Une crise sans précédant : La Grèce au bord de la faillite





Le Quotidien-Agences
Toute l’Europe est à la manoeuvre pour sauver la Grèce de la faillite. En échange du soutien des Européens, dont les détails financiers ne devraient être finalisés qu’en début de semaine prochaine, la France et l’Allemagne ont toutefois posé à la Grèce «des exigences bien supérieures à celles que la Commission européenne a annoncé» en termes de réduction des déficits, selon une source diplomatique européenne.
Il s’agit de rassurer les marchés sur la capacité d’Athènes à rembourser ses emprunts, et d’éviter une contagion d’autres pays, à commencer par l’Espagne et le Portugal, dont les finances publiques inquiètent aussi fortement.
«Il faut soutenir la Grèce, c’est clair. Et c’est l’Europe et l’Eurogroupe (le forum des ministres des Finances de la zone euro, ndlr) qui vont le faire», a déclaré le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui assure la présidence tournante de l’UE.
Mais en Grèce, l’amertume est à peine voilée. Mis à l’index par les dirigeants européens, jeudi à Bruxelles, le Premier ministre grec a fait part de sa déception après la déclaration d’intention des pays membres de l’Union. Certes, ceux-ci lui ont témoigné – à l’unanimité – leur «soutien politique», mais Georges Papandréou, qui est confronté à un risque de banqueroute, escomptait davantage de ses partenaires. «Devant un phénomène sans précédent dans la zone euro, nous sommes devenus des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l’Europe, analyse-t-il. On a vu de nombreux médecins avec des prescriptions différentes. Mon sentiment est que l’Europe n’a pas encore compris sa force pour élaborer des règles et des politiques afin de faire face aux marchés internationaux».
Car la Grèce, et plus généralement la monnaie européenne, demeurent dans l’œil du cyclone. Pointant «un brouillard d’incertitudes», les marchés financiers ont réagi à la baisse, vendredi. L’euro, qui s’échangeait à 1,3532 dollar vers 11 heures, a connu un plancher avec lequel il n’avait pas flirté depuis le 19 mai. Neil MacKinnon, de la banque d’investissement russe VTB Capital, n’a pas écarté le risque «que la crise de la zone euro s’aggrave et vire à une crise monétaire».
Les dirigeants socialistes européens, parmi lesquels le Premier ministre grec Georges Papandréou, avaient rejeté l’idée d’aides apportées individuellement par «certains des pays les plus riches» de la zone euro, et réclamé un soutien solidaire en bloc de l’ensemble des Etats en faisant partie.
«Sans solidarité, si nous essayons de bâtir des solutions seulement sur une base bilatérale au sein de la zone euro, nous prenons le risque de voir la Grèce subir de nouvelles pressions des marchés», a mis en garde le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen.
Parmi les autres options envisagées, figurent des mises à disposition de lignes de crédit, ou encore des garanties apportées par certains gouvernements qu’ils souscriront à des émissions d’obligations d’Athènes, selon une source diplomatique.
Un recours à l’aide financière du Fonds monétaire international (FMI) a en revanche été écarté par un certain nombre de dirigeants européens.
Face à la grave crise budgétaire qui secoue la Grèce, l’UE tente de rassurer les marchés financiers
et de mettre un terme aux attaques spéculatives contre toute la zone euro.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com