Vu en France : Une «faveur» pour les Français nés à l’étranger





* De notre correspondant permanent François Bécet
Conscients du ridicule des tracasseries administratives faites aux Français nés à l’étranger qui renouvelaient leurs papiers d’identité, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé une simplification : la présentation d’une carte d’identité suffira pour obtenir un passeport, et réciproquement.
Plus besoin de prouver que ses parents, voire ses grands-parents étaient bien Français.
Autre bon point pour le pouvoir : à l’issue d’un entretien à l’Elysée, les dirigeants des grandes banques ont indiqué qu’ils prêteraient 96 milliards d’euros aux PME et aux TPE, soit 3% de plus qu’en 2009, année où les objectifs n’avaient pas été atteints (2,7% au lieu de 3 à 4%). Les moyens, petits et très petits entrepreneurs sont sceptiques et apprécient davantage la décision des banquiers de réduire à quinze jours le délai de réponse à leurs demandes de financement. Tout dépendra en fait de la reprise ou non de l’économie…
Notre Président serait-il jaloux de son prédécesseur et d’autres hommes politiques bien accueillis par les agriculteurs? Arrivé en catimini au Salon avant l’heure d’ouverture au public, il a déclaré que «ce n’est pas au nombre de mains serrées que l’on va régler le problème des agriculteurs». Exact, mais ce n’est pas non plus en promettant 800 millions de plus de prêts que l’on sauvera les secteurs en crise. Même bonifiés, il faut rembourser les sommes avancées… Pour le reste, Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité est encore en baisse, a tenu, en gros, le langage qu’il tient à tous ceux qui sont en difficulté : je ne vous abandonnerai pas. Ainsi, il a lancé : «l’agriculture reste un secteur stratégique de l’économie français»(…) «Un agriculteur est un entrepreneur qui doit vivre des prix de sa production et non de subventions»… Peu de concret sinon l’annonce de l’allègement des charges patronales et de la suppression totale des charges sociales sur les saisonniers.
Polémique autour d’une patate
Cette semaine a également été marquée par l’autorisation, donnée par la Commission européenne, de cultiver une pomme de terre génétiquement modifiée, nommée Amflora et créée par le chimiste allemand BASF. Les écologistes ont aussitôt demandé au gouvernement d’interdire, ce qui est son droit, la culture de cette patate OGM destinée à la production de papier et qui contient un gène de résistance aux antibiotiques, ce qui est normalement interdit depuis 2001 en Europe… La France a déjà fait jouer la clause de sauvegarde pour interdire la culture sur son sol d’un maïs OGM.
Selon José Bové, il reste des pommes de terre dans le sol après la récolte et elles peuvent ressortir lors de récoltes normales suivantes. On peut donc avoir des patates OGM dans notre assiette… D’autre part, l’agence européenne de sécurité des aliments, l’Efsa, qui a donné son feu vert, est accusée d’incompétence, voire de collusion avec les industriels. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno ne reconnaît pas ses expertises… Cependant, les deux études françaises consacrées à l’Amflora concluent qu’elle ne présente aucun danger pour l’homme.
Le ridicule, on le trouve aussi maintenant dans notre football, moins dans la défaite face à l’Espagne que dans l’intervention d’hommes politiques pour exiger la démission de Raymond Domenech qui est sans doute l’homme le plus détesté de France. Il est pourtant plutôt sympa notre sélectionneur… Un député UMP, Jean-Michel Gonnot affirme : “C’est une question de fierté nationale. Que les politiques parlent de la vie des gens. Aujourd’hui dans la vie des gens, il devrait y avoir l’Equipe de France. Quand on pense à l’Equipe de France, on pense à un désastre annoncé. Ça c’est inacceptable.” Pour ce député, les Français qui souffrent déjà de la crise économique n’ont pas besoin de voir une équipe de France se faire «humilier et ridiculiser». Aussi stupide que les demandes d’interdiction du foot après la main de Thierry Henri…
Une question : en interpellant Agathe Habyarimana la veuve de l’ancien président assassiné en 1994, soupçonnée depuis longtemps d’avoir pris une part active au génocide, la France ne paie-t-elle pas le prix des retrouvailles avec Kigali?
Notons pour terminer qu’après avoir grandi, l’écart entre la gauche et la droite pour les prochaines Régionales a tendance à se resserrer. Après deux sondages qui la donnait perdante dans son fief alsacien, la majorité garderait facilement le contrôle de la région.
Bonne semaine.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com