jour, pour parrainer un enfant SOS. Comme quoi l’argent ne fait pas le bonheur d’un enfant abandonné, mais il y contribue.
Le village d’enfants SOS Gammarth... Autant de figures maternelles récurrentes, de voix devenues familières, de destins singuliers qui se croisent en un lieu qui depuis 1981 a été voué à l’enfance abandonnée… pour le rester. «Le concept de village d’enfant SOS a été créé dans le monde depuis 60 ans en Autriche. Sa branche tunisienne a démarré en 1981 à Gammarth pour inclure d’autres régions. On compte, pour le moment, deux autres villages sis à Mahrès et Siliana et, prochainement, le village d’Akouda ouvrira ses portes. L’Association des villages d’enfants SOS est financée à raison de 70% par l’association internationale», avance M. Chadly Bécha le Président de l’association tunisienne.
Et en matière de protection de l’enfance abandonnée, il y a lieu de remarquer que la Tunisie est un pays bien nanti «On est un pays exemplaire en matière de protection de l’enfance et de son encadrement. On a même créé des spécificités nationales, comme l’intégration du village à son environnement. En ce sens où la 12e maison SOS est implantée non pas dans le village mais dans les parages. Autre spécificité tunisienne, le jardin d’enfants du village qui accueille des mômes du quartier avoisinant. L’expérience nous réussit bien, car ces enfants et leurs mamans s’adaptent bien à la vie sociale» remarque M. Naceur Hadj Salem, le directeur national de l’association en question.
Chaque village est en lui-même une structure sociale composée d’une fratrie SOS, une mère et une mamie SOS, une maison SOS référence pour chacun, et une vie sociale qui inclut les loisirs. Cette structure familiale est supervisée par un chef incarné par un directeur assisté par un personnel qualifié, composé d’un psychologue, d’une assistante sociale, d’un éducateur et d’un comptable. Une bibliothèque, des clubs de musique, de théâtre et des excursions sont déjà des acquis pour ces enfants qui vivent dans le confort de leurs habitations jusqu’à l’âge adulte. Mais c’est là que le bât blesse et qu’il faut avouer que certains parmi eux vivent aussi à la lumière ou à l’ombre de leurs souvenirs d’enfance, une fois devenus adultes… Le Président de l’association nous répond par le fait qu’«Il est une loi en Tunisie qui donne aux enfants SOS le droit d’avoir un patronyme. Il n’est plus question dans notre pays d’enfants nés ‘‘sous x’’. Les bébés abandonnés dans des hôpitaux transitent par l’Institut national de la protection de l’enfance, INPE, avant d’être accueillis dans notre village» confie M. Chadly Bécha. «Ces enfants pris en charge par l’association y sont adoptés jusqu’à l’âge du mariage pour les filles. Pour les garçons, il suffit d’être embauché pour quitter le foyer pour adultes. Ces enfants sont comme les nôtres, on les protège jusqu’à ce qu’on soit sûr qu’ils vont voler de leurs propres ailes», ajoute-t-il.
Notre culture islamique aidant, ces enfants sont adoptés financièrement par des actions de bienfaisance de bon nombre d’entreprises qui ont les moyens de parrainer des familles SOS, à raison de 8000 DT par an. «Pendant les fêtes religieuses on est submergé par les cadeaux. A titre indicatif, on a reçu quelque 180 bêtes ovines, pendant l’Aid El Kébir. Les enfants SOS sont carrément noyés sous les joujoux» confie M. Bécha. Et pour les personnes physiques? L’association a trouvé une formule à la portée de toutes les bourses qui permettrait à tout un chacun d’apporter sa contribution. «Un dinar tunisien par jour permet de parrainer un enfant SOS. C’est la formule qui a permis à nos amis européens de collecter quelques 20 millions d’euros. On expérimente cette nouvelle formule en Tunisie dont la réussite dépendra de la bonne volonté de nos concitoyens» conclut le président de l’association.


* Mona BEN GAMRA




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com