Elles débutent demain : Au secours, les vacances arrivent !





Que peuvent faire les enfants quand ils n’ont rien à faire ? Cette question qui se pose à l’arrivée des vacances scolaires met en évidence le désarroi des parents.
Les vacances du printemps sont là. Pour les parents, l’interrogation revient: à qui confier leurs enfants qui détestent s’ennuyer ? La majorité des mères travaillant, se retrouvent toujours face au souci permanent de la garde des enfants ! D’autant que les grands-mères ne sont pas toujours disponibles pour assurer une telle tâche. Et même si elles le font, les enfants s’ennuient…
Les femmes auxquelles l’on a parfois recours n’ont pas le profil adéquat pour l’éducation des enfants. Quant aux employées de maison, elle ne sauront que faire la toilette, nourrir et allaiter l’enfant… Et ceux qui restent à la garderie où à la crèche ne sont pas non plus sortis de l’auberge… Les services des baby-sitters et autres nounous, ne font pas encore partie de notre culture ! De plus, ce service reste onéreux et risqué ! Quelle solution alors? Un problème sans cesse remis sur la table!
Mamies, au secours!
La majorité des enfants sont souvent gardés par leurs grands-parents durant les vacances. Même s’ils sont en forme, «mamies et papis» souhaiteraient pourtant eux-mêmes profiter de leur temps de retraite. Mais que faire lorsqu’ils voient leurs petits-enfants sans tuteurs ?! Ils n’ont plus d’autres choix que de voler à leurs secours!
Sami Sâaydi, 19 ans, est un grand garçon maintenant. Mais il se souvient que petit, il était toujours sous l’aile de sa grand-mère lorsque sa mère s’absentait. «Je ne crois pas que les choses aient changé ! Ce sont toujours les mamies qui s’occupent des petits-enfants. En ce qui me concerne, je restais chez ma grand-mère qui gardait tout le temps un œil sur moi. Le problème, à mon avis, ne se pose pas au niveau de la garde parce que les parents trouvent toujours quelqu’un pour le faire. Mais lorsqu’on est chez les mamies, chez une gardienne ou même en garderie scolaire, on est contraints de suivre les fermes instructions de ceux qui nous gardent. «Ne fais pas ceci, ne fais pas cela, reste tranquille, tu seras puni»… Que des instructions et des interdictions. Donc, réellement, on n’a pas droit aux vacances. D’ailleurs, plusieurs élèves sont effrayés par la perspective des vacances puisqu’ils savent qu’ils seront presque emprisonnés. Ce que je trouve aberrant, c’est qu’il n’existe pas d’espaces spécialement conçus pour les vacances et au sein desquels les enfants auraient droit à des activités, au divertissement et au loisir», dit-il.
C’est presque kif-kif pour Najmeddine Boughanmi, 18 ans. Sa grand-mère vivant sous le même toit, c’est elle qui assure la garde. Mais tout comme Sami, pour Najmeddine, le problème se pose au niveau de l’occupation. «Mamie est une vieille personne. Comme toutes les personnes de son âge, elle a besoin de calme. Lorsque nous avions 4 ou 5 ans, elle arrivait plus ou moins à nous tenir tranquilles, en nous racontant des histoires par exemple, mais à partir de l’âge scolaire, l’on a besoin de bouger, de créer, de courir…de faire des bêtises ! Et cela la rendait hors d’elle. Donc, je passais mes vacances à rester cloîtré à la maison en écoutant «les : stop, arrête, tu vas voir» de mamie…»
La maman, irremplaçable !
M. Hamadi Taghouti, retraité, a tenu bon pour que son épouse ne travaille pas. Pour lui, personne n’est capable de s’occuper des enfants mieux que leurs mères. «Je voyais plusieurs collègues souffrir le martyre avant que leurs enfants ne soient devenus autonomes. Lorsque la mère travaille, ce n’est pas facile. Un enfant a absolument besoin des soins et de l’amour de sa mère. Je suis foncièrement contre le fait qu’on confie notre enfant à une tierce personne! Non seulement il sera exposé à des risques de toutes sortes, mais en plus, il n’aura jamais l’amour, l’affection et l’attention dont il a besoin pour son équilibre», explique-t-il.
M. Yahia Ramki, cadre, confiait autrefois ses enfants à sa famille qui habite à côté. Aujourd’hui, ses enfants restent avec leur maman durant les vacances. «Mon épouse est enseignante. Donc, elle est aussi en vacance en même temps que les petits, Dieu merci ! Mais durant leur petite enfance, c’étaient toujours ma mère et ma sœur qui gardaient mes enfants. Vraiment, on ne saura jamais récompenser nos mamans pour ce qu’elles font pour nous. Et si le problème ne se pose pas pour ma famille, je vois d’autres femmes en souffrir. Une collègue a éclaté en pleurs parce que sa fille appelait maman, sa maîtresse ! Normal si c’est elle qui l’élève ! De plus un enfant est fragile, il s’identifie toujours aux modèles qui lui sont proches. Mais vu la cherté de la vie, les femmes sont contraintes de travailler. Mais il serait peut-être judicieux qu’elles optent pour la formule à mi-temps pour assurer un minimum de présence à la maison.
Certaines écoles privées continuent d’ouvrir leurs portes afin d’accueillir les enfants durant les vacances. Ces établissements assurent d’une part la garde, mais ils assurent, d’une autre part, un programme de formation et d’encadrement de qualité. Les enfants sont entourés de professionnels de la petite enfance et ont droit à des activités de loisirs, qu’elles soient culturelles, sportives ou autres. Pourquoi est-ce qu’une telle initiative n’est pas généralisée ? Pourquoi n’a-t-on pas des espaces spécialisés pour assurer une telle tâche ? Pourtant, si de tels espaces ouvraient leurs portes durant les vacances ce serait autant d’opportunités d’emploi pour les diplômés au chômage. Et nous, autres parents, serions rassurés de savoir que nos enfants seraient entre de bonnes mains à savoir que nos petits passeraient leur vacances à pratiquer les activités de loisir qui leur seraient profitables à tous points de vue».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com