Journée internationale de la femme : La femme est l’avenir de la Tunisie





Il n’y a pas un champ où elles ne sont pas présentes. Investissant tous les domaines sans exception, seront-elles les bâtisseuses de la République de demain ?
Tunisie 2050. Les agences de presse viennent de rapporter la nouvelle de l’attribution du prix Nobel de physique et pour la première fois à une femme tunisienne pour ses recherches dans le domaine de l’astrophysique nucléaire. L’année 2050 sera clôturée en beauté en Tunisie. C’est la bonne récolte pour un pays qui a su désormais faire parler de lui, durant ces deux dernières années et dans divers domaines.
Côté diplomatie, Mme la ministre des Affaires étrangères vient d’entamer une tournée historique en Asie où elle rencontrera ses homologues à Tokyo, Singapour, Shanghai, Pékin puis Séoul, partenaires stratégiques de la Tunisie ; Visites qui viennent sur le fond de la dernière rencontre de Mme la première ministre tunisienne avec le premier ministre coréen où ils ont débattu des possibilités de renforcer de plus en plus les relations entre les deux pays.
La femme, la force tranquille de la Tunisie, a confirmé cette année qu’elle a son mot à dire et dans plusieurs domaines d’où l’élection au début de cette même année par l’Assemblée générale, sur une liste faite par le Conseil de sécurité, d’une juge tunisienne pour figurer dans la composition du Tribunal Pénal international de la Haye.
C’est l’un des scénarios qu’on peut imaginer pour les années à venir. De l’exagération ? Mais pas du tout, si nous nous référons à certains signes annonciateurs d’une féminisation aussi importante dans plusieurs domaines du monde professionnel.
L’évolution tranquille
«La femme est l’avenir de l’homme» a écrit Louis Aragon. A cette époque, cette phrase sonnait comme une prédiction. Quelle sera alors la réaction de l’Allemand Schopenhauer qui annonçait que «la femme est un animal à cheveux longs et aux idées courtes», s’il était de retour et voyait que c’est une femme qui dirige aujourd’hui le peuple de Germania? Idem pour Tahar Haddad qui a défendu corps et âme la cause de la femme tunisienne, appelant à une amélioration de sa situation ? Le 7 mars 2010, juste vingt-quatre heures avant la célébration de la Journée internationale de la femme, plusieurs questions sont devenues de nos jours des poncifs du moins pour la femme tunisienne. Des réformes constitutionnelles sont venues renforcer le principe d’égalité entre l’homme et la femme, contribuant à la consolidation des résultats obtenus dans le domaine de l’éducation. Si elle est sortie de son isolement et qu’elle s’est frayée un chemin et s’est insérée dans la société, c’est grâce à un programme de scolarisation qui a constitué le maillon fort de la modernisation de la société ; société qui a trouvé grâce à cette présence féminine, l’harmonie et l’équilibre.
Partie prenante de la vie publique, elles ont aujourd’hui investi plusieurs domaines professionnels qui étaient auparavant réservés aux hommes. «L’égalité des sexes a acquis dans notre pays une reconnaissance juridique institutionnelle et une légitimité civique. Les progrès accomplis et les droits conquis sont aujourd’hui inéluctables ! La nostalgie du passé qui hante certaines Tunisienne reflètent parfois une souffrance psychologique. En les éloignant du foyer, le besoin matériel d’un second salaire leur donne le sentiment de trahir leur mission originelle d’épouse et de mère. L’évolution individuelle est entravée par les contraintes familiales, les tâches de soin aux enfants et aux personnes dépendantes étant assumées par les femmes. L’absence d’infrastructure sociale de garde et de soins, qui permettrait une meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, constitue un obstacle pour l’épanouissement de certaines femmes des couches moyennes et défavorisées», nous explique Mme Iqbàl Al Gharbi, sociologue et enseignante d’anthropologie religieuse à l’Université de la Zitouna.
Après l’économie, vient la politique
D’ailleurs, après avoir investi la sphère économique, elles tentent aujourd’hui d’être «femme en position de pouvoir», investissant davantage les domaines des sciences, des technologies et de la politique. Dans cet ordre d’idées, la Tunisie a vu la nomination, ces dernières années, de plusieurs femmes ministres, secrétaires d’Etat, ambassadrices…D’autres ont su décrocher des sièges à la Chambre des Députés et des conseillers, dans les conseils municipaux etc. En 2004, la Tunisie a vu pour la première fois la nomination d’une femme gouverneur pour le gouvernorat de Zaghouan. Outre le Rassemblement Constitutionnel Démocrate où la femme tunisienne est bien présente, les autres partis ont vu l’entrée par la grande porte de la gent féminine. En décembre 2006, Maya Jribi est devenue la seule femme présidente d’un parti politique en Tunisie : le Parti Démocrate Progressiste (PDP). Afin de renforcer davantage la présence féminine, la Tunisie a confié de hauts postes à des femmes comme le Médiateur administratif, premier président de la cour des comptes, président directeur général d’entreprises publiques, directeur de l’Institut Supérieur de la magistrature.
Ambitieuses, les femmes ont su profiter de cette étendue d’acquis socio-juridiques, de réformes et de changements pour prendre part à la marche du développement. Reste qu’aujourd’hui, malgré ces avancées, l’accès des femmes aux postes de décision reste faible. Elles n’ont fait qu’ouvrir la porte devant les nouvelles générations de femmes qui rêvent de labourer côte à côte et dans l’égalité avec les hommes pour un avenir meilleur.


Imen ABDERRAHMANI


Savez-vous ?


— Que la population active féminine constitue 25% de l’ensemble de la population active tunisienne en 2007 ?
— Que selon les informations publiées sur le portail de la femme tunisienne, la Tunisie a dix-huit hauts fonctionnaires dans les instances internationales et dans différentes catégories : à la Commission Economique pour l’Afrique, au Département des opérations de maintien de la paix, à l’Office des Nations Unies à Vienne et à celui de Genève, au Département des affaires politiques, au Département de l’Assemblée Générale  et de la gestion des Conférences, au Département des affaires économiques et sociales, au haut commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, à la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement ?
— Qu’en 2007, la Tunisie compte : 22,7% de femmes pour la composition de la chambre de députés, 27,4% dans les conseils municipaux, 34% dans le domaine de la presse et de la communication, 24% dans le secteur diplomatique, 18.000 femmes chefs d’entreprise ?


Dans le secteur judiciaire


En 2005, la Tunisie comptait :
- 509 femmes magistrats, sur un total de 1764, soit un taux de 28.85 %.
- 1303 femmes avocates, sur un total de 4295, soit un taux de 30%.
- 53 femmes expertes judiciaires, sur un total général de 1863, soit un taux de 2.5 %.
- 185 femmes huissiers notaires sur un total général de  994, soit un taux de 19%.
- 94 femmes huissiers de justice sur un total général de 769, soit un taux de 13%.
- 20 femmes interprètes assermentées, sur un total général de 81, soit un taux de 24.5 %.
- 7 femmes mandataires de justice et liquidateurs judiciaires sur un total de 76, soit un taux de 9 %.
- 5 femmes administrateurs judiciaires sur un total  général de 62, soit un taux de 9 %.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com