C.A: Lechantre doit revoir sa copie





Sur ces mêmes colonnes, nous avions loué mercredi dernier le coaching de Pierre Lechantre qui avait vu juste à Sfax en procédant à l’heure de jeu à deux changements consécutifs en incorporant Bilel El Ifa et Karim Aouadhi, à la place de Boujelbène et Oussama Sellami avec un recadrage des joueurs sur le terrain, puisque Ben Yahia retrouvait sa place au milieu de terrain pour apporter son aide et son expérience à ce secteur en manque d’inspiration et de dynamisme.


En assurant une meilleure animation à son milieu de terrain, Lechantre permit à son équipe de ramener une précieuse victoire de Sfax. En outre, l’ensemble avait démontré des progrès au niveau de la tenue collective. On s’était alors dit que le CA avait retrouvé des couleurs et qu’il allait amorcer son vrai départ pour cette saison.


Il n’en fut rien. D’abord parce que le CSS n’est plus que l’ombre de lui-même et ce match ne peut pas vraiment constituer une référence. La preuve, le CSS a concédé une nouvelle défaite à domicile face à l’Espérance et «Sfax» n’a pas finalement pas fait ce qu’attendait d’elle Pierre Lechantre. Ensuite et surtout, le CA s’est avéré incapable d’aligner deux matchs de suite avec la même conviction, la même application et un même rendement régulier.


Contre l’Olympique de Béja, les Clubistes avaient toute la latitude de bien s’exprimer et de présenter un beau football. C’est que l’OB, contrairement à la majorité des équipes du milieu et du bas du tableau qui jouent à El Menzah n’a pas fermé le jeu. Les Béjaois n’ont pas hésité à monter aux avant-postes pour tenter leur chance.


C’est d’ailleurs ce qui nous permit d’assister en cet après-midi pluvieux, sur un terrain lourd, à une partie plutôt plaisante.


Des choix contestables


Pour revenir au CA, le premier constat qui saute aux yeux est qu’il n’a pas un effectif équilibré comme on voudrait bien nous le faire croire. Certes, en nombre, il n’y a rien à dire. Mais en termes de qualité, les postes ne sont pas convenablement doublés. Pour une équipe aspirant jouant les tous premiers rôles sur plusieurs tableaux, cela ne pardonne pas.


Par conséquent, en utilisant les mêmes joueurs, le staff technique s’expose à un manque de fraîcheur physique, à une certaine lassitude et cela engendre des blessures.


Face à l’OB, Nefzi était absent et le hasard a voulu que le CA encaisse deux buts à El Menzah, ce qui ne lui était jamais arrivé depuis le début du championnat à domicile. Mais, l’absence de Nefzi, n’est pas la seule raison. Celle de Mohamed Bachtobji a laissé également un vide et Bacha qui l’a suppléé n’a pas fourni le rendement escompté, surtout qu’en cette période, Souissi et Bilel El Ifa ne sont pas au mieux de leur forme.


D’ailleurs, si ce dernier a réconcilié le secteur défensif avec l’offensive en ouvrant le score, il a vite fait de se déconcentrer, à peine trois minutes plus tard, pour offrir aux visiteurs l’occasion de revenir dans le match.


Le second constat, c’est que beaucoup de joueurs tardent à atteindre la plénitude de leurs moyens. Akrout, par exemple, ne pèse pas assez sur les défenses et a tendance à perdre le rythme en seconde période pour devenir complètement transparent. Quant à Otorogo, on ne comprend pas l’entêtement du staff technique à lui donner une énième chance, toujours sans résultat. Pourquoi ne fait-on pas la même chose avec Hamouda Maameri ?


Quant à Sellami, il a finalement obtenu gain de cause avec son entraîneur puisque, en dépit de son petit rendement, il a joué tout le match. Contre le CAB, Sellami a été remplacé par Aouadhi et il n’a pas apprécié. Face à Béja, son remplacement s’imposait d’autant plus que l’OB contrôlait bien l’entre jeu. Paradoxalement, c’est Khlaled Melliti pourtant bien plus remuant et actif qui céda sa place cette fois.


L’autre changement que nous n’avons pas compris est celui de Mériah qui ne cesse de progresser au fil des matches et dont l’apport sur le flanc est incontestable. C’est d’ailleurs le défenseur qui participe le plus aux offensives clubistes. Pierre Lechantre ne semble pas de notre avis puisque, au lieu de sortir Bacha très brouillon et approximatif, c’est Mériah qui est remplacé. Ce dernier, avec Melliti, Dhaouadi et Alexis ont été les meilleurs éléments d’un ensemble qui a manqué de jus. Au moins à ce niveau, Lechantre ne nous contredira pas : «La succession de matches, trois en dix jours, a émoussé les joueurs. Ils ont manqué de fraîcheur et le match de Sfax a laissé des traces. Les joueurs ont fourni beaucoup d’efforts. D’ailleurs, je me méfiais également de l’euphorie de la victoire acquise contre Sfax».


Et Pierre Lechantre d’expliquer les autres causes de ce revers : «Dimanche, nous avions trouvé en face de nous une bonne équipe de Béja qui s’était bien préparé pour ce match. Et puis, le terrain trempé et lourd ne nous a pas favorisé. Mes joueurs n’ont pas eu les moyens d’imposer le rythme rapide qu’il fallait à cette rencontre. Nous voulions en terminer rapidement avec ce match. Malheureusement, notre objectif n’a pas été atteint».


Les choses étant ce qu’elles sont, Karim Aouadhi nous donne une idée sur l’état d’esprit du groupe après la perte de deux points précieux dans la course au titre : «Le championnat est encore long. Aujourd’hui, nous tournons la page de Béja pour nous remettre rapidement au travail».


A.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com