Vu en France : La grogne monte à l’UMP





De notre correspondant permanent François Bécet
La droite et la gauche ont du mal à rester sur la ligne que leurs leaders ont définie dimanche soir lors des soirées électorales
Le Parti socialiste et ses alliés n’ont pas réussi à s’entendre dans toutes les régions ; l’UMP est moins unie qu’elle ne le prétendait, la grogne monte en son sein.
Dans le camp majoritaire, il n’y aurait plus qu’un optimiste, le président qui persiste à penser que son camp va progresser, qu’il n’y a aucune remise en cause de sa politique, aucun vote sanction. Nicolas Sarkozy estimerait même que les candidats qui ont défendu les réformes entreprises par le gouvernement ont mieux réussi que ceux qui ne l’ont pas fait. Et il citerait la Franche-Comté et les pays de la Loire.
Pourtant, les critiques de toutes sortes fusent au sein du Mouvement populaire. L’ouverture, dont certains élus se plaignaient déjà, est ouvertement en procès, «ça nous a fait un mal terrible» assène le député parisien Claude Goasguen. D’autres députés regrettent «le strabisme présidentiel de gauche». «Il faut qu’on reprenne nos fondamentaux» assurent Christine Boutin et Rachida Dati. Des réformes, comme la taxe carbone, sont dénoncées comme des « concessions inutiles aux autres » estiment Pierre Méhaignerie et Gilles Carrez, spécialistes de la fiscalité.
Le député Jacques Domergue balaie plus large en voyant le président « en décalage avec l’opinion ». Un sentiment développé par le sénateur Philippe Dallier qui trouve qu’il a «un problème de lisibilité politique» Et il explique que les Français ne sentent pas dans leur vie quotidienne l’affirmation gouvernementale que la délinquance baisse. Le sénateur constate que tout vient du «château» : «le parti est devenu une simple courroie de transmission du haut vers le bas. Il faut aussi faire remonter le ressenti du terrain. Collectivement, on doit se poser des questions».
Lucide, Alain Juppé relève « un affaiblissement de l’UMP qui va devoir méditer la désaffection dont elle est l’objet ». Il pointe également «l’inopportun débat» sur l’identité nationale et demande une réflexion sur le rythme des réformes et la méthode employée. Jean-François Copé, qui se rêve en calife prenant la place du calife, semble proche du camp contestataire.
A l’Elysée, à Matignon et à la tête de l’UMP, on ne veut rien entendre et on préfère mettre en avant les 150 meetings que la majorité va tenir. Et on ajoute que tous ceux qui critiquent entre les deux tours, «ne sont pas des caractères bien trempés». Cela promet des règlements de compte, voire un remaniement ministériel et non un simple réaménagement.
A gauche, les accords ont été conclus parfois dans la douleur entre les socialistes et les Verts d’Europe Ecologie. En Bretagne, la tête de liste du PS, Jean-Yves Le Drian, qui n’avait pas besoin d’alliés pour l’emporter dimanche a dicté ses conditions aux Verts qui les ont refusées, réclamant la stricte proportionnelle soit 14 élus et non 10. Des réflexes de « petit chef » au lieu de l’entente prônée par la direction nationale qui, elle vise 2012, et sait que seule une gauche unie peut vaincre…
Avec le Front de gauche (5,9% des suffrages), les tractations ont été délicates dans plusieurs régions et, avant le dépôt des listes, hier à 18 heures au plus tard, on s’orientait vers un échec de l’union dans le Nord-Pas-de-Calais et le Limousin.
Si ces élections régionales vont provoquer des remous sévères au sein de la majorité présidentielle, elles vont aussi relancer la rivalité Royal-Aubry. La «madone de Poitou-Charentes» a repris dès dimanche dernier sa posture nationale et l’excellent résultat qu’elle devrait enregistrer à l’issue du second tour validera sa stratégie d’union avec le centre, ses penchants écologistes. Elle voudra transposer au plan nationale son action locale.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com