Testour : Le taxi du cauchemar…





La victime dans cette affaire a cru un moment que les portes du paradis s’étaient ouvertes devant… Elle pensait pouvoir réaliser son rêve et s’installer à son propre compte. C’est que le destin lui a envoyé l’un de ses anges faiseur de miracles … Et quel ange !
Avec un permis de places et une autorisation pour exploiter un taxi, il ne lui manquait de ce fait qu’un véhicule pour exercer le métier et s’installer à son propre compte. Ainsi, il eu l’idée de passer une annonce dans un journal afin de trouver un associé qui pourrait financer l’achat de la voiture de ses rêves. Le jour même de la parution de ladite annonce, il reçut un appel téléphonique émanant d’un homme intéressé par cette offre. Les deux hommes se sont fixés un rendez-vous et se sont rencontrés mardi dernier tout près de la gare de la ligne TGM. D’emblée, le chauffeur de taxi fut frappé par l’apparence de son “futur associé”. Il s’agit en effet d’un homme âgé de soixante et onze ans qui s’est présenté en tant qu’agriculteur et commerçant dans les matériaux de construction. Mieux encore, il a affirmé être l’une des personnalités les plus importantes de la ville de Testour (Gouvernorat de Béja), marié et père de huit enfants. Justement, c’est sa fille benjamine, lui avoua-t-il, qui est tombée sur l’annonce en question et lui a conseillé de venir en aide à notre chauffeur de taxi. Après ces présentations, ce dernier pria son interlocuteur de l’accompagner dans le taxi qu’il conduisait pour le compte d’une entreprise spécialisée dans le transport de passagers afin d’aller voir chez les concessionnaires les prix et les marques de voitures disponibles sur le marché. Entre temps, le futur associé n’a pas hésité à parler de ses œuvres humanitaires qui reflètent sa générosité et son dévouement pour venir en aide à tous ceux qui en ont besoin. Mieux encore, il aurait accompli les rites du pèlerinage à maintes reprises. A soixante et onze ans, il passe son temps à prier et à méditer, chargeant ses fils de s’occuper de ses affaires. Néanmoins de temps en temps et pour “casser” la routine, il investit dans de petits projets non pour gagner de l’argent, mais pour aider les autres. C’est dans ce cadre qu’il s’est intéressé au cas de notre chauffeur de taxi. Après une longue matinée passée entre les différentes salles d’exposition et de vente de voitures, le futur associé demanda au chauffeur de taxi de lui rendre visite le lendemain dans sa ville natale, Testour pour lui remettre l’argent (vingt mille dinars) qui devait servir à l’achat du véhicule. Au même moment et avant de se quitter, il annonça à son interlocuteur qu’il avait oublié son portefeuille à la maison. Donc, il n’avait sur lui, ni ses papier ni son argent. Il fit semblant, tout de même de vérifier dans ses poches et sortit un billet de vingt dinars. Mais, c’était insuffisant pour aller rendre visite à un proche hospitalisé dans une clinique de la place. Que peut faire dans ce cas notre chauffeur de taxi, d’autant qu’il était toujours sous l’effet magique des qualités humaines et de la générosité de notre “Haj” et saint des temps modernes. Il décida alors de lui donner tout ce qu’il possédait à savoir cent dinars qu’il gardait chez lui. Les deux hommes se donnèrent un deuxième rendez-vous le temps que le “taxiste” aille chercher ladite somme d’argent. Etonné et ne croyant pas ses yeux et encore moins ses oreilles, le chauffeur de taxi décida d’appeler le domicile de son futur associé afin d’avoir le cœur net. Car avant de le quitter, notre Haj a donné son numéro à la victime. Coup de théâtre, le numéro en question était hors service. A partir de ce moment, le doute commença à s’installer dans l’esprit du chauffeur de taxi qui eut l’idée d’informer un auxiliaire de la justice. Les agents mirent au point un plan qui consiste à surprendre les deux hommes et faire en sorte de vérifier leurs papiers d’identité. Finalement, les masques allaient tomber et on allait découvrir le véritable visage de notre ange. ll s’est avéré qu’il s’agit d’un repris de justice, condamné à maintes reprises pour des affaires relatives à des délits d’escroquerie. Il ne s’est jamais marié et habite la ville de Menzel Bourguiba et non pas la localité de Testour. Au poste, ce vieillard qui voulait passer pour un saint a regretté d’avoir tenté d’escroquer notre chauffeur de taxi, demandant aux agents d’être cléments avec lui. Le dossier de cette affaire a été transmis à un juge d’instruction pour décider du sort de l’escroc septuagénaire.


H.M.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com