Réforme des régimes de retraite : Trois scénarios en vue…





La révision à la hausse de l’âge du départ à la retraite, la création de fonds de pensions, et l’incitation à la souscription au régime des retraites complémentaires constituent les principales pistes à l’étude dans le cadre de la réforme des régimes de retraite.
La réflexion sur la réforme des régimes de retraite, qui figure dans le troisième point du Programme Présidentiel 2009-2014 préconisant l’institution d’«une société d’équilibre et de cohésion entre les individus et les catégories sociales», a été déjà engagée au sein du ministère des Affaires sociales, de la solidarité et des Tunisiens à l’étranger. Sans attendre les prévisions de financement des régimes de retraite à l’horizon 2030, plusieurs pistes sont à l’étude.
L’une des options qui fait l’unanimité au niveau du gouvernement et des partenaires sociaux comme l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) consiste à remplacer le régime de répartition actuel par le système de capitalisation. Ce dernier repose essentiellement sur la création de fonds de pension, qui seraient alimentés par les cotisations d’employeurs et de salariés. Les fonds collectés devraient être placés sur le marché financier à travers un portefeuille d’actifs financiers (actions et obligations). Le rendement de ces investissements permet de servir les pensions
Le régime de répartition qui repose sur la «solidarité entre les générations» dans le sens où ce sont les cotisations des actifs qui financent directement les pensions des retraités a montré ses limites sous l’effet de la baisse continue du ratio actifs /retraités. Selon une récente étude scientifique sur la situation financière des deux caisses de sécurité sociale élaborée par le département de la couverture sociale, de la santé et de la sécurité professionnelle relevant de l’UGTT, le ratio actifs/retraités dans le secteur public se situe à 3,6 actuellement contre 5,3 en 1990. Dans le secteur privé, ce ratio actifs/retraités est de 4,7 contre 5,65 en 1995.
Clignotants au rouge
L’étude de la centrale syndicale révèle que le déficit de la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) a atteint un niveau record en 2007. Le trou enregistré dans la trésorerie de cette caisse, qui couvre surtout le personnel de l’administration, a en effet atteint 37,922 millions de dinars. Un scénario tendanciel va encore plus loin. La CNRPS pourrait épuiser toutes ses réserves à l’horizon 2015 si rien ne sera fait pour renflouer sa trésorerie.
De son côté, la Caisse Nationale de sécurité Sociale (CNSS) a enregistré un déficit de 109,011 millions de dinars en 2006 contre «un trou moins béant» de 9,014 millions de dinars en 2005 et un excédent de 43,73 millions de dinars en 2004. Cette caisse qui couvre essentiellement les salariés du secteur privé serait d’ailleurs incapable d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses adhérents à partir de 2014.
Les experts imputent la détérioration des équilibres financiers des deux caisses à l’accroissement des dépenses à un rythme beaucoup plus rapide que celui des ressources sous l’effet de nombreux facteurs socio-économiques. Le plus important facteur consiste à la hausse continue de l’espérance de vie en Tunisie. Cet indicateur était de 55 ans en 1975 alors qu’il est de 74 ans actuellement.
Révision à la hausse
La deuxième piste à l’étude concerne la révision à la hausse de l’âge du départ à la retraite sur la base d’études sectorielles. Tous les métiers ne seront pas, de ce fait, logés à la même enseigne. L’âge minimum proposé serait de 63 ans contre 60 ans actuellement. Pour certains secteurs jugés peu pénibles, et où l’entrée en activité est tardive (médecins spécialistes, enseignants du supérieur..) l’âge du départ à la retraite serait porté à 67 ans, voire même à 70 ans. L’option de reculer l’âge de la retraite aboutira systématiquement à l’amélioration du ratio «actifs/retraités» et par conséquent à la diminution du volume financier des pensions. Mais, ceci veut également dire qu’il y a moins de postes libérés à l’heure où le chômage des diplômés va crescendo. Et c’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’une autre option devrait être retenue. Il s’agit de l’incitation des assurés sociaux à la souscription au régime de retraites complémentaires et de contrats d’assurance-vie.


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com