France : Cette droite qui veut masquer son échec…





* De notre correspondant permanent François Bécet
«Une nouvelle histoire commence»,  Rien n’est joué», «Avec une telle abstention, on ne peut tirer aucun enseignement national », «Le Front national ne progresse pas»… Tous les ténors de l’UMP, derrière François Fillon, répétaient le même refrain lors des soirées électorales. Un «texte» mis au point quelques heures plus tôt à l’Elysée autour de Nicolas Sarkozy : il fallait malgré les faits affirmer que l’UMP n’a pas perdu, qu’elle est stable, que la politique présidentielle n’est pas désavouée, qu’on ne peut pas parler de vote sanction quand plus d’un électeur sur deux n’a pas voté, que le débat sur l’identité nationale n’a pas remis Le Pen en selle… Fillon, Bertrand, Chatel, Lefebvre et consorts ont manipulé les chiffres et les statistiques sans convaincre les commentateurs qui, dans leurs éditoriaux, étaient tous d’accord pour affirmer que la majorité avait subi une réelle et lourde défaite. Quatre ministres tête de liste sont battus et quatre autres arrivés en tête n’ont guère de chances de l’emporter dimanche. La stratégie d’union autour de l’UMP des petits partis présidentiels, décidée par le président, a clairement échoué. Frédéric Dabi, directeur du département Opinion et Stratégie d’entreprises à l’Ifop, remarque dans 20 minutes que «pour la droite parlementaire, c’est le score le plus bas de la Ve République».
Malgré tout, la majorité veut encore y croire et sort l’argument «massue» qu’il va répéter durant toute la semaine : nous sommes unis, nous ne changerons pas de discours et, en face, socialistes et écologistes sont en désaccord et ne présentent aucun programme. Ils doivent négocier, faire des compromissions alors que nous nous avançons… De fait, hier matin, François Fillon soutenait les troupes de Valérie Pécresse et hier soir, il était à Caen. D’autres meetings étaient organisés dans plusieurs villes.
2012 en vue
Aucun triomphalisme dans le camp victorieux mais un ton nouveau, avec un maître mot : respect. Respect du partenaire, respect de l’électeur. Le PS, Europe écologie –qui devient la troisième force politique- et le Front de gauche semblent avoir compris qu’ils pouvaient battre la droite et gagner en 2012 à condition d’afficher une véritable entente, de présenter un front uni. Et ils veulent réussir malgré des désaccords parfois flagrants. Si, en Bretagne, les tractations sont difficiles, un accord a déjà été conclu facilement en Alsace. Les listes d’union doivent être déposées en préfecture avant aujourd’hui mardi à 18 heures et Martine Aubry souhaite que la répartition se fasse à la proportionnelle selon les résultats du premier tour.
Jusqu’à dimanche, droite et gauche vont appeler les Français à la mobilisation mais il n’est pas sûr que les abstentionnistes se précipitent aux urnes comme voudraient le croire les patrons de la majorité. En effet, les résultats du second tour ont habituellement tendance à amplifier ceux du premier et les raisons qui ont poussé plus de 53% des électeurs à ne pas voter demeurent : une campagne parfois nauséabonde faite de coups bas- Ali Soumaré a recueilli 48% des voix chez lui à Villiers-le-Bel, la méconnaissance du rôle des régions, la volonté de sanctionner la politique gouvernementale.
Au-delà de leur discours «caporalisé» appris à l’Elysée, les ténors de l’UMP faisaient grise mine dimanche soir. Si le 21, les urnes confirment la lourde défaite de la droite présidentielle, il faudra bien qu’ils admettent que le sarkosisme est remis en cause. A l’évidence, le président devra tenir compte des résultats, en tirer les conséquences. Surtout s’il perd la Corse et l’Alsace où les élus locaux de droite prenaient leur distance avec le gouvernement pour préserver leurs chances..
Marqué par une abstention record, le premier tour des Régionales constitue un
désaveu cinglant de la politique du gouvernement.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com