Les transformations psychiques, un mal quasi nécessaire





Humeur chancelante, émotivité à fleur de peau, hypersensibilité, irritabilité, nervosité, somnolence, agressivité, crises de pleurs sans raisons visibles… au bout de quelques semaines, une femme enceinte peut subitement se transformer au point, parfois, de devenir méconnaissable.En effet, la grossesse impose de grands changements physiologiques et psychologiques que la future maman n’admet pas facilement. Et même si sa grossesse est totalement voulue, cela ne va pas sans la troubler…


Patience, cela ne dure que quelques mois !


Du point de vue scientifique, ces transformations s’expliquent par les importants bouleversements hormonaux.


De fait, elle devient sujette à l’anxiété, surtout en début de grossesse. Elle peut faire des rêves d’accouchement, d’avortement, d’éventrement, de mort…et cela n’exprime que son angoisse et sa crainte de la séparation avec le bébé, après une période de symbiose totale entre le bébé et sa maman…


Mme Eya Nasri, psychologue, dit d’emblée que la femme peut aller jusqu’à souffrir d’une dépression anténatale si elle et son entourage ne sont pas bien préparés aux bouleversements de la grossesse. «La grossesse est une période de la vie qui n’est pas évidente ! Le fait de s’apprêter à devenir maman, matérialise une rupture avec tout un passé et ceci est bouleversant ! Des tas de questions trottent dans la tête d’une femme enceinte. Elle devient plus sensible et passe d’un extrême à l’autre, en manifestant des sautes d’humeur et une certaine ambivalence. Cela dit, même si cet état peut sembler préoccupant, il faut savoir que c’est une phase tout à fait normale et passagère.


Mais ce que je dois dire, c’est que si cette période n’est pas bien gérée, elle risque de se transformer en dépression anténatale. Et quand celle-ci survient, elle est souvent difficilement vécue dans la solitude et la culpabilité.


La grossesse forcément épanouissante n’est qu’un mythe ! Durant la grossesse, une diminution des résistances psychiques est très souvent observée. Les blessures anciennes, jusque-là refoulées, peuvent émerger en force. Le « moi » de la femme enceinte doit trouver un heureux compromis avec l’enfant, mais dans ce processus, il arrive que le fœtus soit perçu comme « un parasite hostile ». Si la future maman manque d’une bonne image maternelle, (liée à sa propre mère), le fait de devenir mère à son tour, déclenche une grande crainte.


Si elle se sent angoissée ou déprimée, il vaut mieux qu’elle soit accompagnée : car une dépression anténatale non traitée peut se poursuivre par une dépression après l’accouchement ! Ce qui aura des conséquences sur la relation entre la mère et son bébé. Cela dit, l’époux a un grand rôle à jouer dans cet épisode. Il doit être présent, discuter avec sa femme des craintes et des pensées négatives, ne doit pas la blâmer ni la forcer à avoir seulement des pensées et des attentes remplies de joies au sujet de cet enfant !


Durant la grossesse, le corps de la femme réalise déjà un travail monstre, même s’il n’est pas encore visible aux yeux du mari. Mais je tiens à préciser que le plus dur a lieu durant le premier trimestre de la grossesse. La femme sera probablement bien plus stable sur le plan émotionnel une fois le deuxième trimestre entamé, et son corps sera mieux adapté à son état de future maman.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com