Electrification de la ligne ferroviaire Tunis Borj-Cedria





Un projet qui coûtera plus cher que prévu
Pour mener à terme son grand projet d’électrification de la ligne des banlieues sud, la SNCFT a dû solliciter auprès du Japon, un prêt supplémentaire de plus de 70 millions de dinars.
Entamé depuis 2006, le projet d’électrification de la ligne ferroviaire Tunis Borj-Cedria ne semble pas rouler sur de bons rails. Et selon toute vraisemblance, le retard dans l’exécution des travaux programmés est en passe de coûter beaucoup plus cher que ce qui a été prévu au départ. Lors d’une première estimation faite en 2000, l’électrification de la ligne ferroviaire Tunis-Borj-Cedria devait coûter 190 millions de dinars, dont 160 millions de dinars sous forme d’un prêt accordé par le gouvernement japonais. Seulement, en 2008, soit 24 mois après le démarrage des travaux, la SNCFT a dû revoir ses comptes à la hausse pour constater que le budget de l’exécution doit absolument augmenter. Ainsi, le budget initial de 160 millions de dinars, considéré suffisant pour électrifier et équiper 24 kilomètres de doubles voies ferrées, a presque doublé pour passer à 300 MD. Les responsables de la SNCFT ont été donc amenés une nouvelle fois à solliciter un financement supplémentaire.
Mauvaise gestion
La rallonge de crédit qui n’a pas été annoncée par la SNCFT, concerne un prêt supplémentaire de l’ordre de 70,525 MD. La signature de l’échange de notes qui a eu lieu hier à Tunis, a été en revanche annoncée par le Japon à travers un communiqué rendu public, mardi dernier par son ambassade en Tunisie. L’accord relatif au nouveau prêt accordé à la SNCFT a été signé par MM. Toshiyuki TAGA, ambassadeur du Japon en Tunisie et Elyès KASRI, directeur général des pays d’Amériques et d’Asie au ministère des Affaires étrangères.
Quant aux raisons qui ont poussé à solliciter ce prêt supplémentaire, une source informée à la SNCFT a laissé entendre que la société a été obligée de réviser le budget alloué à son projet selon l’évolution des cours de devise et des matières de construction sur le marché international. Notre interlocuteur a tenu à rejeter toute hypothèse de mauvaise gestion du projet pouvant impliquer la société nationale. «Si manquement il y a, c’est au consortium franco-italien qu’il faut en demander des comptes», affirme-t-il en répondant à notre interrogation à propos de certaines défaillances constatées sur le site du projet. Les usagers des trains entre Tunis et Borj Cedria qui s’impatientent de voir le projet achevé sont de plus à plus indignés par la manière à travers laquelle sont exécutés les travaux. Il est absurde, en fait, de voir des abris qui sont complètement démolis, après avoir nécessité plusieurs jours et certainement beaucoup d’argent pour être construits. La stupéfaction des passagers atteint son comble en constatant des couches épaisses de béton armé discrètement jeté dans plusieurs endroits. Du côté de la SNCFT, on affirme que cette mauvaise gestion des ressources et des matières incombe au consortium d’entreprises franco-italien qui pilotent actuellement l’exécution des travaux à travers des contrats de sous-traitance avec des entreprises nationales.


Hassen GHEDIRI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com