Déclin et renaissance de l’artisanat : Tel le Phénix qui renaît de ses cendres





La Journée nationale de l’Artisanat et de l’Habit traditionnel est un nouveau rendez-vous pour mesurer le chemin parcouru par ce secteur sur la voie de la réhabilitation et de la renaissance. Un secteur qui, désormais, a de beaux jours devant lui.
Il fut une époque où l’artisanat se retrouve à l’agonie, dans presque l’indifférence quasi générale. Une mort annoncée sous le coup d’une vision doublement réductrice, considérant ce secteur comme l’image d’une époque révolue d’une part et n’étant plus au diapason d’une évolution sociale, économique et culturelle d’autre part.
Mais le Sphinx qui renaît de ses cendres, l’artisanat retrouva en plus de deux décennies, une seconde jeunesse. Grâce aux réformes du Changement, le secteur a été revitalisé en tant que volet important de l’économie, mais aussi en tant que facteur de réconciliation des Tunisiens avec leur identité et leur patrimoine. C’est là en effet, le fruit d’un legs que l’on ne peut effacer, sous le prétexte fallacieux de modernisme ou de changement des modes de vie.
Couronnement de cette réhabilitation et de cette revalorisation, la célébration aujourd’hui 16 mars de la Journée nationale de l’artisanat et de l’habit traditionnel. Un événement-phare autour duquel se sont tissées des manifestations diverses et dont l’objectif commun est de refléter une image rayonnante de la Tunisie d’hier et d’aujourd’hui, voire de demain.
Car pour faire revivre ce secteur et lui conférer davantage de rayonnement et d’éclat, de nombreuses mesures et initiatives ont été prises, tant au niveau structurel que des mécanismes mis en place. Avantages, crédits et encouragements ont été institués, octroi de cartes professionnelles pour réglementer et organiser le secteur, stratégie de promotion qui s’étendra jusqu’en 2016, renforcement de la formation et amélioration de la qualité et du design grâce aux centres et aux institutions universitaires, campagnes pour la promotion de la commercialisation des produits d’artisanat et création de filières et d’espaces pour faciliter la distribution.
La 27e édition du Salon de l’artisanat qui se tient du 12 au 21 mars au parc des expositions du Kram constitue à la fois un événement national majeur et la partie apparente de l’iceberg que pousse, infatigable, l’Office national de l’artisanat (ONA), maître d’ouvrage et chef d’orchestre de cette symphonie de la relance et de l’innovation sans cesse continue.
A cette édition d’ailleurs, et pour illustrer un engouement croissant, un nombre record de participants a été enregistré: près de 600 exposants, avec 20% qui participent pour la première fois au salon; un espace où se côtoient le traditionnel et la création moderne et où l’imagination, la créativité et l’innovation ont tout de même préservé intactes l’âme et l’essence de l’artisanat tunisien, c’est-à-dire ce qui fait sa spécificité, son authenticité et son enracinement dans la nuit des temps de notre patrimoine.


Mahmoud HOSNI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com