Mounir Jelili (E.S.T. et E.N.) : «Je n’ai jamais critiqué gratuitement l’E.N. au Caire»





Notre invité n’est autre qu’une… légende du hand tunisien. Mounir Jelili, l’ex-capitaine de l’EST et de l’EN
est un véritable monument qu’on a essayé d’escalader à travers les divers tournants de sa fabuleuse carrière.
Vous vous êtes éclipsé pour un long moment pour vous revoir refaire surface sur Nessma TV à l’occasion du CHAN 2010. A quoi est due cette absence ?
A vrai dire, il ne s’agit pas d’une absence car je n’ai jamais quitté le monde du handball, même si je le suis de loin. Jelili est toujours là, à l’Espérance comme dans d’autres circonstances. Côté santé, je me suis fait opérer à cœur ouvert et je dois suivre un rythme régulier et modéré de vie et c’est pour cette raison que je ne suis pas aussi présent que par le passé.
A l’Espérance, êtes-vous également disponible ?
Pour ceux qui ne le savent pas, je dois rappeler que je suis membre à vie du comité élargi. J’ai grandi à l’EST et c’est là que j’ai vécu les plus beaux moments de ma carrière. C’est également sur le parquet que j’ai eu mon premier malaise qui a révélé des problèmes cardiaques qui ont nécessité une greffe du cœur. C’est dire que l’Espérance fait partie de ma vie de tous les jours depuis que j’ai endossé son maillot pour la première fois. Mon activité au Parc B et à la salle Zouaoui dépend de mon état de santé, mais je dois reconnaître qu’au sein de mon club, on me fait souvent comprendre que je suis un symbole du club et que je suis toujours le bienvenu.
?a permet également de se rappeler beaucoup de bons souvenirs avec le maillot sang et or…
Oui, mais pas uniquement à l’Espérance. J’ai été capitaine du sept national pendant de longues années et j’ai côtoyé de grands joueurs de diverses générations. Avec les Khalladi, Oueslati, Hajjar, Hammou, Sbabti, Besbès, Khiari, Zaïbi et beaucoup d’autres, nous avons beaucoup donné au handball tunisien avec les titres africains remportés et nos participations aux grands rendez-vous comme le Mondial 67 en Suède et les JO 72 à Munich.
On dit que vous étiez souvent très influent au point de décider avec les entraîneurs de la formation et des titulaires. Etait-ce vrai ?
Oui, je ne vois pas pourquoi je dois le nier ou m’en défendre. C’était plutôt le véritable rôle d’un capitaine de discuter avec l’entraîneur et de donner un avis technique ou tactique qui pouvait lui échapper. La décision finale revient toujours au coach, mais en tant que leader je dois assumer mes responsabilités pour faire parvenir la voix de mes coéquipiers. J’ai toujours fait ça pour les autres, surtout ceux qui éprouvaient des difficultés pour s’exprimer franchement et défendre leurs droits. Les joueurs influents ont toujours existé et moi j’en fais partie. Pour le faire, il faut avoir du talent, du mental et de la culture…
Ton plus beau but de ta carrière, tu t’en rappelles encore ?
Oui, évidemment. Il y en a eu plusieurs, mais celui que j’avais planté au gardien du but adverse lors d’un match Tunisie - Roumanie reste à mon avis le meilleur. J’ai fait un mouvement de poignet qui a déréglé la défense et pris à contre-pied le gardien qui s’est contenté de regarder et de constater les dégâts. C’était pas facile du tout et un tel geste technique, on le réussit très rarement.
Et cette fameuse «Naoura» que le public réclamait. Comment l’avez-vous apprise ?
Il s’agit d’un geste technique et spectaculaire qui ne peut être réussi à tous les coups. C’est mon coéquipier Béchir Hajjar, l’un des plus grands joueurs de l’histoire de notre handball qui me l’a fait apprendre. Je l’ai essayé une fois et ça a marché. Depuis, le public ne fait que la réclamer mais cette pirouette est difficile et ne peut être tentée à n’importe quel moment du match.
Vous avez bien suivi le CHAN 2010 au Caire. Que vous a inspiré cette nouvelle consécration africaine ?
De la fierté, bien entendu. Je connais ce que c’est et je comprends le sentiment des joueurs au coup de sifflet final, surtout après une finale bêtement perdue face au même adversaire lors du CHAN 2008. Ceci veut dire que nous sommes les meilleurs du continent et ça va aider à retrouver le niveau atteint en 2005 à l’occasion du Mondial organisé en Tunisie.
Pourtant, vous n’avez pas été avare en critiques envers cette équipe et certains de ses joueurs chevronnés et même le coach…
Je n’ai jamais cherché à critiquer gratuitement les joueurs ou les choix tactiques de l’entraîneur. Sur le plateau de Nessma TV j’ai parlé de détails techniques et de culture handballistique. La tactique est visible à tout le monde et je n’ai pas eu besoin d’en parler. J’ai choisi de rappeler certaines choses que seuls ceux qui connaissent de telles circonstances en savent quelque chose. Au risque de vous étonner, j’ai plutôt défendu l’équipe en rappelant, à titre d’exemple, que contre l’Algérie le coach aurait dû réclamé un temps mort au moment où son équipe était incapable de marquer pendant douze minutes. Sur le plateau, il y avait des Algériens et je ne voulais pas polémiquer avec eux. Je n’ai pensé qu’à notre équipe et à notre pays. Certains m’ont surpris en évoquant des critiques de ma part envers Wissem Hmem. Je ne l’ai jamais fait gratuitement sauf peut-être à des moments où il a connu une baisse de régime, mais je savais qu’on allait le retrouver aux moments cruciaux du match et ceci s’est vérifié le jour de la finale. D’ailleurs, j’ai eu à discuter de ce sujet avec quelques joueurs et certains responsables de l’EN à l’instar de MM. Ridha Mannaï et Sayed Ayari. C’était une bonne occasion pour mettre les points sur les i et dévoiler un comportement irresponsable de certains anciens joueurs ou dirigeants qui ont fait comprendre aux joueurs et aux dirigeants de l’EN que Jelili n’a pas arrêté de les critiquer et de s’en prendre à eux sur les plateaux de la télévision.
Voilà exactement ce qui s’est passé et je rappelle à tous que j’étais également un joueur de la sélection, que j’ai disputé pareils tournois et j’en sais beaucoup de choses…
Au sein de cette génération dorée qui est là depuis 2005, quel est le joueur qui vous rappelle le plus le grand Jelili ?
C’est incontestablement Mgannem même si son rendement n’est plus celui de 2005. Il est doté d’une excellente vision de jeu, il est imprévisible et je vois en lui un handballeur presque complet. Son seul défaut, c’est qu’il s’obstine à tirer même lorsqu’il n’est pas très inspiré pour le faire.
Portes a réussi son premier véritable examen. A ton avis, l’EN peut-elle mieux avec un entraîneur tunisien ?
Franchement, je préfère qu’elle soit confiée à un coach étranger de bon niveau. Les compétitions ne manquent pas en Tunisie, mais l’environnement de l’EN n’est pas favorable à un entraîneur local et la FTHB a bien fait de désigner Alain Portes. Le résultat est déjà là…


Propos recueillis par Kamel ZA?EM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com