Tourisme : Comment tirer profit de la reprise ?





Des signes de reprise économique dans les pays développés contribuent à un léger redressement de l’activité touristique. La destination Tunisie peut en tirer profit à condition d’être extrêmement réactive.
«En dépit des signes de relance, la crise est toujours là. Ses impacts sur les classes européennes qui constituent le cœur de cible des touristes pour le Maghreb perdurent». C’est en ces termes quelque peu circonspects que M. Ahmed Smaoui, ancien ministre, a qualifié la situation actuelle du secteur touristique lors d’un colloque international sur le thème «Tourisme méditerranéen et crise mondiale», qui se tient depuis mardi à Tunis, avec la participation de nombreux experts et universitaires maghrébins et européens.
M. Samoui, qui a à son actif plus de trente ans d’expérience dans le secteur a précisé dans une communication intitulée «Quel avenir pour le tourisme maghrébin?» que le tourisme revêt une importance cruciale dans les économies de la Tunisie et du Maroc. «Grâce au tourisme, qui représente autour de 7% du PIB, ces deux pays maghrébins ont des économies plus diversifiées», a-t-il insisté.
Baisse de régime en 2009
Il a également souligné que le tourisme maghrébin a subi de plein fouet les retombées fâcheuses de la crise économique mondiale que personne n’avait vu venir. La Tunisie a, en effet, vu le nombre de ses visiteurs en 2009 se limiter à 6,9 millions d’entrées, soit une baisse de 2,1%. Les marchés européens ont connu une baisse de -8%, avec un effondrement total des performances des marchés de l’Europe de l’Est qui ont chuté de -20 à -40%. Cette baisse a été compensée par une augmentation de 8% des entrées des Algériens et des Libyens.
La crise a, d’autre part, engendré un ralentissement des investissements dans le secteur, selon M. Smaoui. «Tous les mégaprojets immobiliers et touristiques annoncés par des investisseurs arabes sont morts si l’on veut être pessimiste, différés si l’on veut être optimiste et stoppés pour l’instant, si l’on veut être réaliste», a-t-il indiqué.
Reprise fragile
Volet perspectives, l’ancien directeur général de l’ONTT a fait savoir que la convalescence risque d’être longue malgré une légère reprise. C’est que la crise a provoqué une envolée du chômage (plus de 8 millions de chômeurs en Europe, et plus de 4 millions aux Etats-Unis) et une baisse sensible du pouvoir d’achat. «Si le pouvoir d’achat continue à baisser, a-t-il prévenu, le tourisme risque d’être affecté d’une manière durable», a mentionné le conférencier. Que doivent faire les destinations maghrébines pour s’adapter à ce nouveau contexte de reprise fragile ? «L’investissement dans la mise à niveau en Tunisie et dans le lancement de nouveaux projets au Maroc ne constituent pas des solutions adaptées à une sortie de crise rapide. Il faudrait être extrêmement réactifs et adapter leurs offres aux nouveaux besoins des marchés émetteurs (séjours plus courts, originaux et moins chers) pour profiter des premiers frémissements qui apparaissent», conclut M. Samoui.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com