Recherche : La Méditerranée entre l’entente et la détente





La faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis vient d’abriter le premier épisode d’un cycle de colloques méditerranéens.
Le choix de ce cycle de colloques internationaux, s’articulant autour de la mer Méditerranée, est en rapport avec l’intérêt accru, économique et sociopolitique, porté sur cette région du monde où l’atmosphère oscille entre l’entente et la détente, comme toutes les zones tampons entre deux mondes différents.
Une entente concrétisée par le projet «processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée» réunissant 44 membres et comportant plusieurs dimensions de ce partenariat euro-méditerranéen.
Une autre dimension de l’entente est mise en valeur par de multiples colloques internationaux, dont ce cycle, où experts et universitaires des deux bords de la (Mare nostrum) jettent des regards croisés sur les diverses problématiques pouvant mettre en péril l’avenir du partenariat entre les deux bords.
Gouvernements et sociétés civiles sont associés pour réussir ce challenge. La preuve, M. Ridha Grira, ministre de la Défense nationale, a affirmé lors de l’ouverture des travaux de ce colloque international la volonté du gouvernement tunisien de «soutenir la solidarité internationale en préservant la souveraineté nationale» avant de citer Fernand Braudel «la Méditerranée est une œuvre reprise sans cesse par les hommes».
Venant de l’autre rive, la fondation allemande, Hanns Seidel, a soutenu le laboratoire de recherche : droit communautaire et relations Maghreb-Europe et le Mastère de droit de l’environnement et de l’aménagement des espaces, dans la tenue de ce cycle de colloques. Son délégué régional Maghreb, Dr Jürgen Theres, a estimé que «la coopération euro-maghrébine est bien en deçà de ses énormes potentialités et des attentes des citoyens» et que «chacun doit s’employer à élargir les domaines de coopération et construire une zone de paix durable, de stabilité et de prospérité».
Les origines de la détente
Experts et universitaires ont certes débattu durant trois jours de diverses questions portant sur la mer Méditerranée en matière de droit de la mer, de délimitation du plateau continental, de droit de navigation, ainsi que de la politique marine européenne en rapport avec la Méditerranée. Mais, ils n’ont pas manqué de traiter aussi des questions en rapport avec la migration qui est désormais une source de détente.
Certes, les questions abordées touchant la migration se sont intéressées à ses implications juridiques et son rapport avec le droit de la mer en Méditerranée. Donc, elles n’ont pas abordé directement ni ses raisons, ni ses conséquences. N’empêche que tout l’enjeu de ces échanges euro-méditerranéens, c’est de transformer cette migration en une véritable complémentarité entre le Sud et le Nord.
Ce cycle de conférences ne fait donc que prospecter le terrain et baliser les difficultés pour une véritable synergie dépassant le cadre du droit de la mer vers une connexion socioculturelle entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com