Huile d’olive-Exportation : Un meilleur comportement sur le marché international





L’huile d’olive s’échange actuellement 4,2 dinars sur le marché international, contre 3,6 dinars en pareille période, la saison écoulée.
Ce meilleur comportement de l’huile d’olive extra tunisienne s’explique, selon les experts, par la mauvaise récolte en Espagne, notamment pour ce qui est de la qualité extra. Les conditions climatiques de novembre et décembre derniers sur la péninsule ibérique ont influé sur la qualité de l’huile d’olive espagnole, dominée par la qualité lampante, pour cette saison.
L’huile lampante tunisienne s’échange, quant à elle, à 3,5 dinars/kilo, ce qui constitue une progression par rapport au début de la saison et à la saison écoulée. Son cours flirtait alors avec les trois dinars.
Attendre
la hausse des prix
Une autre raison serait à l’origine de cette progression des cours de l’huile d’olive tunisienne pour l’actuelle saison. Les exportateurs et les producteurs n’ont pas submergé le marché, comme ce fut le cas en début de saison, évitant ainsi la poursuite du bradage des prix.
Les experts du secteur sont unanimes pour dire que «les cours d’huile d’olive prennent leur envol chaque année à partir de mai-juin. Or, la Tunisie ne dispose pas d’exportateurs aux reins solides pouvant stocker en quantité. Donc, le gros du produit tunisien se vend d’habitude lorsque les cours sont encore en baisse».
Pour cette saison, 37.500 tonnes d’huile d’olive seulement ont été déjà exportées, contre 60.000 à 80.000 tonnes d’habitude. Les oléiculteurs et les exportateurs tunisiens ne se sont donc pas pressés pour écouler leur produit et attendent, paraît-il, la hausse des cours. A moins que la récolte ne soit très en deçà des estimations.
Black-out
Selon des sources du secteur, les seuls chiffres officiels connus sont ceux qui concernent l’exportation. Les autres chiffres portent plutôt sur les estimations de l’administration qui évaluent la récolte 2010 à 150.000/160.000 tonnes d’huile d’olive.
Toutefois, il n’existe aucune information officielle concernant l’état des stocks chez les exportateurs et les oléiculteurs. Les professionnels font le black-out complet sur les chiffres concernant le volume du produit disponible chez eux. Secret professionnel oblige.
De tels indicateurs pourraient influer sur les cours.
Il n’empêche que les professionnels penchent plutôt à réviser à la baisse les estimations de la récolte, privilégiant un chiffre ne dépassant pas les 120.000 tonnes. Selon les experts du domaine «les professionnels ne se permettraient jamais de conserver 80.000 tonnes en stock, aux cours actuels, si l’on tient compte du fait que 37.500 tonnes ont été déjà exportées et que 30.000 tonnes sont, en moyenne, consommées par les ménages tunisiens. Les stocks disponibles ne sauraient dépasser 40.000/50.000 tonnes».
Côté exportation de l’huile d’olive conditionnée, les chiffres ne sont pas aussi reluisants que lors de la saison écoulée. Les experts considèrent que les bons résultats de 2009 ne sont pas la conséquence d’un développement normal du marché mais plutôt, l’effet d’une transaction passagère de 2.000 tonnes sur le marché jordanien qui a propulsé les résultats à la hausse. Cette commande n’a pas été reconduite. Donc, il y a encore beaucoup à faire de ce côté.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com