Philipe Van Labeke (Osprey France) : «La vapeur d’eau au service de l’hygiène»





Le Salon Tunisia Health Expo qui prend fin aujourd’hui, a permis aux professionnels tunisiens de la santé de voir de près un procédé de bio-nettoyage en milieu hospitalier. Interview.
Par quoi s’explique tout cet intérêt au bio-nettoyage ?
- Philipe Van Labeke : Il va sans dire que l’on s’intéresse davantage à travers le monde à des solutions qui préservent l’environnement mais cette question revient aussi à s’interroger sur la liaison entre l’environnement hospitalier et les maladies nosocomiales, contractées dans un établissement de santé et causant entre 3.000 et 4.000 décès annuellement en France, à titre d’exemple. Aucun individu ne peut accepter le fait de sortir de l’hôpital, plus malade qu’a son arrivée. Il n’est pas tolérable d’être atteint d’infections liées à l’environnement hospitalier. Comment se permet-on de sortir indemne d’une greffe et de tomber malade d’une légionellose parce que l’eau de la douche à l’hôpital était de mauvaise qualité ? C’est pour cela qu’aujourd’hui, l’environnement hospitalier doit être irréprochable et, à ce titre, le bio-nettoyage est une solution très efficace.
Quel est l’apport du bio-nettoyage par rapport à la désinfection ordinaire ?
Après l’étape de détergence, on obtient une surface parfaitement propre mais sur laquelle peuvent encore résider des bactéries. D’où l’application d’un désinfectant pour tuer ces bactéries. C’est une méthode qui est longue puisqu’il y a d’abord la nécessité d’enlever les salissures puis de faire une détergence, enfin d’appliquer une couche fine de désinfectant et de le laisser agir. En plus, cette méthode comporte le risque de formation d’un microfilm et les bactéries trouvent refuge et vont proliférer. Le bio-nettoyage offre des solutions dites détergentes/désinfectantes qui, en une seule opération, sont capables d’enlever la salissure et de tuer les bactéries.
Peut-on alors complètement remplacer l’usage des nettoyants-désinfectants par la vapeur d’eau ?
Je voudrais d’abord préciser quelque chose. Il me semble que la méthode de nettoyage-désinfection par la vapeur est la seule méthode permettant à la fois la détergence et la désinfection en même temps. C’est le même produit, le même processus qui apporte à la fois la détergence et la bactéricidie.
La méthode vapeur ne peut certes pas être utilisée constamment. Si une infirmière renverse un peu de liquide biologique dans une chambre ou, sur une surface, il est hors de question de sortir la machine et faire le bionettoyage. Le nettoyage avec une détergence -désinfection chimique a et aura encore tout à fait sa place.
A l’inverse, il y a des circonstances où la méthode vapeur me paraît obligatoire. Je pense notamment à l’entretien des blocs en fin de journée ou bien lorsqu’une désinfection est indispensable. Donc là, à mon avis la place de la vapeur est indiscutable. Il y a des bactéries qui résistent aux antiseptiques et aux désinfectants. On les rencontre très souvent au service de réanimation. C’est pour cette raison, qu’à la sortie d’une chambre de patient de réanimation, un nettoyage vapeur me paraît une très bonne chose. De même à la sortie d’un patient qui était infecté ou colonisé par une bactérie multirésistante, le plus simple, le plus efficace et vraisemblablement le plus économique est un bionettoyage par la méthode vapeur.
Comment l’eau, seule, peut-elle avoir autant d’efficacité hygiénique ?
Effectivement le bio-nettoyage par la vapeur est une alternative à l’emploi d’une solution détergente - désinfectante. Cette vapeur d’eau va être projetée sur la surface à nettoyer et à ce moment là l’énergie emmagasinée va servir à deux choses : premièrement la vapeur va, en libérant son énergie pour revenir à l’état d’eau, fournir une grande quantité de force qui va à la fois mouiller la surface et surtout permettre de déterger la saleté, complètement arrachée à la surface. Deuxième utilisation : l’énorme quantité d’énergie préparée dans la cuve, va heurter les bactéries qui vont littéralement exploser. Il ne nous reste plus à ce moment là qu’à récupérer la vapeur d’eau qui s’est condensée, chargée de saleté et de cadavres des bactéries. Ce procédé préserve, d’une part, l’environnement et, d’autre part, désinfecte efficacement. Nous sommes les verts de la désinfection.


Interview conduite par Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com